Facture énergétique : Guillaume Ruet tire la sonnette d’alarme

Le maire de Chevigny-Saint-Sauveur, Guillaume Ruet, vient d’adresser une lettre ouverte à la Première ministre, Élisabeth Borne, où il dénonce « le tsunami financier » qui s’abat sur sa commune et les collectivités. Et ce, eu égard à la vague d’augmentation des factures énergétiques…

Dijon l’Hebdo : A combien estimez-vous l’augmentation des dépenses énergétiques pour votre commune ?

Guillaume Ruet : « Entre 2019 et 2022, l’augmentation de notre facture énergétique annuelle (gaz et électricité) devrait atteindre + 151 %. Nous étions à 441 000 € fin 2019 et nous devrions être à 1,1 M€ à la fin de cette année. C’est un véritable tsunami financier qui s’abat sur notre commune ! Les prévisions pour 2023 ne présagent rien de bon si bien que tout porte à croire que ce n’est que le début. Je rappelle également que nous avons perdu 4,15 M€ de dotation globale de fonctionnement (DGF) de l’État depuis 2013. Sans compter qu’avec la réforme cette année de la DSC (dotation de solidarité communale) de Dijon métropole nous allons aussi perdre 458 123 € par an. Ajoutons à cela les charges et l’augmentation de la vie des communes, avec, entre autres, le point d’indice des fonctionnaires, l’inflation générale, touchant par exemple les matières premières pour les cantines… Nous subissons ainsi une baisse des recettes et une augmentation galopante des dépenses ! C’est un effet ciseau redoutable ».

DLH : Dans votre lettre, vous expliquez devoir puiser dans l’épargne. Est-ce la seule solution ?

G. R : « Nous avons été contraints d’augmenter les impôts cette année afin de pallier la baisse des recettes et des dotations notamment. Cela ne compense qu’une partie et, eu égard au problème de pouvoir d’achat de nos concitoyens, nous ne le referons plus. Nous avons une fiscalité qui est plutôt basse à l’échelle de la métropole et je veux conserver cela. Nous puisons dans nos réserves. Nous avons bien géré la commune si bien que nous avons la chance d’avoir des réserves mais celles-ci étaient destinées à investir et, notamment, dans la transition écologique. Je refuse pour ma part d’augmenter l’an prochain les impôts ou les tarifs. Le recours à l’endettement est destiné à l’investissement mais pas pour pallier des dépenses. Si bien que nous avons peu de solutions et ce ne sont que des mauvais choix ».

DLH : Qu’attendez-vous concrètement du gouvernement ?

G. R : « Il faut que l’État entende que les collectivités ont besoin d’être accompagnées. Elles ont besoin du soutien de l’État, tels qu’un bouclier tarifaire ou une compensation. Sinon beaucoup de villes vont faire faillite. Si tel est le cas, quid des services de proximité, des investissements publics et de l’emploi sur les territoires ! »

DLH : Allez-vous maintenir, dans ces conditions, les illuminations de Noël à Chevigny-Saint-Sauveur ?

G. R : « Il faut savoir que les illuminations de Noël ne coûteront que 200 € à la commune cette année. Nous avons investi depuis plusieurs années sur du matériel qui consomme très peu (LED). Nous allons passer de 7 à 4 semaines et nous les réduirons une heure par soir. Mais je tiens à Noël, je souhaite garder un peu de magie durant cette période qui doit être une fête. Nous n’allons pas rajouter de la morosité à la morosité ! Ce n’est pas là où nous pouvons faire des économies, c’est sur le chauffage. Les services ont travaillé sur un plan de sobriété, afin de réduire de 1 à 2 °C les températures dans les bâtiments. Je rappelle qu’un degré de moins équivaut à 7% d’économie. Nous avons aussi passé au mois d’août un marché de performance énergétique avec un prestataire qui aboutira à une économie de 15% d’ici fin 2024 grâce à des investissements dans les chaudières. Nous sommes vertueux mais tout cela ne compensera pas les augmentations de nos factures énergétiques ! »

Propos recueillis par Camille Gablo