Fin du monde : Et si c’était la faute à Rousseau ?

Sécheresse extrême, cours d’eau exsangues, méga-feux de forêt, multiplication des canicules et des catastrophes naturelles. Pas de doute, le climat est devenu fou. La planète bout. Nos villes sont en surchauffe. Après cet été extraordinaire, au sens littéral du terme, plus personne ne peut remettre en cause la réalité du réchauffement climatique.

Et quand, au déchainement des éléments naturels, s’ajoutent les conséquences, notamment énergétiques, de la guerre en Ukraine, chacun doit se dire qu’il est urgent de prendre le problème à bras-le-corps pour éviter le cataclysme annoncé. A court terme, déjà pour passer l’hiver, et à plus longue échéance, pour éviter... la fin du monde.

Sur un sujet qui ne date pourtant pas d’hier, on voit bien que le gouvernement réagit plus qu’il n’agit. « Gouverner, c’est prévoir » dit l’adage. On se demande bien ce que l’exécutif, au pouvoir depuis 2017, a prévu pour lutter contre ce phénomène. A part entériner la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, décidée par François Hollande sous l'amicale pression de ses alliés écologistes. Ce qui, avec le recul, s’avère une immense erreur.

Alors que le gouvernement semble donc patauger un peu, pourrait-on lui conseiller de se tourner vers les élus d’Europe Ecologie Les Verts, les écolos sauce radicale ? Après tout, dans « Europe Ecologie Les Verts », n’y-a-t-il pas à la fois les termes « écologie » et « verts » ? Assurément deux gages de sérieux pour qui voudrait sauver la planète.

Pourtant, quand on jette un œil sur leurs propositions, on se rend vite compte que les bobos urbains qui constituent le gros des bataillons des élus écologistes sont complètement déconnectés de la réalité du terrain.

Il suffit d’observer ce que les maires écolos mettent en œuvre dans les villes qu’ils dirigent pour se dire qu’on n’est pas sorti de l’auberge. A Lyon, ils critiquent le Tour de France, « machiste » et « polluant », ou se lancent dans la création de pistes cyclables « non genrées »... A Bordeaux, ce sont les sapins de Noël, des « arbres morts », qui sont stigmatisés... A Poitiers, on fustige les aviateurs, arguant que « l’aérien ne doit plus faire partie du rêve des enfants »... A Vincennes, pour baisser les émissions de C02, EELV refuse de subventionner un club de voile sous prétexte qu'il pollue... A Besançon, la 5G et ses « problèmes de santé publique » sont pointés du doigt sans aucun début d’élément scientifique...

Ces maires, ces élus, tout à leur obsession maladive de lutter contre la voiture, objet satanique par excellence, en sont réduits à faire la Une des médias et la risée des réseaux sociaux avec ce qui s’apparente à un concours d’idées-à-la-con !

Et, comble de malchance, ils ont été rejoints cet été par un grand nombre de nouveaux députés. On en compte désormais 23 à l’Assemblée nationale. Soit une source inépuisable de nouvelles idées-à-la-con pour sauver la planète.

Il serait fastidieux de dresser un inventaire exhaustif de leurs propositions lunaires mais l’interdiction des piscines privées par Julien Bayou ou l’attaque pathologique contre les barbecues, totem de la masculinité virile, et la côte de bœuf de l’éco-féministe Sandrine Rousseau sont les dernières fatwas qui sortent du lot.

C’est quoi la prochaine étape dans la radicalité ? La suppression des baignoires dans les salles de bains ? Une douche maxi par semaine et quinoa-boulgour-tofu à tous les repas ? Sera-ce suffisant pour sauver la planète ?

On voit bien que les propositions dogmatiques et l’écologie punitive des ayatollahs de la pensée verte, où les interdictions le disputent aux taxes en tout genre, sont pour le moins d'une utilité très relative au débat public.

Prenons l’exemple de l’énergie. Leur mantra du tout renouvelable n’est ni tenable, ni réaliste. Heureusement que la France peut se reposer sur ses réacteurs nucléaires pour tenter de passer l’hiver en moins fâcheuse posture que ses voisins européens. Mais l’ironie, c’est que, pour compenser les difficultés actuelles du parc nucléaire et la fermeture de Fessenheim, le gouvernement a été contraint de rouvrir une centrale à charbon. Encore plus ironique, c’est Barbara Pompili, alors ministre de la Transition écologique, qui a signé le décret idoine en février 2022. Tellement savoureux quand on sait que Barbara Pompili, récente convertie au macronisme, était l’ancienne présidente du groupe EELV à l’Assemblée nationale. Comme quoi c'est toujours utile de découvrir la vraie vie.

Non, les écolos radicaux / punitifs ne sont assurément pas la solution pour lutter contre le réchauffement climatique. Avec leurs outrances, leur intolérance, leur lubie de la décroissance, leur autoritarisme, ils pourraient même faire partie du problème.

Jeanne Vernay