Thierry Falconnet : « Le Contrat de mandat est en cours »

La feuille de route de la 2e commune de la métropole dijonnaise est ambitieuse. Depuis 2020 et jusqu’en 2026, les projets afin d’inscrire pleinement dans le XXIe siècle la seule ville de l’agglomération comportant un quartier Politique de la ville d’intérêt national sont nombreux. Le maire Thierry Falconnet nous les détaille, tout en expliquant comment son équipe a réussi à dégager des marges de manœuvre pour réaliser autant d’investissements de taille.

Dijon l’Hebdo : Pouvez-vous nous en dire plus sur le Contrat de mandat qui vous anime ?

Thierry Falconnet : « Cela fait maintenant un peu plus de deux ans que les Cheneveliers nous ont confié à nouveau la gestion de la ville. Je rappelle que nous avons 10 engagements et 120 propositions sur lesquels nous avons été élus. Malgré un début fortement marqué par la crise sanitaire particulièrement dans une ville comme Chenôve, nous en avons tenu une très grande partie. Ces engagements et ces propositions ont récemment été traduits dans un Contrat de mandat pour la période s’étendant à 2026. Ce Contrat représente une feuille de route assurant cohérence de l’action de la majorité et réalisation en lien avec les services. Le Directeur général des services a reçu symboliquement ce Contrat de mandat puisqu’il a pour mission de décliner sur le plan des arbitrages politiques les pistes évoquées, avec un échéancier, un phasage des propositions. Tous les élus de la majorité ont signé ce Contrat de mandat et cela marque le renouvellement de la confiance majoritaire autour de notre programme ».

DLH : La crise sanitaire ne vous a-t-elle pas empêché de débuter l’ambitieux programme que vous avez présenté à vos administrés en 2020 ?

T. F : « Malgré la crise sanitaire, la majorité peut décliner en trois grandes catégories les projets. Nous avons les projets déjà réalisés : je peux, par exemple, citer le retour du marché dominical en plein cœur de ville ou encore le programme pluriannuel de désimperméabilisation des cours d’école. Dans ce domaine, Chenôve a été précurseur et nous sommes aujourd’hui suivis par d’autres collectivités, y compris de grandes collectivités voisines et amies. La Mutuelle municipale fait également partie de ceux-ci. Ensuite, nous avons les projets en cours de réalisation tels le nouveau gymnase du Mail, la création du Parc en plein centre-ville. Enfin les projets en phase de conception et qui devraient avancer ou aboutir d’ici 2026 : le réaménagement du secteur Kennedy, avec un partenaire essentiel, le groupe Lidl, la reconstruction du centre de loisirs détruit en 2020 par un incendie criminel, la reconstruction de l’école des Violettes ou le projet d’extension-réaménagement de la bibliothèque. Le préfet vient au demeurant de m’assurer du soutien de l’État et de la DRAC (Direction régionale des affaires culturelles) sur ce projet s’appuyant sur le Contrat territoire lecture et sur notre vision émancipatrice de la culture et de l’éducation »

DLH : La mise en œuvre d’une mutuelle municipale représente une belle innovation sociale…

T. F : « C’est la santé pour tous, l’accès au droit, une qualité de couverture à des coûts moindres puisque le tarif de base est négocié par rapport aux tarifs grands publics. Mais c’est aussi la maîtrise de la hausse des coûts de la mutuelle, car, là aussi, c’est contractualisé, ce qui garantit du pouvoir d’achat, au moment où celui-ci est l’une des préoccupations majeures des Français ».

DLH : La transformation de Chenôve passe, depuis de nombreuses années, par l’avènement d’un cœur de ville. Celui-ci suit-il son cours ?

T. F : « Je peux citer l’aménagement du site de la Poste, des îlots voisins de la cour Margot, la piétonisation de la rue Alfred-Changenet… Les travaux du Parc ont démarré au mois d’avril et permettront aux premiers aménagements paysagers de prendre place d’ici la fin de l’année lors de la descente de sève. Nous visons l’ouverture de ce Parc au public en 2024. Cela s’inscrit dans le cadre de la continuité de l’action publique conduite par mes prédécesseurs, les PNRU 1 et PNRU 2 visant à la naissance d’un véritable centre-ville et la construction de 300 logements. Le succès du marché du dimanche en cœur de ville illustre cette nouvelle vitalité : 90 commerçants, environ 5 000 clients, 11 lieux de stationnement, 520 places de parking… Et nous souhaitons valoriser aussi ce marché autrement que par l’offre commerciale, avec la présence régulière de la bibliothèque municipale, de conteurs, des animations musicales. Nous lui conférons ainsi une dimension culturelle et tout cela s’inscrit dans notre volonté de renforcer son attractivité ».

DLH : Quelles sont les grandes actions mises en œuvre pour la transition écologique, sujet de société majeur ?

T. F : « C’est un volet très important de notre programme. Je tiens à rappeler que les espaces en ville et le Plateau représentent une surface d’environ 450 000 m² d’espaces verts entretenus. Nous avons la volonté de continuer notre travail de végétalisation avec l’implantation de nouveaux arbres chaque année dans tous les quartiers. Le nouveau gymnase du Mail destiné à accueillir des compétitions nationales, régionales et inter-régionales sera à énergie positive, avec 350 m² de panneaux photovoltaïques en toiture. Je précise également qu’il ne sera pas réfrigéré par un système de climatisation mais par un système d’échange d’air, de manière à garantir une température douce été comme hiver sans impacter l’environnement par du rejet de gaz à effet de serre. Celui-ci sera finalisé fin 2022 et l’ensemble de la plaine sportive, avec la déconstruction de l’ancien gymnase, début 2023. Cet équipement et ses 1052 m² d’aire de jeux aménagés, ses 453 places, représentent un investissement de 6,1 M€, avec des subventions importantes de l’État, du conseil régional, du conseil départemental et de la métropole. Le Parc (5,5 M€ d’investissement) correspondra à 2 ha de nature en ville, 400 arbres plantés, 25 000 plantes, 742 espèces végétales, 559 places assises pour les familles, les aînés, les enfants… Celui-ci est né d’un fort travail de concertation et de co-construction. La prochaine étape sera le choix de sa dénomination puisque je souhaite, comme pour la Marianne de Chenôve, qu’il porte une appellation choisie par la majorité des habitants ».

DLH : La mue du quartier Kennedy est également attendue…

T. F : « Après avoir annoncé son départ pour le Sud dijonnais, le groupe Lidl a, devant l’ambition de ce réaménagement, souhaité revenir dans le projet et en être partie prenante. Nous avons clos la 2e phase de concertation publique avec un positionnement totalement nouveau de Lidl qui allie commerces et logements, un aménagement complet du micro-quartier. Notre objectif est de redonner du lustre à l’entrée Nord de Chenôve, de réaliser un quartier apaisé, plus ouvert avec de nouveaux logements. Après la création de la ZAC (zone d’aménagement concertée d’ici la fin de l’année) sous pilotage de la Splaad, les travaux débuteront début 2023 et les premiers logements seront livrés mi-2025 ».

DLH : Ce n’était pas dans votre programme et pour cause : vous ne pouviez pas anticiper l’incendie qui a ravagé en mars 2020 le centre de loisirs du Plateau… Quelle destination avez-vous arrêtée pour ce site ?

T. F : « Ce projet me tient particulièrement à cœur car sa destruction criminelle a été un véritable traumatisme pour des générations de Cheneveliers qui l’avaient fréquenté. Le centre de loisirs sera reconstitué au même endroit avec les nouvelles exigences environnementales et un souci de sécurisation du site. Ce sera un bâtiment éco-exemplaire, tourné vers la préservation de la biodiversité mais nous en profiterons pour traiter aussi la maison du Plateau et la maison du gardien. C’est un projet très important car c’était en moyenne 75 enfants qui le fréquentaient le mercredi après-midi, en sachant que durant les vacances nous disposions d’un agrément pour 160 enfants. Ce projet est estimé à 4,1 M€ et nous avons obtenu le soutien de l’État. Il verra le jour avant la fin du mandat  ».

DLH : Connaissant l’attachement que vous avez à la lecture, le nouvel avenir de la bibliothèque François-Mitterrand doit aussi vous tenir à cœur…

T. F : « Tout comme le projet des Violettes qui représentera, à terme, l’école idéale du XXIe siècle, la requalification-extension de la Bibliothèque François-Mitterrand représente un projet ambitieux de près de 6 M€. L’objectif est de revoir le bâtiment qui présente des problèmes de vieillissement en allant vers un ensemble vertueux en matière énergétique. Celui-ci sera étendu avec une ludothèque et une dimension tournée vers l’accompagnement à la parentalité. Nous pensons que l’activité culturelle partagée est une formidable occasion de rapprocher les enfants et les parents. C’est un projet qui s’inscrit dans la continuité : je rappelle que Roland Carraz avait souhaité qu’elle s’inscrive dans le centre-ville, Jean Esmonin l’avait confirmé par des travaux de rénovation… Je lance, pour ma part, ce projet qui est destiné à marquer la présence publique musicale dans le quartier politique de la ville ».

DLH : Comment réussissez-vous à financer autant de projets majeurs ?

T. F : « Nous avons anticipé cette phase importante d’investissements par une période, lors du précédent mandat, où nous les avons ralentis mais aussi désendetté la ville. Nous avons aujourd’hui des indicateurs financiers au vert et, notamment, l’annuité de la dette. Nous sommes à environ 3 ans de remboursement de la dette et nous allons revenir, avec des emprunts, à un niveau d’endettement dans une proportion pleinement acceptable pour les capacités financières d’une ville de notre taille. Nous avons veillé scrupuleusement sur nos dépenses de fonctionnement afin de dégager des marges de manœuvre. Je dois également saluer le soutien de nos partenaires : l’État, par le biais de l’ANRU, le conseil régional. J’ai évoqué avec le président François Sauvadet les financements du conseil départemental dans le cadre d’une relation partenariale cordiale. Je constate quotidiennement le soutien de Dijon métropole pour Chenôve, seule ville qui comporte un quartier Politique de la ville d’intérêt national. C’est grâce à tout cela que la 2e ville de la métropole bâtit au présent son avenir… »

Propos recueillis par Camille Gablo