Jean-Philippe Girard : « Agir pour ne pas subir ! »

La Macronie a rapproché le maire et président de Dijon métropole, François Rebsamen, et l’ancien Pdg d’Eurogerm, Jean-Philippe Girard, qui préside dorénavant l’agence d’attractivité Dijon Bourgogne Invest (DBI). Les deux travaillent désormais de concert pour que le territoire attire et rayonne dans le monde entier. Interview d’un grand patron qui aspire à la réussite de la métropole et de toute la Bourgogne Franche-Comté…

Dijon l’Hebdo : C’est à la Cité internationale de la Gastronomie et du Vin que vous avez lancé, aux côtés de François Rebsamen, votre agence d’attractivité. Tout un symbole…

Jean-Philippe Girard : « Cette Cité représente un plus pour nous, comme l’arrivée de l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV), de différentes écoles… Je l’ai toujours dit : l’économie est un tout, c’est un écosystème qui va bien au-delà de l’entreprise et de ses activités. Chacun a des contacts, un réseau, des clients, des fournisseurs… Chacun peut générer des projets d’agrandissement, d’implantation, d’investissement, de recrutement… Il faut que toutes et tous nous ayons ce que j’appelle le réflexe DBI. Chacune et chacun doit devenir acteur de notre territoire. C’est Dijon et plus largement la Bourgogne Franche-Comté. Nous ne travaillons pas que pour la métropole, car l’on risquerait la désertification et des déséquilibres. Nous allons irriguer d’une façon plus large ».

DLH : Quels sont les atouts véritables de notre territoire à l’échelle européenne, internationale ?

J-P. G : « Je suis en plein recrutement pour l’agence d’un directeur, d’un community manager, d’un chargé de développement… Et je vois bien les avis des candidats sur Dijon. Je constate que nous sommes assez durs avec nous-mêmes alors que les autres ont un regard bien différent. A leurs yeux, Dijon est très dynamique, très belle, avec une qualité de vie extraordinaire… Nous sommes un bassin aux portes du Grand Paris, du Grand Lyon… Je constate que Dijon est mal connue, ce qui est étonnant, alors que, après nous avoir visités, qu’ils soient du Brésil, de Chine, des États-Unis, d’Afrique… leur relation à Dijon change complètement. Il y a un avant et un après. Nous avons une qualité d’accueil qui est unique et c’est ce qui fait notre force ! Dès que les gens découvrent Dijon, ils reviennent ! »

DLH : Vous avez souhaité une gouvernance s’appuyant sur nombre de chefs d’entreprise experts dans leur domaine. La typologie de ce bureau exécutif était-elle essentielle ?

J-P. G : « Avec 15 chefs d’entreprises et 3 élus, l’idée est de couvrir nos grands domaines d’activité : l’agroalimentaire, la santé, le numérique, l’éco-construction, l’énergie… Mais je me bats aussi pour une université rayonnante. En résumé, nous devons être attractifs, nous avons de nouvelles écoles, nous devons séduire des jeunes talents. Nous devons créer ce que j’aime appeler un vivier de talents, autrement dit un écosystème et les conditions pour attirer tous les talents… Tout cela va contribuer à l’attractivité et au rayonnement du territoire ».

DLH : Votre présidence illustre, une chose est sûre, votre nouvelle proximité avec le maire et président de Dijon métropole, François Rebsamen…

J-P. G : « Je pense que les grands projets ne peuvent naître que d’une alliance de la politique et de l’économie. Si l’un s’oppose à l’autre, cela ne marche pas. Nous sommes très alignés sur ce point mais aussi sur les enjeux sociétaux, sociaux, environnementaux. Je crois, pour ma part, beaucoup à l’impact écologique, à l’éco-construction, ainsi qu’à l’impact économique, sur l’emploi. L’agence jouera son rôle de séduire. La France est devenue plus attractive de par ses résultats – c’est concret – et il n’y a pas de raison que notre territoire n’en profite pas pleinement. Je crois aussi beaucoup à l’engagement : il faut que chaque citoyen s’engage dans le projet territorial à sa mesure. Il ne faut pas regarder les trains passer. Nous devons tous devenir acteurs, et pas seulement les chefs d’entreprise… Et dans le même temps, nous devons aussi prendre soin. Si chacun prend soin de son amont et de son aval, nous pouvons faire de très belles choses. Il faut agir pour ne pas subir ! Cela a toujours été mon grand principe… »

Propos recueillis par Camille Gablo