Adrien Huguet : Le premier couteau

Décidément la 2e circonscription sera riche de nouveaux visages lors des prochaines élections législatives. Enfin même si celui-ci est particulièrement connu des élus de ce territoire puisque cela fait huit ans qu’il œuvre comme collaborateur parlementaire aux côtés de Rémi Delatte. Nous voulons bien évidemment parler d’Adrien Huguet, à qui le député LR sortant a décidé de transmettre le flambeau…

Il y a quelques années, il aimait se qualifier comme « le couteau-suisse » du député Rémi Delatte. Les 12 et 19 juin prochains, celui qui fut pendant 8 ans l’attaché parlementaire du député de la 2e circonscription pourrait, s’il lui succède, abandonner son statut de second couteau ! C’est en effet Adrien Huguet que Rémi Delatte a choisi pour lui emboîter le pas à l’Assemblée nationale. Au terme de trois mandats de députés – il avait été élu la première fois en 2007 –, le député sortant a, en effet, décidé à 65 ans de laisser la place. Et la transmission coulant dans ses veines comme il l’avait déjà montré à Saint-Apollinaire où il avait, en 2017, confié l’écharpe de maire à son 1er adjoint, Jean-François Dodet, l’ancien agriculteur nous a déclaré dans notre précédent numéro : « J'aimerais que cela se fasse dans le cadre d'une transition équilibrée, sereine et apaisée ». Et, pour ce faire, il a adoubé son collaborateur le plus proche qui, selon lui, « coche toutes les cases » : « Aussi à l'aise en ville qu'à la campagne, il a une connaissance parfaite des 76 communes ». Il faut dire qu’il a décortiqué des projets de loi, répondu aux besoins des élus, s’est attaché à donner satisfaction à l’ensemble des habitants qui contactaient « son » député, etc. Dans le domaine de la communication, des relations presse selon notre jargon, il a aussi mouillé la chemise. Il a été sur tous les fronts dans l’ombre et, là, pour Les Républicains, la droite et le centre, il est susceptible dans quelques semaines de passer à la lumière.

Avec le même humanisme chevillé au corps et au cœur que Rémi Delatte, Adrien Huguet place « la bienveillance » au-dessus de tout. Ses responsabilités ne l’ont pas fait changer. Pour preuve, il y a 5 ans, il déclarait déjà : « Pour faire de la politique, au-delà d’avoir du temps, il faut aimer les gens. C’est à dire les comprendre. Pas se grimer pour leur ressembler coûte que coûte, mais savoir ce qu’ils vivent et y apporter une réponse ! »

Dans le sillon du député sortant

Comme conseiller municipal dès 2014 à Saint-Apollinaire puis, depuis 2021, comme adjoint délégué à l’innovation sociale et citoyenne, il apporte au quotidien des réponses aux plus défavorisés. Ainsi a-t-il présenté, entre autres, un projet d’une ampleur inédite marqué du sceau de l’anticipation afin de vaincre la spirale de la précarité.

A 29 ans, il aspire aujourd’hui à apporter des réponses à tous les habitants de la 2e circonscription. Un territoire qu’il connaît sur le bout des doigts puisqu’il l’arpente depuis son plus jeune âge. « Je suis un enfant de cette circonscription », glisse ainsi celui qui y vit et y travaille.

Rémi Delatte décela ses qualités alors même qu’il n’avait pas achevé ses études de droit. Et alors même qu’il n’avait pas à l’époque véritablement besoin d’un nouveau collaborateur… C’est tout dire !

Des années de formation continue plus tard, le député sortant veut, comme l’on dit dans le monde de l’agriculture, l’inscrire dans son sillon. Et ce, afin que « du cœur de ville de Dijon aux anciens cantons de Fontaine-Française, Mirebeau-sur-Bèze, Pontailler-sur-Saône et Auxonne, la 2e circonscription continue demain à bénéficier d’un représentant loyal, travailleur et agissant sans sectarisme au service de tous ».

En 2017, Rémi Delatte avait été le seul député LR en Côte-d’Or à ne pas être découpé sur l’autel du Macronisme. Adrien Huguet réussira-t-il à lui succéder ? Si tel est le cas les 12 et 19 juin prochains, nous pourrons le qualifier de premier couteau !

Camille Gablo

 

Adrien Huguet : « C’est une vraie transmission »

Dijon l’Hebdo : A l’élection présidentielle, le face à face final entre le président réélu et la candidate du Rassemblement national a montré une France particulièrement divisée. Quel est, selon vous, le message principal qui a été adressé par les urnes ?

Adrien Huguet : « Le message de l’élection présidentielle, sur la 2e circonscription mais aussi plus largement, c’est une colère, une impatience aussi et ce message est adressé avant tout à l’ensemble de la classe politique. Arrêtez de perdre votre temps, votre énergie dans des petites querelles partisanes, de vous recroqueviller sur des étiquettes politiques ou d’en changer ! Maintenant, travaillez véritablement pour simplifier la vie quotidienne de chacun, pour régler les vrais sujets et ceux-ci sont trop complexes pour perdre du temps à cause de querelles politiciennes ou d’impréparation et d’improvisation ! Voilà le message qui a été adressé par les Français. Et c’est pour cela qu’après 8 ans aux côtés de Rémi Delatte, avec la maîtrise des dossiers, avec mon approche qui est fidèle à sa philosophie humaniste de l’action publique, très pragmatique et non sectaire, je pense aujourd’hui être le plus à même pour lui succéder. Je serai le plus rapidement opérationnel et le plus fidèle à l’esprit de cette 2e circonscription et à tous les députés qui s’y sont succédés ».

DLH : Des différences profondes sont apparues dans les votes des différents territoires : urbains, péri-urbains et ruraux. On qualifie la Côte-d’Or de petite France mais cela semble encore plus vrai pour cette circonscription, avec des problématiques diverses…

A. H : « C’est tout l’intérêt de connaître les dossiers, d’être identifié par l’ensemble des acteurs locaux mais aussi et surtout de porter la volonté de rassembler au-delà des clivages. Je veux parler des clivages partisans, générationnels et géographiques. Oui, cette circonscription représente une petite France mais les enjeux sont les mêmes quel que soit l’endroit où on habite. Comment vivre dignement, de la protection de l’enfance à la question de l’autonomie des personnes âgées, du handicap… Vivre dignement, c’est aussi avoir un travail, pouvoir en vivre, et pas grâce à des chèques que le gouvernement nous donnerait. Il faut un travail rémunéré, qui protège la santé des travailleurs, l’un des plus grands droits sociaux. Il faut une vie quotidienne qui soit simplifiée. Toutes ces démarches, ces procédures, cet épuisement que l’on peut retrouver dans un parcours de vie, il faut les simplifier. C’est aussi vrai pour les élus locaux, les chefs d’entreprise, les associations. L’accès de tous aux services publics me semble aussi un enjeu extrêmement important, parce que simplifier, ce n’est pas déshumaniser. On doit remettre la mobilité, les transports du quotidien, y compris par la desserte ferroviaire, en proximité. Cette circonscription a des vrais atouts sur les trois piliers principaux que je défends ».

DLH : En 2017, le député LR Rémi Delatte fut le seul à avoir échappé à la vague macroniste dans le département de la Côte-d’Or. Sa décision de se représenter ou pas était attendue et, in fine, il décide de vous adouber. C’est une véritable responsabilité ?

A. H : « Je ne sais pas si le mot adoubé est le plus approprié. Je parlerais pour ma part d’une vraie transmission qui est d’ailleurs dans le droit fil de toute la carrière de Rémi Delatte. Être utile, servir et savoir transmettre font partie de son ADN. S’il a été réélu en 2017, comme aux précédentes élections et comme ses prédécesseurs Jean-Marc Nudant, Louis de Broissia, le Docteur Berger, c’est parce que cette circonscription et les familles qui y vivent veulent qu’on les protège de tous les petits jeux d’appareil politicien. Elles ont le sens de l’authenticité, du concret et de l’attachement aux 76 villes et villages de la circonscription. C’est je crois ce que Rémi Delatte et beaucoup d’élus de la circonscription ont vu en moi. Je ne suis pas parachuté, je ne me présente pas dans n’importe quelle circonscription. C’est celle où j’ai grandi, où je travaille, où je vis, où je me suis engagé, où je suis élu. Et j’ai un amour profond, une très grande bienveillance pour l’ensemble des personnes qui y habitent »