Stéphanie Vacherot : « Tout faire pour l’inclusion »

Les mères d’enfant handicapés sont souvent frappées par la précarité, qui peut prendre diverses formes, et pas uniquement financière. Afin de favoriser leur accompagnement, la Ville et Dijon métropole organisent le jeudi 17 mars prochain, à 17 heures à la Maison des Associations, rue des Corroyeurs, une conférence-débat intitulée : « Femmes en situation de précarité, mères d'enfants handicapés : l’urgence ! ». Stéphanie Vacherot conseillère municipale déléguée en charge du handicap et de l’inclusion, nous en dit plus sur cet enjeu de société.

Dijon l’Hebdo : Pourquoi avoir choisi la situation des mères d’enfants handicapés ?

Stéphanie Vacherot : « Dans la plupart des cas, les aidants des enfants handicapés sont les mamans. Les chiffres d’un rapport réalisé par l’association Autour des Williams qui sera présenté lors de la conférence le montrent. Et cette situation fait que ce sont des femmes qui se retrouvent dans la précarité. Il faut ainsi savoir que dans le domaine du handicap un ménage sur quatre est sous le seuil de pauvreté. Sur les 300 000 foyers concernés (4% des foyers français), 30% d’entre eux sont monoparentaux et, parmi ceux-ci, neuf sur dix sont composés des mamans. Cela engendre des problèmes : soit elles font le choix de continuer désespérément à travailler, auquel cas elles doivent faire face à des charges supplémentaires ne serait-ce que pour l’accompagnement des enfants, les emmener à des rendez-vous médicaux, des prises en charge socio-éducatives, etc. Elles sont 54% à travailler contre 74% dans la société d’une manière générale. Pour celles qui ne travaillent pas, elles sont dans un cas d’isolement et de rupture financière, sociale… »

DLH : N’est-ce pourtant pas le Département qui a la compétence du handicap ?

S. V : « Le champ du handicap n’est en effet pas une compétence de la Ville mais cela ne veut en aucun cas dire que nous nous déchargeons de toute responsabilité en la matière. Bien au contraire, nous ne sommes pas trop de deux pour aider les personnes en situation de handicap mais aussi les aidants et, comme je viens de le dire, particulièrement les mamans. Dans la politique générale de la Ville, tout est fait afin de faciliter leur quotidien. C’est durant de ce mandat mon objectif premier. C’est un sujet éminemment transversal, puisque cela concerne la voirie, le sport, la culture, les associations… La volonté du maire et président de Dijon métropole, François Rebsamen, est d’accorder une attention supplémentaire pour les personnes en situation de handicap, leurs aidants et leurs familles, notamment en créant une délégation spécifique que j’assure avec plaisir sur le handicap et l’inclusion ».

DLH : La loi pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées a tout de même permis de faire déjà avancer les choses…

S. V : « Pour moi, nous devons aller au-delà des normes d’accessibilité. Pourquoi ? Déjà parce que c’est une loi de 2005 et que les choses ont bien évolué depuis. Ensuite, d’une manière générale, lorsque l’on évoque l’accessibilité, les gens pensent tout de suite fauteuil roulant. Alors que beaucoup d’autres handicaps existent. Je veux pour ma part rendre systématique le Care Design, c’est à dire envisager tout projet par le prisme du plus faible. Il s’avère très souvent que le plus faible soit une personne en situation de handicap. Cela peut être une personne en fauteuil mais aussi une personne aveugle, avec une déficience intellectuelle, une personne âgée avec des problèmes de motricité, un malade d’Alzheimer, etc. Cela permet une accessibilité beaucoup plus large qui faciliterait la vie à beaucoup plus au monde, bien au-delà des personnes handicapées. Et nous devons encore travailler au quotidien l’image des personnes handicapées dans notre société. Le fait d’avoir un enfant handicapé vous coupe souvent dans le lien social mais aussi dans le regard des autres. C’est aussi un axe de travail essentiel : nous devons tout faire pour que les personnes atteintes de handicap et leurs aidants soient vraiment incluses dans notre société ».

Propos recueillis par Camille Gablo

 

Conférence gratuite. Inscription obligatoire : https://my.weezevent.com/moisdelegalite-dijon