Ambre Defaut : « Il faut  » travailler  » son profil et donner envie ! »

Bilans de compétences, accompagnement et conseil au recrutement, analyse des profils, valorisation des apports salariés-employeurs… La palette professionnelle d’Ambre Defaut est très large. Psychologue de formation, la gérante de « Emergence À venir » insiste sur le fait que « chaque personne est différente, avec son propre fonctionnement, ses propres représentations, ses propres limites, envies, désirs… »

Dijon l’Hebdo : Consultante en orientation, insertion et évolution professionnelle, vous êtes à la tête d’Emergence À venir. Quels services proposez-vous ?

Ambre Defaut : « Je consacre la plus grande part de mon activité à l’accompagnement au bilan de compétences. C’est une démarche d’orientation, d’évolution et d’insertion professionnelle complète avec une réelle plus-value pour les bénéficiaires dans la construction de leur projet concret et réalisable. Cette démarche d’accompagnement individuel et personnalisé est au plus proche de mes propres aspirations.

Je propose également mon expertise dans l’accompagnement et le conseil au recrutement. Au-delà de trouver un candidat qui détient les hard skills ou compétences techniques dont a besoin l’employeur, bien d’autres facteurs doivent entrer en ligne de compte pour pérenniser le candidat sur son poste et valoriser au maximum les apports que chacun apporte à l’autre.

Il ne suffit plus aujourd’hui de faire une fiche de poste et de la mettre en concordance avec un CV. J’appuie le recrutement sur l’analyse de l’entreprise dans son ensemble et non pas uniquement sur le poste proposé, tout comme l’analyse du profil du candidat et non pas seulement de ses compétences techniques et métiers.

Enfin, je propose mon accompagnement pour la rédaction de candidature (lettre de motivation et CV) et pour la préparation à un entretien de recrutement, exercice souvent difficile et stressant pour nombre de candidats ».

DLH : Quels sont les différents types de publics auxquels vous vous adressez ? 

A. D : « L’accompagnement au bilan de compétences va s’adresser à des personnes majeures, quel que soit leur statut : Inactifs, demandeurs d’emploi, salariés avec un financement possible à 100% via leur compte CPF. La demande d’un bilan de compétences peut également émaner d’une entreprise dans le cadre du plan de développement des compétences ou d’un congé de reclassement pour un ou plusieurs de ses salariés.

L’accompagnement et les conseils au recrutement sont évidemment un service à destination des entreprises, quel que soit leur statut, à partir du moment où elles souhaitent un appui au recrutement.

Enfin, l’accompagnement et la préparation à la candidature et aux entretiens sont à destination de tout particulier, scolaire et étudiant, dans le cadre d’un stage ou d’une alternance. Mais également pour les inactifs, demandeurs d’emploi, salarié dans une démarche de reconversion ou d’évolution ».

DLH : Et votre structure, vous l’avez construite sur les bases d’une expérience professionnelle solide ?

A. D : « J’ai toujours eu le désir de travailler dans le domaine de l’humain et plus particulièrement dans l’orientation, l’insertion et l’évolution professionnelle, ce qui m’a amenée à être diplômée d’un Master 2 en Psychologie du travail et d’avoir le Titre de Psychologue. Toutefois, avant de me lancer dans l’entreprenariat en tant que Consultante indépendante, il était indispensable pour moi d’acquérir une expérience professionnelle solide. Chargée de recrutement, Assistante commerciale, de direction puis chargée d’orientation et d’insertion professionnelle sont autant de postes qui m’ont permis d’acquérir les compétences nécessaires, tant dans les méthodologies d’accompagnement, que le marché de l’emploi. Je me suis attachée également à travailler dans des secteurs d’activités très divers (BTP, étude de sol, le milieu médical, le commerce, l’industrie et l’artisanat) afin d’avoir une bonne connaissance des métiers existants, mais aussi des parcours de formation pour y accéder ».

DLH : Quels sont les « plus » que vous pensez pouvoir apporter ?

A. D : « Au-delà de mon expérience professionnelle et de ma bonne connaissance du monde du travail, je m’attache à m’entourer de structures partenaires, certifiées Qualiopi, qui me permettent d’élargir mon réseau à destination des bénéficiaires, d’avoir une méthodologie au plus près de leurs attentes et de leurs objectifs, et multiplier les outils que je mets à leur disposition, afin d’avoir toujours une solution adéquate adaptée à la personne ou la structure que j’ai en face de moi.

Par ailleurs, je suis également soucieuse de me former en continu, pour suivre les évolutions du secteur de l’orientation, l’insertion et l’évolution professionnelle afin de transmettre les connaissances et les outils en lien avec le marché de l’emploi actuel et l’analyse de profil à mes bénéficiaires.

Psychologue, j’accorde de l’importance dans le fait d’instaurer une relation de confiance, de faire preuve d’écoute active, de neutralité bienveillante, d’empathie et d’adaptabilité ».

DLH : Vous avez pour habitude de dire « qu’il n’y a pas de changement sans confrontation ! ». Qu’est-ce que sous-entend une telle formule ?

A. D : « Je suis souvent amenée à accompagner des personnes qui ressentent de l’insatisfaction voire un mal-être dans leur situation professionnelle ou, dans le cas d’entreprise, une problématique de turn-over importante. Elles me font alors part d’un souhait de « changement ». Or un changement ne s’opérera jamais tout seul, sans actions et confrontations. Vous ne pouvez pas désirer autre chose en restant « identique ». Il me semble alors important de se confronter à son présent, ses éléments d’insatisfactions, se confronter à ses propres freins, ses pensées limitantes, ses contraintes, ses envies et désirs, et accepter de s’ouvrir le champ des possibles. Si des faits extérieurs ne peuvent pas toujours « changer », nos représentations, nos fonctionnements le peuvent et nos freins et pensées limitantes peuvent être levés. J’amène donc mes bénéficiaires à se confronter à ceci pour les replacer en tant qu’acteurs de leur vie, de leur choix, de leurs possibles ».

DLH : En quoi les méthodes de recrutement ont-elles évolué ces dernières années ?

A. D : « Elles ont évolué déjà par les outils utilisés tels que les réseaux sociaux professionnels. L’approche n’est plus la même et le marché de l’emploi « caché » est bien plus important que le marché visible via les annonces d’offres d’emploi. Il faut donc être « visible » et attractif et ne pratiquement plus se suffire uniquement du CV et lettre de motivation. Il faut « travailler » son profil et donner envie !

De même, une très forte tendance se dessine concernant les candidatures où il faut réussir à se démarquer. Un CV et une lettre de motivation « classique » auront aujourd’hui bien du mal à retenir l’attention. Il faut réussir à se démarquer, être plus créatif, sans non plus trop en faire au risque de passer à côté de la sensibilité du recruteur.

Enfin, aujourd’hui, les hard skills (compétences métiers/techniques) ne sont plus les seuls éléments ni les premiers critères de sélection dans un recrutement. Un changement de représentation important s’opère ou les soft skills (compétences comportementales) prennent toute leur importance. J’entends souvent des employeurs affirmer préférer un candidat qui n’a pas toutes les compétences techniques, mais qui est motivé, impliqué et volontaire, avec un bon relationnel et esprit d’équipe que l’inverse ».

DLH : Vous avez toujours souhaité travailler dans le domaine de l’humain. Pourquoi ?

A. D : « C’est un domaine passionnant, notamment dans l’orientation, l’insertion et l’évolution professionnelle ! J’ai toujours voulu accompagner et aider autrui à s’épanouir. Et il est vite devenu une évidence que je pouvais le faire dans le monde du travail. Nous passons énormément de temps à travailler, alors pourquoi se priver de le faire en s’épanouissant ?

De plus, si mon objectif final va viser l’épanouissement de mes bénéficiaires, je sais que le chemin pour y parvenir sera aussi diversifié qu’il n’existe de personne dans le monde. C’est de ce fait vraiment très enrichissant pour moi également, remplis de rencontres, de partages et souvent de révélations ! Et quoi de plus satisfaisant que de participer à rendre autrui heureux ? »

DLH : Pensez-vous que le travail peut encore aujourd’hui rendre heureux ?

A. D : « Oui bien sûr ! J’en suis une des nombreuses preuves. J’aime tellement ce que je fais que je ne le ressens pas comme un « travail » mais vraiment comme une passion. Enfin, imaginez que vous rencontrez deux personnes qui ont le même profil professionnel, le même schéma familial, le même poste dans la même entreprise et posez-leur la question de savoir s’ils sont heureux dans leur travail. Il y a de grandes chances pour que la réponse ne soit pas la même, et pourtant, factuellement, ils font et ont la même chose ! En réalité, rien de plus normal, chaque personne est différente, avec son propre fonctionnement, ses propres représentations, ses propres limites, envies, désirs. Chaque personne donne un sens différent à ce qu’il effectue. Les éléments qui rendront l’un heureux ne rendra pas l’autre heureux et vice-versa.

C’est pour cela que les accompagnements que je propose font évidemment l’analyse des éléments plus « factuels » mais également une analyse de la personnalité, des envies, des désirs, des valeurs, des motivations, afin de les mettre en réelle concordance avec un projet professionnel ou une offre d’emploi dans une structure dite ».

Propos recueillis par J-L. P