Raphaël et David font un tabac !

Il y a des commerces sur lesquels il est bon de s'arrêter. C'est le cas avec « Le Montchapet », à Dijon, pour lequel on peut bien se laisser aller à une joie sans mélange. L'établissement repris à l'automne 2019 par les frères De Azevedo est une réussite qu'il convient de saluer. D'un point de vue commercial bien sûr mais aussi tout simplement parce que ça fait du bien ce courant d'air frais qui souffle et régénère toute une partie du quartier.

L'aventure a commencé très précisément le 30 septembre 2019, date d'acquisition du bar-tabac « Le Montchapet » par Raphaël (Raph pour les intimes et ils sont nombreux), 37 ans, et son frère David, 27 ans. Avec ce brin d'ironie qui le caractérise et cette malice dans le regard, Raphaël raconte : « Moi, auparavant, j'étais rue d'Auxonne... Pas au 72, un numéro que les Dijonnais connaissent bien, mais quelques mètres plus loin, au 162, dans un tabac presse. J'y ai travaillé comme employé pendant 10 ans et j'avais envie de me lancer, d'avoir ma propre affaire ». L'opportunité se présente avec la mise en vente du « Montchapet » dans la rue éponyme. « On a passé des heures à observer la rue, ses passants, sa circulation et on a vite mesuré son potentiel » se souvient Raphaël. Mais pas question de faire la même chose. Le temps qui passe avec ses années numérisées, connectées et pressées, fait disparaître ces bistrots où l'on tisse au fil de la journée, dans les conversations sur le zinc les petits événements qui écrivent la vie.

Mais pour tenir une affaire comme celle-ci, ouverte toute l'année, jours fériés compris, 7 jours sur 7, avec une telle amplitude horaire, deux personnes, ce n'est pas de trop. Pas besoin de chercher bien loin pour trouver l'associé idéal. David, commercial expérimenté qui pensait avoir fait le tour de son métier axé sur la téléphonie, est partant. Quelques semaines de travaux plus tard, l'ouverture a lieu le 14 novembre. Tous ceux qui ont fréquenté le Montchapet ces années dernières ne le reconnaissent plus. Le côté bistrot dans sa pénombre a disparu au profit d'un espace très lumineux où on peut se poser pour boire un excellent café fabriqué par une imposante machine Nespresso ou bien l'emporter. D'autres boissons chaudes ou froides sont disponibles. On retrouve bien sûr le tabac mieux présenté, mieux organisé, et le PMU, mais les deux frères élargissent la palette des activités. D'abord un rayon presse qui n'existait pas. Ensuite, toute la panoplie de la Française des Jeux et une grande réserve pour accueillir les colis (dépôt et retrait).

Quatre mois après l'ouverture, c'est le premier confinement qui tombe sur la tête des deux jeunes entrepreneurs. Et là Raphaël n'hésite pas à utiliser des mots forts pour traduire cette période anxiogène : « On a eu peur, c'est vrai. Les paquets de cigarettes portent tous la mention « Fumer tue »... Il ne faut pas se cacher... C'est pourtant le tabac qui nous a sauvé la vie. On a bien travaillé dans la mesure où nous étions considérés comme un commerce essentiel. Le deuxième confinement, avec le couvre-feu, a été un peu plus compliqué mais nous sommes sortis indemnes de ces périodes pénibles ».

Il sont heureux, Raphaël et David. Cela se sent, cela se voit, cela s'entend et, s'ils ne le cachent pas, ils ne l'affichent pas outre mesure non plus. Non contents d'avoir redonné un véritable coup de boost, un coup de jeune à la rue en général et à ce commerce en particulier qui avait fait son temps, les deux frères pensent qu'ils peuvent faire encore mieux. En développant une partie épicerie pour dépanner les clients. En étant ouvert pendant toutes les fêtes de fin d'année. Le 25 décembre, ils feront quand même une petite coupure entre 13 et 16 heures pour le repas de Noël qui est aussi le jour anniversaire de leur papa.

Jean-Louis Pierre

 

Le Montchapet

42 rue de Montchapet. Dijon

Du lundi au vendredi : 7 à 21 heures

Samedi : 8 à 21 heures

Dimanche : 8 à 20 heures