OIV et CIGV : L’avenir vineux… est tiré !

Au printemps 2022 s’ouvrira une nouvelle page de l’Histoire de Dijon, avec l’inauguration de la Cité internationale de la Gastronomie et du Vin. En attendant que les touristes mais aussi les Dijonnais (car elle s’adresse à tous) puissent se l’approprier, ce temple gastronomique et vineux a déjà pesé : ne doutons pas qu’il n’est pas étranger à l’arrivée de l’Organisme international de la Vigne et du Vin, qui a choisi l’Hôtel Bouchu d’Esterno – rue Monge, soit à quelques pas – pour son futur siège.

Lundi 25 octobre. S’il ne fallait retenir qu’une date marquante de l’année 2021 pour Dijon, ce serait, sans conteste, celle-ci ! C’est, en effet, ce jour-là que la Cité des Ducs renouait avec son glorieux passé vineux… Les historiens compareront, qui sait, plus tard notre époque à celle où les Ducs de Bourgogne utilisaient les premiers nectars des moines cisterciens comme un instrument politique et économique majeur pour régner sur l’Europe. C’était avant le XVe siècle…
Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts (enfin je devrais dire que du jus de raisin a été pressé…) mais, lorsque l’on y regarde bien, nous ne sommes pas loin de la vérité. Pour preuve, ces chers Ducs, même s’ils étaient dans leurs tombeaux, furent encore des témoins privilégiés de l’Histoire dijonnaise, puisque c’est en leur palais que celle-ci a, une fois de plus, encore été écrite. Salle des Etats pour être plus précis !
C’est, en effet, là que le lundi 25 octobre, aux environs de 16 h 30, le président de l’Organisme international de la Vigne et du Vin, Luigi Moio, a annoncé que 43 des 48 Etats présents à l’assemblée générale de cette structure qui fait la pluie et le beau temps (comme pour les vendanges) dans l’univers mondial de Bacchus avaient voté à l’unanimité l’implantation de leur siège à Dijon. Cette annonce fut dégustée, comme il se doit, par le successeur des Ducs depuis 2001, François Rebsamen. Le maire de Dijon déclarant aux représentants de tous les Etats réunis : « Vous avez donné un avenir à notre histoire. Je souhaite partager cette formule avec vous à cet instant que je n’hésite pas à qualifier d’historique. Vous avez donné un avenir à l’histoire de Dijon mais aussi à vos histoires respectives. Nous allons pouvoir avec confiance, avec sérénité et avec efficacité, continuer d’avancer main dans la main ». Non sans insister : « Le choix de Dijon représente un enracinement durable. Cette décision est un honneur pour notre ville et l’ensemble des acteurs institutionnels, universitaires et viticoles ayant porté notre candidature. Avec le transfert du siège de l’ONU du Vin au cœur de notre cité, Dijon devient une vitrine mondiale du patrimoine vitivinicole et accueille une organisation internationale pour la première fois de son histoire ! »

La messe… républicaine

La messe (républicaine s’entend, ce qui est tout de même une grande différence avec l’époque ducale) était dite et Dijon s’imposait, par là-même, sur l’autre cité française du vin par excellence, Bordeaux, mais aussi celle du Champagne, Reims, qui avaient toutes deux candidaté.. Et la capitale de la Bourgogne recouvrait ainsi sa splendeur d’antan… Une splendeur qui avait bénéficié du soutien plein et entier du président de la République, Emmanuel Macron, qui avait à la fois œuvré en coulisse (il ne faut pas se le cacher…) mais aussi envoyé son missi dominici, le secrétaire d’Etat au Tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne, pour montrer que la France était aux côtés de Dijon dans cette quête du Graal (vineux). C’est ainsi, qu’après de longs mois de fermentation, le projet dijonnais a été… tiré et que l’arrivée de l’OIV a été entérinée au sein de l’Hôtel Bouchu d’Esterno. Ce sera à l’occasion de son 100e anniversaire (en 2024) et après que cet hôtel particulier du XVIIe siècle aura recouvré une prime jeunesse. 8 millions d’investissements sont programmés pour cela…

L’OIV s’implantera ainsi rue Monge, à quelques pas de la future Cité internationale de la Gastronomie et du Vin qui, elle, ouvrira ses portes au printemps prochain. La concomitance n’est évidemment pas un hasard puisque l’avènement de ce temple du Repas gastronomique des Français et des Vins a participé à faire des membres de l’OIV de nouveaux fidèles de Dijon. Nous n’irons pas jusqu’à dire qu’ils ont mis un genou à terre, dans l’ancienne chapelle de l’Hôpital général, devenue depuis la Chapelle des Climats, devant le gigantesque cep trônant au milieu d’écrans géants qui ont pour but d’immerger les visiteurs dans les terroirs. Mais ne doutons pas que la Cité et ses multiples espaces (elle s’étend sur 6,5 ha) ont pesé dans leur choix. La future Cave des Vins, qui, sur plus de 600 m2, sera équipée de 250 « Oenomatic » et comptera 3 000 références a, certainement, été un argument. Surtout que cette Cave qui sera exploitée par Epicure Investissement – à l’instar des restaurants, La Table du chef et Le Comptoir du Chef, qui seront placés sous la férule du chef étoilé Eric Pras – ne proposera pas que des vins de Bourgogne. Les visiteurs auront accès à des vins du monde entier… et à tous les prix.

Une chose est sûre, les membres de l’OIV ont eu droit à une visite de la CIGV et certains n’ont pas manqué de remarquer que les deux acronymes avaient deux mots en commun : International et Vin… Ce ne sont que des mots mais tout de même.

Les doutes du début

Tout comme de nombreux Dijonnais, qui ont visité, notamment lors des Journées du Patrimoine, la future CIGV, ils ont pu s’apercevoir de son vaste menu attractif : pas moins de 4 expositions sur 1 750 m2 (consacrées au repas gastronomique des Français, à la pâtisserie… et au vin), le village gastronomique regroupant les producteurs locaux, l’école Ferrandi, avec, comme marraine de la première promotion Dominique Loiseau –, la Librairie Gourmande, l’école des vins immersive du BIVB, le Centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine (CIAP) qui, quant à lui, portera l’appellation « 1204 », en référence à l’année où le Duc Eudes III de Bourgogne a fondé les Hospices de Dijon… Sans omettre la cuisine « expérimentielle » érigée par le groupe K-Rey, sur 3 niveaux et 570 m2, qui permettra notamment de réaliser des « masterclass » de chefs ou de MOF, sous le regard du public.

Des visites, en guise d’avant-goût, qui ont permis, à nombre de Dijonnais qui y ont participé, de lever les doutes qu’ils pouvaient avoir au début du projet. Il faut dire que celui-ci fut des plus complexes – nous vous ferons l’économie de revenir sur les recours politiques pour ne pas être trop longs. Tout a été pensé pour que cette CIGV, qui sera libre d’accès, s’adresse tout autant aux locaux qu’aux touristes… Sa dimension culturelle profitera même pleinement aux plus jeunes puisque les scolaires dijonnais y seront éduqués au goût. Elle pourra même être ainsi une vitrine de la transition alimentaire du territoire qui participe à la lutte contre le changement climatique. Un défi, à l’échelle internationale, que l’OIV tente également de répondre…

Ce sera donc à quelques centaines de mètres du « canon de lumière », le symbole dessiné par l’architecte Anthony Béchu, que les membres de l’ONU du Vin tenteront de remporter de nouvelles batailles internationales. Ce sera à partir de 2024. D’ici-là, les premiers coups de canon de la CIGV auront été tirés. Le printemps prochain sera un nouveau rendez-vous de l’Histoire dijonnaise…