Le maire de Saint-Apollinaire et vice-président de Dijon métropole, Jean-François Dodet, en a fait son leitmotiv : « L’innovation fait partie de toutes nos politiques publiques ! » C’est ainsi qu’il entend inscrire pleinement sa commune dans le XXIe siècle. Cela passe évidemment par un développement équilibré, en terme urbanistique, avec deux projets d’ampleur, tout en œuvrant au développement durable de l’ensemble du territoire communal. C’est ainsi qu’en 2022 Saint-Apollinaire développera son Plan pour la transition écologique, transversal à l’ensemble de ses politiques publiques. L’innovation fut également de mise pour l’élaborer puisque la commune a organisé ses premières Assises citoyennes afin que les habitants puissent contribuer à l’écriture de leur avenir. Interview d’un maire qui veut redonner goût à la chose publique…
Dijon l’Hebdo : 2022 sera une année charnière pour vos actions en faveur du développement durable et de la préservation de l’environnement. Que ce soit sur les objectifs ou sur la méthode, vous avez, là aussi, tenu à innover…
Jean-François Dodet : « Nous allons en effet mettre en place en 2022 notre plan communal de transition écologique. Nous voterons le 13 décembre au conseil municipal ce plan transversal à l’ensemble de nos politiques. Il concerne les bâtiments publics, la mobilité, les espaces verts, les micro-forêts urbaines… bref, tout le champ des possibles. Et, pour le développer, nous avons mis en place des Assises citoyennes. Les personnes tirées au sort sur la liste électorale et volontaires se sont réunies les 18 septembre, 13 octobre et 9 novembre et ont travaillé sur le sujet, en dehors de la présence des élus. Je n’ai fait qu’ouvrir et clore ces Assises. Les participants étaient représentatifs de tous les âges, tous les quartiers, etc. C’était on ne peut plus intéressant… et les échanges ont été particulièrement constructifs. Une restitution des travaux de ces Assises sera effectuée en présence des élus. Nous aurons un véritable rendu du regard du citoyen sur notre Plan communal de transition écologique. Nous tiendrons naturellement compte de ce retour et l’améliorerons en fonction des contributions. Cette méthode est novatrice… et cela fait un an qu’elle a vu le jour. Et je ne doute pas que, dans les idées proposées, figurera la participation citoyenne à notre Plan durable. L’idée est de faire des Assises sur d’autres thèmes essentiels pour le cadre et la qualité de vie des habitants et plus largement sa gestion. Ces Assises permettent aux citoyens d’apporter leur pierre à nos politiques publiques mais cela permet également une véritable appropriation. Pour ma part, je vois bien les finances publiques, car c’est un vrai sujet pour aujourd’hui et pour demain. Que finance-t-on et comment finance-t-on ? Et notamment avec la baisse des dotations de l’Etat. Je rappelle tout de même que la DGF (dotation globale de fonctionnement) est passée en 6 ans de 600 000 euros à 55 000 euros. Imaginez tout de même que nous subissons cette baisse drastique alors que nous faisons partie des collectivités qui ont toujours été bons élèves ! C’est totalement paradoxal de voir que, dans le même temps, le gouvernement accorde un plan d’1,5 milliard d’euros pour une ville comme Marseille où les travaux dans les écoles par exemple n’ont pas été faits. Ici, à Saint-Apollinaire, les écoles ont toujours fait partie des priorités de la commune. Comment peut-on expliquer cela aux élus qui ont bien géré leur commune et qui se retrouvent confrontés aux baisses des dotations de l’Etat. C’est aussi l’une des raisons pour laquelle de nouvelles Assises citoyennes portant sur l’équilibre des budgets dans les années qui viennent me semblerait une excellente idée ».
DLH : N’est-ce pas une façon aussi de redonner goût aux citoyens à la chose publique, à la Res Publica, dont ils semblent de plus en plus éloignés ?
J.-F. D : « Afin d’éviter l’effet gilets jaunes, il faut co-construire la transition écologique. Il faut que les gens s’approprient cet enjeu majeur et les politiques pour atteindre les objectifs. On voit les résultats de la COP 26, c’est une catastrophe, avec des accords a minima et la Russie et la Chine qui n’en ont cure. Il faut faire attention à ce que nous ne portions pas tout sur notre dos alors que la France ne représente que 1 à 3% (selon les études) des émissions de gaz à effet de serre. La co-construction est essentielle à tous les niveaux. A notre échelle, de ces Assises naissent des propositions que nous allons intégrer et d’autres peut-être pas… Certaines personnes nous précisent qu’elles veulent bien travailler à l’amélioration du document mais qu’elles ne veulent pas le cautionner. Je leur réponds qu’elles auront apporté leur pierre à l’édifice et que c’est aux élus de prendre ensuite leur responsabilité. Nous ne retiendrons pas tout – et je le dis à la différence d’autres. Un exemple : si nous devions rénover la totalité des bâtiments publics à l’instant T en tenant compte du dernier décret, le coût serait prohibitif pour la commune. Et encore nous avons, à la différence de nombre d’autres communes, des bâtiments qui ne sont pas obsolètes… Dans la démarche citoyenne que nous avons lancée, l’implication financière est aussi apparue au grand jour – et je trouve cela aussi très intéressant. Les citoyens ont demandé combien coûtait telle ou telle mesure environnementale. Beaucoup nous ont remerciés pour la qualité du travail présenté. Certains nous ont dit qu’ils auraient aimé participer dès le départ à ce projet mais nous étions en pleine période Covid. Cela montre en tout cas l’appétence pour la participation citoyenne… »
DLH : Avec la démolition-reconstruction de la tour, l’hôtel de ville entre également dans une nouvelle ère. 2022 ne sera-t-elle pas, après la période Covid, l’année de vrai changement ?
J.-F. D : « Nous avons démoli la tour qui avait été construite dans les années 30 pour en bâtir une nouvelle avec ascenseur accessible aux personnes à mobilité réduite. Nous avons été contraints de le faire pour des raisons de sécurité après un rapport de l’Apave nous alertant sur la vétusté du bâtiment. Après avoir été reportés pour cause de Covid, les travaux, qui ont débuté au mois d’octobre, seront achevés en février-mars. C’est un investissement de taille eu égard au sol et à la présence de l’eau. En terme de management, c’est aussi une nouvelle période qui s’ouvre. La directrice générale, la directrice de la médiathèque, le responsable de l’urbanisme et quelques agents qui étaient là depuis longtemps nous quittent. D’importants changements interviendront à la fois sur les locaux mais aussi en terme de personnel. Aussi en 2022 engagerons-nous une réorganisation complète, avec, par exemple, un accueil entièrement modifié. C’est un événement essentiel dans la vie d’une commune. 2022 sera l’année du changement en interne ! ».
DLH : Vous êtes une des communes de la métropole les plus recherchées par celles et ceux en quête de logement. Vous avez réussi à conserver l’esprit village, à deux pas de la capitale régionale, en proposant tous les services de la ville. Vous travaillez depuis le début du mandat sur le développement urbanistique tout en gardant votre ADN. Où en êtes-vous des grands projets dans le domaine ?
J.-F. D : « Nous avions spécifié seulement deux zones OAP (orientation d’aménagement et de programmation) dans une vision globale de développement durable de la commune. Et nous allons commencer à lancer nos plans d’urbanisation. Nous allons choisir l’aménageur du nouvel éco-quartier les Courbes Royes pour 240 logements sur 6 hectares. Nous allons devoir aussi réfléchir à un agrandissement de l’école Paquier d’Aupré. Et les réflexions sont très avancées sur les terrains de la route de Dijon. Je n’oublie pas non plus la réflexion sur le Parc du Temps libre puisque nous souhaitons des aménagements supplémentaires afin de renforcer les équipements. Un grand projet qui l’embellira avec des nouveaux parkings verra le jour. En 2022, se dessinent véritablement les perspectives de Saint-Apollinaire 2030… »
DLH : Saint-Apollinaire est appréciée également par sa quiétude. Comment avez-vous décidé d’agir pour garantir la première des libertés, la sécurité et la tranquillité publique ?
J.-F. D : « Nous allons continuer à investir dans la vidéo-protection. Nous avons budgété 90 000 euros cette année et nous allons remettre la même somme en 2022, ce qui nous fera arriver à un budget d’environ 400 000 euros sur la durée du mandat. Nous devrons aboutir à une trentaine de caméras à terme. Nous avons créé également un 4e poste de policier municipal cette année. Je prône dans le domaine la tolérance 0. Cela ne fait pas toujours plaisir mais c’est la seule façon de garantir le bien-vivre pour tous ».
Propos recueillis par Camille Gablo





