Me Guillaume Lorisson : « Un marché toujours aussi dynamique »

Le marché immobilier reste toujours aussi dynamique sur la Métropole dijonnaise avec une demande qui reste sensiblement inférieure à l'offre. Ce qui impacte évidemment le prix des logements. Le point avec Maître Guillaume Lorisson, président de la Chambre des notaires de Côte-d'Or, qui attire aussi l'attention des investisseurs sur l'évolution du diagnostic de performance énergétique.

Dijon l'Hebdo : Comment les notaires perçoivent-ils le marché de l'immobilier sur Dijon et la métropole en cette rentrée ?
Guillaume Lorisson :
« Après 18 mois extrêmement dynamiques, le marché reste bien orienté. Les acquéreurs, les agences immobilières ont éprouvé le besoin de faire une pause au mois d'août. Là, on a véritablement senti cette période de vacances à l'issue de laquelle on a tout de suite retrouvé un rythme soutenu que ce soit sur de la résidence principale, des investissements locatifs, porté par ces taux bas, dans la continuité de ce que l'on a vécu ces derniers mois ».

DLH : Les porteurs d’un projet d’achat s'attendent-ils à une hausse du prix de l'immobilier dans les prochains mois ?
G. L :
« On a eu sur Dijon et sa région des hausses de prix assez significatives. Sur ces deux dernières années, et selon les quartiers, on a pu noter une augmentation de 10 à 15 %. C'est une évolution très forte et très marquée. Malgré tout, le prix moyens des appartements anciens est de l'ordre de 2 300 € me m2 et autorise Dijon à rester plutôt attractive par rapport aux autres capitales régionales. Des hausses de prix sont encore possibles. Sont-elles souhaitées par les acquéreurs ? Bien évidemment non même si les vendeurs espèrent, eux, réaliser encore quelques belles plus-values dans les mois qui viennent ».

DLH : On peut donc considérer que les marges de négociation sont des plus réduites ?
G. L :
« Effectivement, actuellement, les marges de négociation ne sont pas très importantes. La quantité de biens à vendre est sensiblement inférieure au nombre d'acquéreurs potentiels et tire évidemment les prix vers le haut

DLH : Faut-il véritablement s'inquiéter de la pénurie de logements ?
G. L :
« L'offre de logement reste insuffisante sur Dijon. On a un marché qui est en situation de déséquilibre en raison du dynamisme démographique de la Métropole. Il n'y a donc pas d'autres choix que de proposer des logements supplémentaires ».

DLH : Quels sont aujourd'hui les pièges à éviter en matière de vente immobilière ?
G. L :
« Il y a une évolution majeure depuis le 1er janvier : c'est le diagnostic de performance énergétique, rénové par le législateur, qui est devenu opposable. Avant, il était simplement informatif et permettait aux acquéreurs d'avoir une sensibilisation à la performance thermique du logement. Aujourd'hui, il est opposable à double titre. L'acquéreur pourra se retourner contre le diagnostiqueur si les performances thermiques ne sont pas celles attendues et ainsi engager sa responsabilité pour le préjudice subi. Ensuite, à partir de 2024, les logements classés en catégories F et G ne pourront plus être mis en location. Donc toute personne qui achète en vue d'investir doit être très vigilante sur la performance thermique du logement et inclure dans son budget le coût de la rénovation énergétique pour éviter les mauvaises surprises et l'impossibilité de louer à terme ».

Propos recueillis par Jean-Louis Pierre