Transition écologique : Talant change de braquet

Depuis le 1er mai dernier, la Ville de Talant, pilotée par Fabian Ruinet, a mis en place une aide destinée à l’acquisition de tout type de vélo à assistance électrique, neuf ou d’occasion. Une initiative qui n’est pas passée inaperçue et qui a répondu aux aspirations du moment. Ce mode de déplacement doux a le vent en poupe surtout depuis le premier confinement. Au moment où est organisé dans la métropole dijonnaise le premier salon consacré au vélo par Dijon Congrexpo, Nicolas Marin, adjoint au maire délégué à la transition écologique et aux affaires générales, fait le point sur ce dispositif. Un dispositif qui illustre le tournant durable pris par Talant…

Dijon l’Hebdo : Pourquoi avoir décidé de mettre en place une prime à l’acquisition de vélos à assistance électrique ?

Nicolas Marin : « La ville de Talant a un certain relief contrairement à d’autres communes de la métropole et le vélo électrique permet de s’affranchir de ces reliefs. Nous avions eu durant la campagne des élections municipales plusieurs demandes concernant le vélo électrique. Entre temps, le confinement a accéléré l’engouement pour ce type de déplacement. Souvenez-vous : à l’époque, plus personne ne voulait prendre les transports en commun, etc. Le vélo permettait d’être seul tout en étant un mode de transport à la fois écologique, dynamique mais aussi sportif. L’assistance électrique rend le vélo accessible à tout un chacun, quel que soit son âge. Sur des trajets courts, ajoutons que le vélo à assistance électrique évite de prendre sa voiture. Aussi nous avons mis en place au conseil municipal cette aide à l’achat d’un vélo à assistance électrique en ce qui concerne le neuf ou d’occasion. Même si le matériel d’occasion est pour l’instant une denrée rare, c’est tout de même un élément différenciant dont l’objectif est de montrer que l’économie sociale et solidaire a aussi tout son rôle à jouer. Le montant de l’aide attribuée est de 20 % du prix d’achat (plafonnée à 100 €). Pourquoi ? Parce que cela permet d’obtenir aussi l’aide de l’Etat. Le cumul de notre aide avec celle du conseil départemental de la Côte-d’Or (250 € auxquels 100€ peuvent être ajoutés si le modèle est fabriqué ou assemblé dans le département) est encore plus intéressant. Et en fonction du maintien ou de l’évolution des autres dispositifs, nous verrons si nous devons faire évoluer notre aide. Nous avons alloué une somme de 5 000 euros sur cette année pour l’ensemble de ce dispositif ».

DLH : Combien de demandes avez-vous satisfaites depuis sa mise en place ?

N. M : « Nous nous sommes aperçus que ce dispositif était réellement bien perçu par les habitants. Nous sommes aujourd’hui à une vingtaine de dossiers. Ce qui est plutôt bien après moins de 4 mois. Les demandes concernent des vélos dans toutes les gammes de prix : de l’entrée de gamme chez Décathlon à des Lapierre. Mais surtout tous les quartiers de Talant sont représentés : le quartier Belvédère, le Bourg, Chivalières… Nous avons une représentation géographique multiple. Et je veux rappeler que cette aide est destinée à tout type de vélo à assistance électrique : vélo urbain, VTC, VTT, vélo cargo… »

DLH : En manière de pratique cyclable sur Talant, travaillez-vous à de nouvelles améliorations pour les usagers de plus en plus nombreux de la Petite Reine ?

N. M : « Oui. Nous aimerions développer la partie tourne à droite au niveau des feux. Tout en n’étant pas prioritaires, les cyclistes auraient ainsi la possibilité de tourner sans attendre le feu vert s’il n’y a pas de véhicule. Nous travaillons actuellement sur ce dossier. Et nous étudions aussi avec soin la mise en place d’arceaux supplémentaires mais notre ville est plutôt bien équipée dans le domaine à proximité des différents lieux publics. Sur le stade Gilbert-Rude, des arceaux ont été implantés avec la rénovation des tribunes… En ce qui concerne les pistes cyclables, avec un total de 6 km, Talant est plutôt bien dotée pour une ville de notre dimension. Les usagers demandent évidemment toujours plus mais, là, c’est Dijon métropole, avec son schéma cyclable, qui intervient ».

DLH : Les cyclistes apprécient ainsi parcourir Talant…

N. M : « Selon le baromètre des villes cyclables de la Fédération française des usagers de la bicyclette, le ressenti des usagers est bon sur Talant. Sur la métropole, ont été seulement notés les points noirs du rond point entre Saint-Apollinaire et Dijon ainsi que l’accès à l’Université de Bourgogne depuis le centre-ville. La métropole y travaille au demeurant ».

DLH : Vos actions pour le vélo, électrique ou non, participent de votre politique durable. Il en va de même pour la réimplantation de la vigne à Talant, qui renoue ainsi avec son histoire vineuse ?

N. M : « Il y a toujours la volonté de planter de la vigne. Nous aurons du rouge talantais. Pour avoir goûté les premières bouteilles de crémant talantais, il est réellement excellent. C’est une vraie fierté pour notre région et pour Talant de porter la viticulture. Et au moins quand il y a des vignes, il n’y a pas de bâtiment, cela s’est sûr ! »

DLH : Le maire de Talant, Fabian Ruinet, s’est engagé à planter 1 000 arbres au cours de ce mandat. Voici un autre signe fort en faveur de la transition écologique…

N. M : « Oui. Nous ne sommes pas en train de planter une forêt, ce sont des arbres raisonnés. Les lieux où nous replantons sont sélectionnés avec soin. A l’instar de la zone du Grand Puits… Il y a aussi des arbrisseaux, pour bien qu’ils puissent s’enraciner… Nous privilégions les essences locales mais nous tenons compte également de la résistance aux réchauffement climatique. Je peux ainsi par exemple citer des érables, des savonniers, des cerisiers, des noyers, des hêtres, des alisiers, des tilleuls, des cormiers, des sorbiers, et la liste est loin d’être exhaustive. D’ici la fin de l’année, nous aurons planté autour de 500 arbres et nous atteindrons sans problème les 1000 d’ici la fin du mandat ».

DLH : Quelle est votre ligne de conduite générale pour œuvrer à l’écologie positive ?

N. M : « Notre politique en faveur de la transition énergétique ne concerne, en effet, pas que les arbres ou le vélo. Nous avons la volonté d’avoir une approche transversale afin de favoriser la transition écologique. Toutes les délégations sont concernées. Les exemples sont ainsi multiples : pour les cantines scolaires, nous avons introduit plus de bio et des labels de qualité : Label Rouge, Pêche durable… Je n’oublie pas non plus la marque développée par le conseil départemental, Savoir-faire 100% Côte-d’Or, qui fait beaucoup dans le domaine. Nous l’avons mise dans le marché des cantines scolaires. Sans omettre l’alimentation de proximité, le local et le fait maison. J’ai travaillé avec l’adjointe déléguée à l’éducation, à l’enfance et à la jeunesse, Catherine Renosi, sur ce sujet majeur. Et j’œuvre avec d’autres élus… La police municipale de Talant va être dotée de véhicules électriques. Une étude est en cours sur les déperditions énergétiques des bâtiments publics. C’est une réelle volonté de travailler en mode transversal. Et le maire m’a donné délégation de la commission ouverture d’enveloppes, ce qui permet de regarder dans les appels d’offres si une clause verte ou un pan relatif à la transition écologique ne peut pas être mis en place ».  

Propos recueillis par Camille Gablo

Comment cela marche ?

L’aide à l’achat d’un vélo à assistance électrique, proposée par la Ville de Talant, est valable pour les achats réalisés auprès d’un professionnel implanté sur la métropole dijonnaise ou dans une structure spécifique (type atelier ou structure d’autoréparation ou relevant du champ de l’économie sociale et solidaire) entre le 1er mai 2021 et le 31 décembre 2021. Ne peuvent évidemment bénéficier de ce dispositif que les habitants de Talant (de plus de 18 ans). Pour toutes les personnes intéressées, le dossier de demande de la prime est à retirer sur le site internet de la Ville de Talant (www.talant.fr). Ces dossiers doivent être déposés au cours du mois suivant l’acquisition du matériel.