Organisation internationale de la Vigne et du Vin : La capitale de la Bourgogne… sur les rangs

Depuis le mois de janvier, la capitale de la Bourgogne œuvre afin d’accueillir le futur siège de l’Organisation internationale de la Vigne et du Vin, qualifiée souvent comme l’ONU du vin. La ville de Dijon a proposé l’hôtel Bouchu dit dEsterno, à deux pas de la future Cité internationale de la Gastronomie et du Vin. Seulement Bordeaux et Reims se sont depuis aussi positionnées. Et les coups bas… bordelais pleuvent !

Une chose est sûre, les maires de Dijon, Bordeaux et Reims ne partiront pas en vacances ensemble. Et nous n’écrivons pas cela parce qu’ils sont respectivement socialiste, écologiste et LR. Non, nous écrivons cela par que ces grandes villes du vin et des bulles sont en train de se livrer bataille afin d’accueillir l’Organisation internationale de la Vigne et du Vin (OIV). Cet organisme intergouvernemental, réunissant 48 états représentant pas moins de 85% de la production et 80% de la consommation de vin dans le monde, cherche, après plusieurs déménagements dans la capitale parisienne, à s’implanter durablement dans une cité vineuse. L’Etat français, qui héberge l'OIV depuis sa création en 1924, s’est tourné vers les régions pour l'accueillir. Et Dijon, Bordeaux et Reims se sont positionnées.

Le 15 juin dernier, le maire et président de Dijon métropole, François Rebsamen, a organisé une conférence de presse afin de dévoiler la teneur de la candidature de la capitale régionale. Pour ce faire, il a mobilisé à ses côtés Aubert de Villaine, co-gérant du domaine de la Romanée Conti qui a fait beaucoup pour le classement des Climats de Bourgogne au Patrimoine mondial de l’Unesco. Dès janvier 2021, Dijon s’est activée pour répondre à l’OIV qui était à la recherche d’une solution pérenne de nouveaux locaux dans la perspective de son centenaire qui aura lieu en novembre 2024. En quelques semaines, les acteurs institutionnels, en particulier la Ville et la Région Bourgogne-Franche-Comté, se sont largement mobilisés afin d’apporter une réponse immobilière adaptée et proposer un montage financier favorable à l’OIV. Et cette réponse n’est autre que l’hôtel Bouchu dit dEsterno, inscrit aux monuments historiques, en plein cœur du centre historique. Rue Monge pour être plus précis, soit à quelques pas de la future Cité internationale de la Gastronomie et du Vin qui sera inaugurée au mois d’avril prochain.

Ce qui fit dire à François Rebsamen : « Avec la CIGV à proximité, Dijon est le choix idéal, au sein du vignoble le plus prestigieux au monde et la labellisation Unesco. Je n’oublie pas non plus les synergies évidentes avec l’Université de Bourgogne et une offre immobilière d’exception ».

L’ensemble des acteurs locaux du vin étaient également présents afin d’afficher une belle union sacrée pour ce projet de taille (et nous ne parlons pas de celle de la vigne !) : Gilles de Larouzière, président de l’association des Climats du vignoble de Bourgogne », François Labet, président du Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne, Vincent Thomas, président de l’Université de Bourgogne ; Jocelyne Pérard, responsable de la chaire Unesco « Culture et traditions du vin », Patrick Ayache, vice-président de la Région, en charge de l’attractivité, du tourisme et de l’export…

La Cité des Ducs fut la première à planter ses graines. Bordeaux avec 420 m2 donnant directement sur la Garonne et Reims avec une bâtisse de style art déco appelée la Villa Douce se sont mises sur les rangs. Et le quotidien Sud Ouest dans son édition du 8 juin mit le feu aux poudres en dénonçant la proximité entre François Rebsamen et Emmanuel Macron qui, in fine, tranchera. Lisez plutôt ce qu’écrit le journal bordelais par excellence : « Dans la perspective de 2022, Emmanuel Macron le couve avec intérêt. Suffisamment pour lui offrir l'OIV ? (…) Une hypothèse qu'on n'écarte pas vu de Bordeaux ». Non sans ajouter : « Une difficulté cependant, si le choix du futur siège de l'OIV venait à être associé à des calculs politiques, le chef de l'État ne prendrait-il pas le risque de froisser une partie importante de la viticulture ? ».
Comme les Bourguignons peuvent être aussi chauvins, nous pourrions rétorquer à Sud Ouest que l’on voit mal Emmanuel Macron accorder l’Organisation internationale de la Vigne et du Vin à une ville dont le maire, Pierre Hurmic, a déclaré qu’ « en 2022 il y aura un écologiste à l’Elysée… » Et vous remarquerez que nous n’avons pas évoqué les sapins de Noël (ce n’est plus la saison !)… Mais chut, nous n’avons rien dit ! La réponse tombera le 12 juillet… et sera à déguster ou non !

Camille Gablo