DFCO : Le terrain de la reconstruction

Merci d’être fidèle à notre rubrique footballistique. Consacrée à la situation du DFCO qui, après sa nouvelle déconvenue sur la pelouse brestoise (3-1) et sa lourde défaite à domicile contre le Paris Saint- Germain (0-4), sait qu’il évoluera en Ligue 2 la saison prochaine. D’où la nécessité de regarder l’avenir en face… Pour bien le préparer !

Le DFCO est en train d’échouer : il lui est impossible d’assurer son maintien dans l’élite du football français. De sorte qu’il jouera en Ligue 2 la saison prochaine. Et plutôt que se morfondre sur une fin de championnat qui ne peut plus être maintenant que l’épilogue d’un calvaire, que déceptions et défaites supplémentaires, il faut regarder devant… Accepter la réalité de la descente et, tout de suite, se mettre en capacité de se reconstruire en ayant un objectif : le retour en Ligue 1 dans les meilleurs délais. D’autant que l’on sait les difficultés à se sortir d’une deuxième division toujours ardemment disputée, avec des affrontements sans merci, où les clubs venant de l’étage supérieur sont souvent noyés dans une compétition au couteau et ont du mal à émerger. A l’image de nos voisins, le FC Sochaux et l’AJ Auxerre qui essaient, en vain, depuis des saisons de revenir au Paradis.

Un Paradis qu’il faut se donner les moyens de rejoindre dès août 2022 ! La Cité des Ducs mérite la Ligue 1 ! Elle possède un stade Gaston-Gérard moderne, splendide, maintenant adapté aux grandes confrontations, un public qui existe et sait ne pas faire défaut, soutenir sa formation, tout en appréciant le beau jeu. Et un club, solide, aux structures modernisées, en phase avec le haut niveau et intégré profondément dans la vie dijonnaise, régionale, bien au-delà du cercle des nombreux supporters.

Le moment n’est donc sûrement pas aux regrets, colères, compétitions de moqueries, diatribes sans fin. Savoir partir pour revenir au sommet dès demain, voilà ce qui doit occuper l’actualité… Déjà en terminant la présente saison le moins mal possible, par « une porte honorable », par exemple un succès sur les prochains hôtes de Gaston-Gérard, les Girondins de Bordeaux.

Un début de pardon

Une victoire qui serait capitale, non pas au niveau d’une éventuelle lueur au classement, car, là, la condamnation est irrémédiable, mais au plan moral… En faisant naître chez ceux qui aiment le DFCO un début de pardon. Qui pourrait même avoir des occasions de s’étoffer avec les prochaines venues à Dijon du Stade de Reims, Nice et Nantes… Faire tomber l’un de ces noms du football ne sauverait certes pas la saison, mais stopperait la spirale de la terre brûlée.

Construire demain, ce sera d’abord comprendre ce qui a échoué cette année. Expliquer comment le jeu d’attaque de la saison dernière, créatif, construit, spontané, fin, technique, privilégiant la passe courte, pour assurer maintes fois le succès, a pu s’envoler en quelques mois comme un fétu de paille. Les joueurs qui le mettaient si bien en mesure et avaient fait mordre la poussière à Lille, Monaco, au PSG, Didier Ndong, Mounir Chouiar, Mama Baldé sont pourtant toujours là… Est-ce le départ de Julio Tavarès dont on n’a pas assez mesuré combien il apportait au groupe qui aurait cassé la petite corde indispensable à la réussite de l’ensemble ? Sans doute tout autant que la perte de Nayef Aguerd au rayonnement peu remplaçable en défense.

D’où viennent les inconstances actuelles ? Les vertus mentales constatées à juste titre en février dernier étaient mises en exergue dans la presse locale qui voyait même l’équipe de la Cité des Ducs « pas loin du compte » après sa courte défaite face à l’Olympique lyonnais…Trois jours seulement avant la débâcle à Montpellier ! Comment peut-on passer ainsi du jour à la nuit en si peu de temps ? Pis : l’irrégularité se manifeste souvent à l’intérieur de la même rencontre…A Lens, les entames de chaque mi-temps sont de bonne facture avant que le DFCO ne sombre dans la médiocrité. A Brest, la seconde période, correcte, fait suite à 45 minutes catastrophiques.

Réfléchir à ces questions, c’est faire un constat : construire une équipe performante nécessite de réussir des alchimies complexes… Additionner le football de l’effort et le football d’inspiration, faire naître des réflexes collectifs entre les participants… Façonner un groupe… Ce qui ne s’obtient pas en quelques semaines, ni même quelques mois. A cela, il faut ajouter une autre exigence, la moins facile à satisfaire. Sans quoi rien de bon ne peut arriver : conférer à l’équipe la magie du dépassement. Pour la conduire dans une sorte d’état second où aucune barrière ne peut l’arrêter. C’est cette reconstruction-là que nous souhaitons au DFCO… Allez Dijon !

André Grizot