Mesures sanitaires obligent, la Culture représente depuis de trop nombreux mois un « grand corps malade ! » Les artistes souffrent de la fermeture des lieux d’exposition. Une belle initiative solidaire permet à certains d’entre eux de bénéficier à nouveau d’une visibilité… Dijon réinvente l’art de rue !
Une ancienne candidate à la Présidentielle avait invoqué De Gaulle pour fustiger la fermeture des commerces et des librairies qualifiés de « non essentiels » par le gouvernement. Aussi vous ne serez pas surpris si nous en appelons, pour notre part, au ministre emblématique de la Culture du Général pour lancer ce sujet. Au moment où la culture, contexte sanitaire oblige, n’a jamais été autant mise à mal, il est important de se souvenir de la formule de l’auteur de La Condition Humaine : « La culture ne s’hérite pas, elle se conquiert ! »
C’est, en tout cas, une belle opération de (re) conquête qui a motivé une artiste dijonnaise subissant, comme tous ses confrères, les affres de la crise sanitaire. « Lorsque je suis passée devant une boutique vide de la rue Piron, j’ai eu l’idée d’y exposer nos œuvres. C’est le seul moyen de les dévoiler au public et, sans cette visibilité, nous ne pouvons pas continuer à vivre. La solidarité va nous permettre de nous en sortir. Et je rappelle que Dijon est une ville de la gastronomie, de l’histoire et de l’art ! », explique Claude-Olga Gay, devant l’ancien commerce de chaussures, 8 rue Piron à Dijon (1), où les passants peuvent dorénavant admirer son talent. Tout comme celui de Jean Matrot mais aussi de Skima !
Afin que son idée puisse faire des émules, Claude-Olga Gay a contacté Nadjoua Belhadef, adjointe dijonnaise déléguée au commerce et à l’artisanat. Avec l’énergie qui la caractérise, celle-ci s’est empressée de contacter les propriétaires de locaux provisoirement inoccupés afin de déployer cette initiative : « Tout comme pour les commerces pour lesquels nous avons multiplié les actions de soutien, pour la culture, la capacité d’innover, de faire de la promotion et de s’entraider permettra de sortir de la crise. Il existe quelques cellules vides – je tiens à rappeler qu’à Dijon elles ne sont pas nombreuses – et celles-ci peuvent donner un sentiment anxiogène. Aussi, dans l’attente qu’elles soient occupées, cette idée nous a parue excellente et la Ville a rapidement décidé de rédiger des conventions entre les propriétaires volontaires des locaux commerciaux concernés et les artistes », met en exergue Nadjoua Belhadef. Sa collègue Christine Martin, adjointe déléguée à la culture, à l’animation et aux festivals s’est également associée à cette opération : « Nous sommes tous aujourd’hui privés d’art avec ce confinement forcé alors que c’est un besoin essentiel. Il est insupportable que les lieux de spectacle vivant, d’exposition soient fermés. Et ce projet vertueux à plus d’un titre permet de recréer du lien. C’est positif pour tout le monde ». André Malraux aurait apprécié. Lui qui a certes écrit La Condition humaine mais aussi L’Espoir… Vous comprenez maintenant mieux pourquoi, en plein Covid-19, nous nous sommes rappelés à son bon souvenir !
Camille Gablo
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Vous pouvez également découvrir les œuvres de ces artistes dijonnais dans les vitrines du 9 rue du Château et de l’ancienne pharmacie Notre-Dame
YellowKorner aussi
La boutique YellowKorner, éditeur de photographies d’art en édition limitée et numérotée situé 25 rue Piron, a décidé de prendre part à cette action en lançant un concours destiné aux photographes de la métropole sur le thème « Le Rêve ». Les auteurs des trois plus belles photos sélectionnées par les internautes se verront offrir un tirage par YellowKorner et pourront exposer aux côtés des autres artistes dans les boutiques dijonnaises.
Plus de renseignements sur :
Facebook : Yellow Korner Dijon
Instagram : @yellowkornerdijon





