Nathalie Koenders : « Nous avançons pour la continuité cyclable »

En charge de la transition écologique à la Ville de Dijon ainsi que des transports doux à la métropole, Nathalie Koenders dévoile les aménagements cyclables programmés à la fin de cette année et au début de l’année prochaine. Pas moins de 1,8 millions d’euros HT sont en effet investis par Dijon métropole afin que les utilisateurs de la Petite Reine – de plus en plus nombreux au demeurant – puissent bénéficier de pistes cyclables supplémentaires et d’une sécurisation accrue de leurs déplacements.

Dijon l’Hebdo : Vous passez à la vitesse supérieure pour la dynamique vélo sur le territoire de la métropole. Quels sont les objectifs majeurs des investissements prévus ?

Nathalie Koenders : « Nous avançons afin d’atteindre l’objectif de 12% de part modale d’ici 2030 dans le cadre du Plan local de l’urbanisme intercommunal Habitat-Déplacements (PLUI-HD). Nous sommes déjà à 316 km d’aménagements cyclables sur la métropole. Nous œuvrons à la continuité cyclable et à la sécurisation des déplacements à vélo à Dijon ainsi que sur l’ensemble de la métropole, parce que nous savons que nous sommes à environ 13 000 déplacements à vélo par jour dans la capitale régionale. Ce budget de 2 M€ a été alloué en 2020 pour de nouveaux aménagements et le but est que, chaque année, la même somme soit dédiée à la fois à cette continuité cyclable et à la sécurité ».

DLH : Les étudiants sont de fervents adeptes de la Petite Reine. Aussi l’amélioration de la desserte vélo du campus s’avérait-elle essentielle ?

N. K : « Oui. Nous avons constaté que la liaison avec le centre-ville de Dijon et les abords du site universitaire n’était pas optimum, alors que beaucoup d’étudiants utilisent ce mode de déplacement – ce qui est une bonne chose. Aussi notre objectif est véritablement d’améliorer cette desserte. Nous avons d’abord aménagé des couloirs vélos-bus sur les boulevards Mansart et Gabriel. Pour faciliter l’accès à l’esplanade Erasme, des aménagements sont également prévus même si, sur le campus, je rappelle que nous sommes sur le domaine privé de l’Université. Mais notre objectif est également, pour venir du centre-ville, de proposer des jalonnements conseillés afin d’inviter les cyclistes à emprunter des rues moins fréquentées. Nous avons travaillé sur une piste cyclable entre le boulevard Voltaire et la rue de la Raffinerie – les travaux sont d’ores et déjà terminés – et entre celle-ci et la rue des Planchettes pour arriver ensuite tout de suite sur le campus. Pour l’emprunter moi-même, je peux vous dire que la pente est moins importante que sur le boulevard et, comme il y a moins de voitures, c’est un itinéraire que je conseille vivement ».

DLH : Nombre d’utilisateurs du vélo demandaient un réaménagement du carrefour du 8 Mai 1945 dans le quartier des Grésilles mais pas seulement puisque le maire de Saint-Apollinaire y était aussi particulièrement favorable…

N. K : « Il n’y a pas seulement les cyclistes qui bénéficieront de cet aménagement. Ce rond-point est compliqué pour les cyclistes c’est certain mais également pour les piétons et pour les automobilistes. C’est en quelque sorte un point noir de circulation. Notre objectif est de réqualifier entièrement ce carrefour afin de sécuriser les déplacements à vélo mais aussi à pieds. En, faisant cela, notre but est d’améliorer la vie du quartier en facilitant, par exemple, l’accès à la médiathèque et à la crèche. Et comme c’est un projet plus ambitieux, nous allons, dans le même temps, désimperméabiliser certains sols en implantant plus de végétation ».

DLH : Les investissements concernent-ils aussi les trajets entre la ville centre et les communes limitrophes ?

N. K : « Des aménagements étaient également très demandés par les maires des communes, notamment en ce qui concerne la liaison Sennecey-lès-Dijon-Quetigny sur la route de Chevigny et la liaison de Quetigny-Chevigny-Saint-Sauveur, sur l’avenue de la Visitation. Des sommes importantes sont allouées à ces travaux : 800 000 euros pour la première liaison et 300 000 euros pour la seconde. Notre objectif est aussi de permettre aux salariés des entreprises de se rendre à leur travail à vélo ».

DLH : Jamais l’engouement pour le vélo n’a été si fort qu’au cours de cette année 2020 qui restera particulière (et c’est un euphémisme) eu égard à la crise sanitaire.…

N. K : « Ces crédits ont, en effet, été votés lors du déconfinement où nous nous sommes aperçus que le vélo prenait une place de plus en plus importante mais la période des élections municipales et la situation sanitaire que nous connaissons n’ont pas permis de réaliser tout cela selon la méthode qui me tient à cœur, à savoir dans la plus grande concertation. C’est la raison pour laquelle nous présentons aux usagers seulement ces projets actuellement. Nous attribuerons chaque année 2 millions d’euros pour le projet cyclable en favorisant la consultation des associations cyclistes ainsi que les entreprises qui travaillent sur les zones d’activité économique. C’est important de cibler les salariés car c’est grâce à eux que nous atteindrons les 12% de part modale. Nous ne pourrons pas faire tout en même temps mais nous verrons ainsi quels sont les secteurs à travailler en priorité ».

DLH : Vous œuvrez ainsi, avec ces aménagements, à une métropole « écologique, sociale et attractive » telle que vous l’avez portée avec François Rebsamen lors des dernières élections municipales. Mais ces aménagements participent aussi à l’attractivité de la capitale régionale…

N. K : « Il est certain que quand une entreprise choisi de s’implanter dans une ville ou une métropole, elle regarde les infrastructures. Je parle ici des infrastructures médicales, économiques mais également de transport. Nous avons le tram – et c’est un plus – mais c’est aussi important, en matière d’attractivité, de travailler sur les aménagements cyclables car nous nous apercevons que de plus en plus de salariés – et c’est une excellente chose – utilisent le vélo pour le trajet domicile-travail ».

DLH : Dijon n’a pas été sacrée Capitale verte européenne le 8 octobre dernier à Lisbonne. J’imagine que vous le regrettez ?

N. K : « Nous n’avons pas remporté le titre mais nous avons tout de même été parmi les finalistes et cela, on ne nous l’enlèvera jamais. Nous faisons partie des 4 dernières villes retenues et nous étions, sur différents sujets, en première position. Cela illustre notre volonté de continuer à faire de Dijon une référence écologique et c’est important surtout de le faire pour les habitants. Notre détermination est intacte ! »

Propos recueillis par Camille Gablo

 

Quatre aménagements structurants

La liaison entre le campus et le centre-ville de Dijon (215 000 €)

Les travaux consistent à établir une continuité cyclable confortable rue de Mirande, entre le boulevard Voltaire et la rue de la Raffinerie et à jalonner les rues peu fréquentées entre la rue de la Raffinerie et la rue des Planchettes pour en favoriser l’emprunt par les cyclistes. Pour faciliter l’accès à l’esplanade Erasme au sud, boulevard du Dr Petitjean et au nord, au niveau du parking Alain-Savary, des aménagements sont également prévus ainsi que des couloirs bus/vélos sur les boulevard Mansart et Gabriel.

Les travaux sont en cours et s’achèveront fin 2020, début 2021.

Le carrefour du 8 Mai 1945 à Dijon (500 000 €)

Au cœur du quartier des Grésilles, la requalification du carrefour du 8 Mai 1945 à Dijon intègre l’intersection formée par l’avenue Champollion, la rue Castelnau et la rue Camille-Claudel. Il s’agit de relier les différents itinéraires cyclables existants débouchant à cet endroit. La liaison métropolitaine Saint-Apollinaire – Dijon sera ainsi sécurisée dans son intégralité avec l’aménagement de pistes cyclables sur tout le pourtour du carrefour ainsi que sur l’îlot central. Outre la sécurisation des cyclistes, la situation des piétons sera améliorée et le site bénéficiera d’une végétalisation importante.

Les travaux sont programmés début 2021.

Liaison Sennecey-lès-Dijon – Quetigny (800 000 €) Liaison Quetigny – Chevigny-Saint-Sauveur (300 000 €)

Les liaisons cyclables métropolitaines entre Sennecey-lès-Dijon et Quetigny (route de Chevigny) d’une part, et entre Quetigny et Chevigny-Saint-Sauveur (avenue de la Visitation) d’autre part, ont pour objectif de renforcer et de sécuriser les échanges entre les communes de l’Est dijonnais et de les rattacher aux itinéraires structurants déjà existants. La sécurisation sera réalisée par des pistes cyclables. Les aménagements sur la route de Chevigny seront l’occasion d’expérimenter les giratoires « hollandais » où le régime de priorité est favorable aux cycles afin de rendre ce mode de transport plus efficace et plus sécurisé.

Les travaux se dérouleront entre fin 2020 et début 2021.