La symphonie « Italienne » n°4 de Mendelssohn

Compositeur précoce, pianiste et organiste prolifique, chef d’orchestre international, Félix Mendelssohn (1809 – 1847) est une personnalité incontournable de l’ère Romantique qui a contribué à tous les genres musicaux : musique de chambre, musique symphonique et musique pour chœur.

Enfant prodige, Félix Mendelssohn est rapidement remarqué pour ses talents musicaux, en particulier pour le violon, le piano ainsi que la composition. Lors de son passage à Paris, il étudie la musique de Wolfgang Amadeus Mozart et de Jean-Sébastien Bach, deux compositeurs par lesquels Mendelssohn restera fortement influencé tout au long de sa carrière. Il compose à l’âge de seize ans l’Octuor à cordes en mi bémol majeur, l’un des premiers du genre, démontrant à son public un talent de composition incontestable.

Malgré une courte carrière, Mendelssohn a néanmoins réussi à trouver un grand et rapide succès partout en Europe en tant que compositeur et plus particulièrement en Angleterre où sa musique est grandement appréciée par la Reine Victoria et le Prince Albert. Parmi ses contemporains tels que Liszt, Wagner, et Berlioz, Mendelssohn se positionne comme le défenseur d’une musique dite « conservatrice » ; il fonde en 1843 le Conservatoire de Leipzig, lequel devient un bastion de la défense de cette musique.

Au-delà de la composition, Mendelssohn est également un meneur dans la redécouverte au XIXème siècle de la musique baroque, et en particulier de J.S. Bach et Haendel : il dirige en 1829 la Passion selon St Mathieu de Bach (la première représentation depuis la mort du compositeur en 1750), et Le Messie de Haendel en 1833.

La symphonie no 4 en la majeur " Italienne ", op 90 (MWV N16), de Félix Mendelssohn, est une symphonie composée en 1830.

Dans sa tournée à travers le continent européen, Mendelssohn, après l'Allemagne, la France et l'Angleterre, fait escale en Italie au printemps 1830. Il a alors en chantier la Symphonie Ecossaise, inachevée, ainsi que plusieurs autres travaux. Cependant, il tient à entamer un nouvel ouvrage, une symphonie qui, comme celle dédiée aux Highlands écossais, s’inspirera des paysages et des émotions romantiques du compositeur à travers l'Italie. Sa symphonie, achevée en 1833, fut une grande réussite et fut longtemps considérée comme la meilleure du musicien, avant que l’Écossaise ne soit glorifiée elle aussi.

L'œuvre, terminée à Berlin, a été créée à Londres le 13 mai 1833 par la Royal Philharmonic Society.

Les symphonies Écossaise et Italienne sont les deux symphonies les plus célèbres de Mendelssohn.

La symphonie italienne est brillante, légère et pleine de bonne humeur. L'orchestre est ici plus net et clair que dans l’Écossaise, sans pour autant faire preuve de rigidité. Elle dure entre vingt-cinq et trente-cinq minutes et comprend 4 mouvements :

- Allegro vivace, en la majeur,

- Andante con moto, en ré mineur,

- Con moto moderato, en la majeur,

- Saltarello : Presto, en la mineur.

L’Allegro vivace est extrêmement joyeux, évoquant sans doute le charme de la campagne romaine et la chaleur de ses habitants. On y note l’originalité de la présence d’un troisième thème absent de l’exposition (comme Beethoven le fit quelques années plus tôt dans le premier mouvement de sa troisième symphonie "héroïque" et réservé au développement de la traditionnelle forme sonate bithématique qui compose le mouvement).

Le deuxième mouvement, en ré mineur, aurait été inspiré par les mélodies que Mendelssohn aurait entendu chanter par les pèlerins à Rome ; d'ailleurs, le thème principal du mouvement ressemble également au chœur des pèlerins du deuxième mouvement de la symphonie Harold en Italie d'Hector Berlioz.

Quant au troisième mouvement, il s'agit d'une sorte de menuet, lyrique et doux. Le « trio », avec cors et bassons, évoque la chasse.

Le finale, Saltarello impétueux et diabolique, est d’ailleurs une explosion de bonne humeur. Fait rarissime dans l'histoire de la symphonie : L'Italienne, bien qu'en mode majeur, se termine en mineur. Cependant, ce finale, bien qu'en mineur, est d'une dynamique vivace, presque joyeuse.

Cette symphonie inspira visiblement la symphonie en la mineur de Vincent d'Indy, œuvre de jeunesse qui ressemble par plusieurs traits à la symphonie de Mendelssohn : même tonalité, même surnom (Italienne), finale en saltarello.