Un tigre retombe toujours sur ses pattes

Convivialité et solidarité. Ce sont les valeurs de l’association Un tigre au parc. Réunions de quartier, expositions en tout genre, vulgariser un savoir… L’association avait l’habitude d’échanger avec ses visiteurs. Avec le Coronavirus, tous ces regroupements ont été annulés. Pour l’association, il n’est pas question de baisser les bras. Au contraire, trouver des solutions pour maintenir un contact est nécessaire. C’est pourquoi le 3 mai dernier, une visite virtuelle a été organisée lors du septième marché aux plantes.

Un tigre au parc voit le jour il y a huit ans dans le quartier Clémenceau, à Dijon. Son fondateur, Lionel Bard, l’a nommé ainsi en hommage à Georges Clemenceau, celui qui était surnommé « le tigre » en raison de sa férocité et de ses colères rugissantes. Si cette connotation agressive correspond à Georges Clemenceau, ce n’est pas l’image qu’il faut retenir de l’association. Le souhait de Lionel Bard était avant tout de faire de cette association un moment de partage de connaissances par l’intermédiaire de manifestations culturelles. Et grâce au parc qui est propice à toute sorte d’événements en plein air, c’est ici que l’aspect convivial prend tout son sens.

La programmation s’est peaufinée au fur et à mesure. Les manifestations sont très diversifiées et visent à transmettre un savoir. Au programme, une dizaine de manifestations par an : un atelier sur l’astronomie, le marché aux plantes, la fête des voisins, la fête de la musique, le marché aux livres et bandes dessinées, le vide grenier du tigre, le marché art artisanat et création... Solidaire, l’association participe également à d’autres manifestations organisées sur le territoire dijonnais. Par exemple, la fête des trois quartiers, le printemps des bébés lecteurs à Talant... La plupart des événements sont gratuits. En revanche, lors des marchés, l’association fait payer aux exposant un droit pour leur présence, entre trois et quatre euros pour deux mètres linéaires.

Qui dit association, dit bénévoles. Au total, une vingtaine de personnes volontaires gère l’association. Ce sont aussi bien des particuliers que des commerçants. C’est par ailleurs chez le président, Michel Dumont, que les réunions se tiennent. Une cotisation est demandée pour les adhérents, elle s’élève à cinq euros. Bien que cette petite somme permette de maintenir les fonds monétaires de l’association, elle n’est pas suffisante au regard des frais de publicité et d’affiches qui restent conséquents. L’association reçoit l’aide de la ville de Dijon qui l’autorise également à faire des manifestations sur l’espace public.

Malheureusement avec le Coronavirus, le contact avec les visiteurs est totalement inenvisageable au grand regret de Michel Dumont : « Avec les moyens dont nous disposons aujourd’hui, il est possible de réaliser un grand nombre de choses ». Le numérique s’est vite avéré être la solution pour maintenir le marché aux plantes. En proposant à tous les exposants, de réaliser un petit texte, une vidéo, un diaporama sur leurs activités, il crée une nouvelle forme de relation et d’apprentissage. L’idée de cette visite virtuelle est intéressante et pourrait être réitérée à l’avenir pour d’autres événements si les mesures de sécurité ne permettent pas de rassemblement de personnes.

Renoncer à réaliser le marché aux plantes était impossible. Le reporter, n’avait guère de sens non plus. L’ensemble des exposants s’est prêté au jeu et a participé à cette visite virtuelle très enrichissante. Si vous êtes passionné par les plantes, cette visite peut vous intéresser. Des jardins collectifs de l’association Jardinot, à la présentation des plantes comestibles du parc Clemenceau, en passant par la ligue de Protection des oiseaux, tout un ensemble d’exposants vous propose de découvrir, avec le sourire leur raison d’être.

La visite virtuelle du marché aux plantes n’est pas la seule initiative de l’association pendant la période de confinement. Les adhérents de l’association du quartier Clemenceau ont lancé un nouveau jeu. Tous les jours une photo de Dijon était envoyée par mail aux adhérents de l’association Un tigre au parc. Il s’agissait d’une photo modifiée, comportant sept erreurs qu’il fallait retrouver. Une fois le lieu trouvé, des explications historiques et architecturales étaient données. Ce petit jeu avait pour objectif de divertir les habitants du quartier et de redécouvrir le charme de Dijon sous un angle historique.

Alice Capezza