Gilles Clavel : « La relation de confiance avec les clients »

2020 devait être l’année de tous les changements (et les développements) pour Gilles Clavel et ses sociétés : l’entreprise Ailax, bien connue des professionnels pour son savoir-faire dans la signalétique et les enseignes, mais aussi pour Bourgogne Confort by Ailax, œuvrant à l’accessibilité des personnes âgées et des personnes handicapées, tournée, quant à elle, vers les particuliers. Déménagement à Marsannay-la-Côte, ouverture d’un show-room… mais le Covid-19 est arrivé, bousculant tout sur son passage. Gilles Clavel a su, pour ses salariés et ses clients, trouver des solutions. Ainsi distribue-t-il une borne de distribution de gel hydroalcoolique sans contact « brevetée et de fabrication française » que vous devriez voir, dès leur réouverture, entre autres, devant nombre de restaurants et hôtels de Côte-d’Or. Gilles Clavel nous explique comment il a réussi à franchir le cap du confinement…

Dijon l’Hebdo : Alors que 2020, avec l’ouverture d’un show-room à Marsannay-la-Côte début février, devait être l’année du développement, le confinement est venu bousculer – et c’est un euphémisme – vos plans. Comment avez-vous vécu ce coup d’arrêt ?

Gilles Clavel : « Nous avions en effet ouvert dans nos nouveaux locaux de Marsannay un show-room pour Bourgogne Confort fin février que nous avons naturellement été obligés de fermer mi-mars. Après avoir développé avec Ailax des solutions d’accessibilité pour les personnes âgées et les personnes handicapées tournées vers les professionnels, nous avions, en effet, créé Bourgogne Confort afin de répondre aux demandes des particuliers. Et, nous avons pris, comme tout le monde, la première semaine du confinement en pleine figure avec beaucoup d’interrogations, de craintes. Nous avons vécu un vrai confinement en attendant que la lumière se fasse sur la situation. Nous avons petit à petit repris l’activité en effectif réduit afin de voir s’il y avait quelque chose à faire. Nous avons mis à profit cette période de recul obligatoire pour mettre à jour les dossiers, s’adonner à du rangement… Je pense que nous n’avons pas été les seuls à faire cela. Il fallait nous mettre à jour et faire quelque chose de positif. Nous n’avions pas d’autre solution. Nous avons eu, pour notre part, l’opportunité de distribuer cette borne de distribution de gel sans contact. Notre but était d’apporter un autre service, indispensable dans la situation que nous traversions, à nos clients en leur fournissant un distributeur clé en main. Le distributeur seul est une chose mais, eu égard à la pénurie mondiale de flacons ainsi qu’à la difficulté de trouver du gel hydroalcoolique, il était nécessaire de trouver des solutions. Ce distributeur étant considéré comme un mobilier urbain, sa distribution était en plein dans notre activité ».

DLH : Comment avez-vous pu solutionner le manque criant de gel hydroalcoolique ou encore de flacons qui a frappé tout le monde au début de l’épidémie, des hôpitaux aux entreprises en passant par les particuliers ?

G. C. : « Avec notre autre activité, Bourgogne Confort, nous avons un département hygiène qui nous a permis d’avoir un accès rapide à des produits français de gel hydroalcoolique. Il nous manquait alors à trouver les flacons, ce que nous avons réussi à faire. Nous avons eu la chance de réaliser tout cela et de pouvoir ainsi commercialiser notre borne dès la première semaine d’avril. Nous avons commencé doucement, ne sachant pas si cela allait véritablement fonctionner. La réponse est tombée rapidement : c’est parti tout de suite pour ces bornes commercialisées par notre entité Bourgogne Confort by Ailax ! Nous n’avons ainsi pas réussi au début à satisfaire toutes les commandes. A partir de la dernière semaine de mai, nous aurons enfin du stock et nous pourrons répondre tout de suite et livrer nos clients du tac au tac. Nous avons enfin réussi à résorber les ruptures que nous pouvions avoir précédemment. Aujourd’hui, 800 structures se sont déjà tournées vers nous pour ce produit ».

DLH : Un produit que l’on devrait retrouver devant nombre d’hôtels, de restaurants et de cafés de Côte-d’Or…

G. C. : « Nous sommes partenaires depuis quelques années de l’UMIH (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie) grâce à notre spécialisation sur l’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite. Au même titre que des fournisseurs de masques avec qui cette instance a des partenariats, nous avons proposé à l’UMIH cette borne qui leur a semblé intéressante et susceptible de répondre à la problématique du moment. Elle permet de garantir à la fois la protection des salariés et des clients des professionnels de ce secteur, au même titre que le masque. Nous avons fait un tarif spécial pour les adhérents de l’UMIH et c’est à partir de là que nous avons eu de fortes demandes. Nos bornes vont ainsi se retrouver dans les hôtels restaurants de la Côte-d’Or mais aussi autour du département ».

DLH : D’autres institutions se sont-elles également tournées vers vous pour ces bornes ?

G. C. : « Nous avons des demandes des banques qui ont passé d’importantes commandes afin d’équiper leurs agences. Il y aura eu en réalité deux vagues : la première correspondant à la préparation pour protéger les salariés – et ce fut compliqué pour tout le monde d’arriver à trouver du matériel –, la seconde résidant dans l’accueil dans de bonnes conditions des clients. Même si les salariés sont équipés, si les clients ne le sont pas ou même ne sont pas rassurés, cela ne sert à rien. On ne peut pas instaurer une relation de confiance et tenter de faire un peu oublier aux gens la période très compliquée qu’ils traversent. Ce qui est rassurant pour les visiteurs, les clients, c’est de voir que les salariés sont protégés et qu’eux-mêmes ont à leur disposition toutes les protections nécessaires. Ce distributeur de gel sans contact est parfaitement adapté à la situation et rassure les clients, les salariés mais aussi les dirigeants ».

DLH : Quels sont les avantages de votre distributeur par rapport à d’autres que l’on voit fleurir sur le marché ?

G. C. : « C’est un produit développé par un fabriquant français qui a déposé le brevet. Aujourd’hui il y a plus d’une cinquantaine de contrefaçons. Nous, nous distribuons un produit breveté, de fabrication française, correspondant pleinement à notre cœur de métier puisque nous sommes du domaine avec, en plus, une autre activité qui nous permet d’acheminer du gel hydroalcoolique à nos clients. Nombre d’entre eux, nombre d’organisations se tournent vers nous car ils sont sensibles au fait que ce produit soit breveté et réalisé dans l’Hexagone… »

DLH : Quel est le tarif de ce distributeur de gel sans contact ?

G. C. : « Nous avons réussi à respecter les barèmes imposés par l’Etat en terme de prix, si bien que nous le proposons à un tarif des plus intéressants : 275 € HT. Notre volonté était qu’il soit accessible à tous. Et l’expression « on livre au cul du camion » prend ici tout son sens : dans chaque département, nous organisons des points de livraison où nos clients viennent chercher le matériel. Ce qui fait qu’ils bénéficient d’une livraison à moindre coût. Mais cela nous a permis aussi de conserver le lien avec nos clients ».

DLH : La Gendarmerie vous a remercié pour des dons de gel hydroalcoolique. Vous avez donc aussi apporté votre pierre à la solidarité durant cette sombre période ?

G. C. : « Nous avons cherché de notre côté comment nous pouvions aider nos clients. Au début, avec tous les masques que nous vendions et les 25 centimes que nous gagnions, nous avons décidé d’offrir des flacons de gel hydroalcoolique. C’est ainsi que nous avons voulu montrer notre solidarité. Nous en avons par exemple offert à la Gendarmerie de la Marne et le message de remerciement sur leur page Facebook nous a fait plaisir. Mais nous en donnons à nos postiers, à nos transporteurs, aux éboueurs, à la boulangère, à des mairies de petites communes. Ce n’est pas grand-chose mais on l’a fait avec notre propre argent et cela fait du bien à la fois pour les personnes qui en ont bénéficié… et pour nous ! »

DLH : La commercialisation de cette borne vous a-t-elle permis de remettre vos salariés au travail ?

G. C. : « Oui ! Et, en plus, nous donnons du travail à d’autres entreprises en nous procurant des flacons, en nous tournant vers le transport, en achetant des étiquettes, du gel, des fournitures… On s’aperçoit aujourd’hui que la chaîne locale est capitale. On a des idées, on peut faire du local… »

DLH : Alors que la France est en pleine récession économique et que de nombreuses incertitudes planent sur la reprise, comment envisagez-vous l’avenir ?

G. C. : « Nous sommes en train de développer un nouveau système destiné à l’ouverture de portes sans contact. Le but sera d’éviter à nos clients de nettoyer en permanence leurs poignées de porte, ce qui leur permettra de réaliser des économies… »

 

Propos recueillis par Camille Gablo

Pour plus de renseignements : bourgogneconfort.fr

tél. 03.80.66.24.00.