La Ville distribue samedi 9 et dimanche 10 mai trois masques à l’ensemble des Dijonnais. Ceux-ci sont à retirer par l’ensemble des habitants au sein des bureaux de vote. Le maire et président de Dijon métropole, François Rebsamen, explique dans nos colonnes l’importance du port de masque, notamment sur l’espace public, alors même que le gouvernement ne l’a pas encore rendu obligatoire. Il faut dire qu’au sujet des masques, le premier magistrat n’a pas épargné la gestion gouvernementale. Découvrez, dans nos colonnes, le programme de déconfinement dijonnais, qualifié d’ « immense défi », dans les transports, les écoles, les crèches, les musées, les bibliothèques, etc. Bienvenue dans le monde d’après…
Reprise progressive et indispensable de l’école, remise sur les rail des transports publics, réouverture des crèches, des bibliothèques ou encore des musées… le maire de Dijon, François Rebsamen, a détaillé le déconfinement qu’il souhaite « intelligent et non punitif », autrement dit dans « une recherche constante de compréhension positive qui lui semble être la base de la confiance nécessaire ». Le premier magistrat a également précisé, lors de son intervention sur les réseaux sociaux, les modalités de distribution des masques aux Dijonnais. Un sujet majeur sur lequel l’édile socialiste n’a pas manqué de fustiger l’attitude du gouvernement : « On nous a dit que les masques n’étaient pas nécessaires. En réalité, on nous l’a dit parce que nous n’en avions pas. Je le regrette ! » Tout en recommandant le port du masque sur l’espace public, qui n’a pas été encore rendu obligatoire par le gouvernement, François Rebsamen a prévenu : « Le déconfinement qui s’annonce est un immense défi. Nous n’en mesurerons que progressivement toutes les dimensions, tant il est complexe de concevoir notre vie quotidienne durablement organisée autour de consignes sanitaires strictes et de mesures de distanciation sociale, qui sont en quelque sorte contre nature ».
« Pas un déconfinement punitif mais un déconfinement intelligent »
François Rebsamen : « Cette situation nouvelle fait peser sur notre vie sociale un niveau très élevé de contraintes et de règles à respecter pour lesquelles il nous faut inventer des solutions, elles-aussi nouvelles. Cette période, je l’aborde en tant que maire avec sérénité et confiance dans nos capacités à élaborer des solutions et à les mettre progressivement en œuvre, selon le terme employé par le Premier ministre. Vous connaissez mon franc-parler, et vous m’entendez quelquefois m’exprimer avec véhémence contre telle ou telle décision nationale lorsqu’elle ne m’apparaît pas bonne pour nos concitoyens. Si vous écoutez bien, vous m’entendez également, parfois, saluer des décisions, lorsque je les considère comme positives. Car le respect des institutions n’interdit pas la critique et la période a beau être d’une extraordinaire complexité, il m’apparaît fondamental de ne pas renoncer à notre capacité d’analyse, voire de critique. Il y a même là quelque chose de sain, pour la démocratie. A condition, naturellement, d’être en mesure de proposer des solutions et d’améliorer les choses, lorsque c’est possible. Pour ma part, je pense qu’on ne peut réussir à franchir les épreuves qui sont devant nous qu’avec un certain niveau d’adhésion populaire. Mais je ne confonds pas adhésion avec obéissance, et encore moins avec passivité. Aussi, je souhaite que ce déconfinement ne soit pas un déconfinement punitif, mais un déconfinement intelligent, qu’il s’inscrive dans une recherche constante de compréhension positive qui me semble être la base de la confiance nécessaire ».
« Le soutien à l’économie et à la culture »
François Rebsamen : « L’économie et la culture, ces deux grands domaines sont aussi au cœur de mes préoccupations et de l’engagement que nous devrons avoir pour l’avenir. Nous aurons besoin de soutenir nos entrepreneurs locaux, nos commerces, et tous nos acteurs culturels qui sont des milliers, et sans doute les plus fragiles. Je nous mets en garde contre une société qui, en temps de crise grave, relèguerait la culture au rang de l’inutile. L’économie devra repartir, impérativement, et bénéficier du soutien de l’Etat. Mais notre horizon ne pourra être seulement celui des biens de consommation. Ce qui fait notre identité, ce qui donne sens à notre civilisation, c’est la création, c’est la culture. Il faudra s’en souvenir et être au rendez-vous. Dès lundi 11 mai, nous rouvrirons les bibliothèques de la ville, et les musées. Certes avec des gestes barrières et des mesures sanitaires. Certes progressivement. Mais j’ai encore l’espoir, symboliquement, de pouvoir rouvrir le musée des Beaux-Arts le 17 mai, un an jour pour jour après cette magnifique inauguration que nous avions vécue comme un grand moment de fête partagée. Évidemment en respectant les gestes barrière. Évidemment avec un nombre restreint de visiteurs, probablement dans un premier temps pour des petits groupes et sur inscription. Ce musée est un tel symbole pour notre ville et son rayonnement, que j’en serais infiniment heureux ! »
« Masques : le gouvernement nous a menti »
François Rebsamen : « La confiance a manqué sur un point particulier, depuis le début de la crise : la question des masques. On nous a dit qu’ils n’étaient pas nécessaires. En réalité, on nous l’a dit parce que nous n’en avions pas. Je le regrette. J’ai employé des termes parfois un peu durs pour dire que le gouvernement nous avait menti. C’est un fait. Mon objectif n’est pas de le blâmer. Il est au contraire de réclamer – et de pratiquer – la transparence et la franchise indispensables, comme bases de la confiance pour aborder cette nouvelle période d’une manière qui ne soit, pour les citoyens que nous sommes, ni infantilisante, ni punitive ».
« Trois masques de protection pour chaque Dijonnais »
François Rebsamen : « Au sujet des masques, la Ville a passé des commandes importantes. Le manque de masques à disposition d’abord des soignants et du personnel des EHPAD, puis de la population, m’a conduit à prendre la décision, au nom de la municipalité, de commander d’une part des masques dits « chirurgicaux » en lien avec la Région, et d’autre part des masques dits « grand public », en tissu lavable et réutilisables. Le but est que chaque Dijonnais puisse disposer de trois masques de protection offerts par la ville, pour faire face dans de bonnes conditions aux premiers jours du déconfinement ».
« Masques : Les modalités de distribution »
François Rebsamen : « La distribution des masques se fera sur deux jours, samedi 9 et dimanche 10 mai. Elle se fera sur les sites correspondant aux lieux habituels de votre bureau de vote. Pour toutes les distributions, qui interviendront dans les groupes scolaires, elles se dérouleront évidemment en extérieur sous préau ou tente pour ne pas perturber la préparation de la reprise scolaire. Il sera distribué un kit de 3 masques par habitants, de type chirurgical et en tissu lavable. Pour le retrait, vous devrez vous munir de votre carte d’identité ainsi que d’une pièce d’identité pour chacune des personnes vivant dans votre foyer. Je recommande, bien évidemment, qu’une seule personne se déplace par famille. Si l’un de vos proches ne peut se déplacer lui-même pour retirer ses masques, vous pourrez le faire pour lui à condition d’aller dans son bureau de vote avec sa carte d’identité. Inversement, si vous ne pouvez vous déplacer, un proche pourra le faire pour vous. Il devra se rendre dans votre bureau de vote et présenter votre carte d’identité.
Si vous n’êtes pas inscrit sur les listes électorales – cela peut arriver aussi : alors rendez-vous sur le site Internet de la ville, entrez votre adresse pour trouver le lieu du bureau de vote qui sera aussi le lieu de retrait correspondant à votre adresse. Évidemment, pour venir, n’oubliez pas votre attestation de sortie, en cochant la case Achats de première nécessité ».
« Retrait des masques : Des horaires différenciés »
François Rebsamen : « Le principe général est le suivant : vous devrez impérativement vous déplacer dans votre bureau de vote, un jour précis et sur une tranche horaire précise, déterminée par la première lettre de votre nom de famille d’usage : Si votre nom commence par la lettre A ou B : vous devrez retirer vos masques le samedi 9, entre 9 h et 12 h, uniquement ce jour-là et à cet horaire précis. Si votre nom commence par C ou D : vous devrez retirer vos masques le samedi et uniquement le samedi, de 13 h à 16 h et uniquement à ces horaires. De la lettre E à la lettre J, vous devrez vous présenter le samedi de 16 h à 19 h. De K à M, vous devrez vous présenter le dimanche, de 9h à 12h. De N à R, vous devrez vous présenter le dimanche de 13 h à 15 h. En fin, de S à Z, vous devrez vous présenter le dimanche entre 15 h et 17 h. C’est une organisation assez complexe que je vous demande absolument de respecter. C’est ainsi que la plupart des grandes villes procèdent. Cela demande une certaine discipline. Les masques vous seront remis par des équipes composées d’élus municipaux, de tous les élus municipaux volontaires, et du personnel municipal volontaire ».
« Une plateforme bénévole de confection de masques »
François Rebsamen : « Je vous rappelle que nous avons également ouvert sur Internet une plateforme bénévole de confection de masques. Plus de 100 personnes sont déjà inscrites pour couper ou coudre des masques, cela se fera avec les maisons de quartiers. Il n’est pas trop tard, vous pouvez vous inscrire. Les masques ainsi confectionnés seront distribués aux associations, et aux publics les plus démunis lorsqu’ils en auront besoin, y compris naturellement les personnes sans domicile qui, elles aussi, doivent pouvoir se protéger ».
« Favorable au port du masque sur l’espace public »
François Rebsamen : « Le port du masque n’a pas encore été rendu obligatoire par le gouvernement sur l’espace public, mais seulement dans les transports. L’un des maires de France qui avait pris un arrêté pour le rendre obligatoire a vu son arrêté cassé par le tribunal administratif. L’obligation n’est donc pas possible car elle n’est pas légale. Mais pour ma part, je veux être clair : je recommande absolument le port du masque sur l’espace public, le plus largement si ce n’est partout. Je crois que c’est une précaution que nous nous devons de prendre. Pour la Ville, je vous l’annonce, il sera obligatoire pour entrer dans les bibliothèques et les musées, et pour se rendre sur le marché des Halles. Il me semble que le masque, comme les gestes barrière, devra entrer dans nos habitudes. Comme un geste de protection bienveillant, nécessaire à notre protection et tourné vers la protection des autres. Car nous allons devoir vivre avec ce virus. Cela fait partie de ce déconfinement intelligent que j’appelle de mes vœux ».
« Incompréhension sur la fermeture des parcs »
François Rebsamen : « J’ai, comme vous, beaucoup de mal à comprendre l’obligation qui demeure de la fermeture des parcs et des combes. Si l’on peut se rendre dans les supermarchés, pourquoi, les citoyens ne seraient-ils pas suffisamment responsables pour respecter dans les parcs et les combes de Dijon autrement plus vastes, les distances qui s’imposent dans les grandes surfaces ? Je pense que la réouverture des jardins et de ces grands espaces de nature nous aiderait à supporter la contrainte qui s’impose sur d’autres plans. Tous les Dijonnais ont, à moins d’un kilomètre de leur domicile c’est à dire à l’intérieur du périmètre autorisé, des parcs et jardins dans lesquels, surtout lorsqu’ils habitent en appartement, ils aimeraient pouvoir passer un moment de détente. Sans excès bien sûr. J’ai bon espoir… j’en ai parlé avec le Préfet, de la même manière que nous avions pu obtenir la réouverture des jardins familiaux, j’espère que nous y arriverons dans les prochains jours ».
« Ecoles : Nous serons prêts »
François Rebsamen : « L’espoir, c’est la raison pour laquelle j’ai accueilli de manière positive l’annonce de la réouverture des écoles, avec une pré-rentrée le 11 mai pour les équipes enseignantes, puis un accueil des enfants, progressivement, à partir du jeudi 14 mai. Bien sûr, l’école demeure de la compétence de l’Education nationale. Mais la mairie, en charge des locaux et de tout le personnel d’accompagnement scolaire et périscolaire, mettra tout en œuvre comme c’est son rôle et sa compétence, pour réussir, en sécurité, cette reprise de l’école, selon les consignes édictées par le ministre de l’Education nationale et le gouvernement. Ces consignes ne sont pas toujours claires, c’est vrai. Il y a parfois des ordres et des contre-ordres qui compliquent un peu la tâche dans une situation déjà suffisamment difficile. Mais nous seront prêts, je veux absolument rassurer les parents. Chers Dijonnaises, chers Dijonnais, vous pouvez, vous pourrez, petit à petit, remettre vos enfants à l’école. Les consignes seront respectées, pas plus de 15 élèves par classe – j’ai d’ailleurs salué à plusieurs reprises le fait que dans les quartiers « politique de la ville », les classes de CP et de CE1 ont déjà été dédoublées depuis deux ans. Donc, pour être concrets : d’ici le 14 mai, à partir de jeudi 7 mai exactement, nous aurons nettoyé et désinfecté les établissements scolaires, et nous rouvrirons les écoles, le périscolaire et la restauration scolaire. Outre ceux des parents volontaires, les enfants du personnel soignant et des publics participant à l’organisation des services de sécurité resteront prioritaires : pompiers, gendarmerie, police nationale et municipale, et je le souhaite aussi, personnel municipal ».
« De très grands risques de décrochages scolaires »
François Rebsamen : « La réouverture des écoles, je la crois indispensable. Pour les enfants, pour les parents qui travaillent, tout simplement pour la reprise de notre vie sociale et économique. Les deux mois que nous venons de vivre sans école ont été très difficiles pour certains enfants, et pour certains parents. J’ai entendu beaucoup de témoignages à ce sujet. L’école est le lieu par excellence d’un brassage social et de l’accès égal à des apprentissages dont l’absence fait peser de très grands risques de décrochage pour certains. Tout se passe dès la petite enfance. Et tous les enfants n’ont pas, à la maison, un père et une mère qui peuvent les accompagner sur le plan scolaire. Et l’école, en plus des apprentissages scolaires, c’est l’espace de socialisation et d’acquisition des valeurs du vivre ensemble le plus important qui soit. Je crois aussi, d’une certaine manière, que l’école protège. Je sais qu’elle protège certains enfants dont les conditions de vie familiale sont parfois très dures. Je sais qu’elle assure aux enfants un repas équilibré et très peu coûteux pour les parents. Cette période sans école, autre que l’enseignement à distance, et donc sans restauration scolaire a pesé très lourd sur le budget de certaines familles. Je vous annonce qu’il n’y aura aucune facturation de restauration scolaire, pour tout le 1er semestre de janvier aux congés d’été, pour toutes les familles dont le revenu total est inférieur à 1 200 € par mois. C’est une mesure sociale de solidarité. Nous en prendrons d’autres dans les semaines à venir ».
« Du cousu main dans les crèches »
François Rebsamen : « A partir du 11 mai aussi, nous rouvrirons progressivement les crèches. Toujours selon les consignes nationales, il n’y aura pas plus de 10 enfants par groupe. Nous privilégierons l’accueil des jeunes enfants de parents qui travaillent, que ce soit pour les familles monoparentales ou pour les couples. Là encore, je rassure les jeunes parents : ils seront contactés individuellement pour voir quelle solution est la plus appropriée pour eux. En quelque sorte, nous allons faire du cousu main ».
« Les transports reprendront à 75 % »
François Rebsamen : « Pour que les enfants puissent retourner à l’école, pour que leurs parents puissent reprendre le travail, nous allons remettre en route les transports en commun, avec un niveau de service beaucoup plus importants. Pour reprendre le travail, comme les autres, il faut aussi que les personnels de Divia puissent laisser leurs enfants à l’école et désormais, ils le pourront. Dès le 11 mai, le service des transports reprendra donc, dans un premier temps à 75%. Vous en trouverez les horaires et les modalités précises sur le site de Divia. Je veux remercier tout le personnel de Divia qui est mobilisé, qui assure le nettoyage des rames, et une organisation qui vise à respecter les distances sociales. Vous l’avez entendu dans les annonces du gouvernement, le port du masque sera obligatoire dans les transports. Il y aura des contrôles renforcés dans un premier temps. Je pense que nous prendrons tous l’habitude de nous déplacer avec un masque, qui sont des équipements de protection indispensables ».
Camille Gablo
Pour toutes questions et précisions supplémentaires sur le retrait des masques pour chaque Dijonnais, rendez-vous sur le site de la ville www.dijon.fr





