C’est un véritable souffle d’humanité dont nous allons nous faire l’écho. Et celui-ci fait battre le cœur de la commune de Massingy-les-Vitteaux. En pleine guerre contre le Covid-19, cela fait un bien fou. Lisez plutôt…
Les inconditionnels d’Hugo Pratt ont, qui sait, durant cette période de confinement, redécouvert avec bonheur les aventures de leur héros préféré, Corto Maltese pour ne pas le citer. Mais peut-être se sont-ils aussi replongés dans un album moins connu de l’auteur de BD italien : « Ernie Pike, Reporter de guerre ». Si tel est le cas, ils ont, à n’en pas douter, apprécié l’histoire des sonneurs de cornemuse écossais qui accompagnaient la charge des soldats alliés sous les balles nazies lors de la seconde Guerre mondiale. Alors qu’une autre forme de guerre bat son plein (celle sanitaire contre le Coronavirus), nous avons nous aussi une très belle histoire (tout aussi vraie) à vous relater, où le sonneur de cornemuse n’est autre que le maire d’une commune de Côte-d’Or. Jean-Michel Pétréau, premier magistrat de Massingy-les-Vitteaux, petit village d’une centaine d’âmes du canton de Vitteaux, se plaît, en effet, à jouer de cet instrument polyphonique sur les chemins de sa commune. Une performance particulièrement appréciée par ses administrés qui, en respectant la distanciation sociale et les gestes barrières naturellement, le manifestent en sortant l’applaudir. Ne nous étonnons pas ainsi que cet élu ait été brillamment reconduit à son poste de maire avec pas moins de 91,07 % des suffrages le 15 mars dernier. Un score (que d’aucuns qualifieraient d’africain, mais nous sommes bien loin là de l’Ecosse et nous vous rappelons que les frontières sont actuellement malheureusement fermées) qui prend une dimension supplémentaire, lorsque l’on sait que, dans cette commune, la participation a atteint 83,58 % ! Mais revenons à nos moutons… écossais (nous aurions pu écrire nos shetlands !) : « La musique est essentielle dans cette période sombre. C’est un message d’espérance universel. Alors que le climat est particulièrement anxiogène, ce sont de véritables notes d’optimisme », explique ce maire-mélomane… pas tout à fait comme les autres. Et nous n’écrivons pas cela parce qu’il sonne aussi de la trompe de chasse ou parce qu’il a un goût prononcé pour la tenue écossaise par excellence : le kilt ! Non il ne revêt pas le costume traditionnel des Highlands (ndlr : les hautes terres d’Ecosse) et ses tartans colorés lorsqu’il confère un petit côté celtique à sa commune de Massingy. Avec la fraternité et la solidarité inscrites dans ses gènes, le vice-président du Pays de l’Auxois-Morvan a également érigé sur son territoire communal quelques petites pancartes où l’on peut lire « Merci ! » Un message adressé à toutes celles et à tous ceux qui sont actuellement en première ligne sur le front : les médecins, les infirmières, les aides soignantes, les caissières…
Pour la rédaction de Dijon l’Hebdo, Jean-Michel Pétréau est notre Bill Millin à nous, ce soldat écossais qui a été rendu célèbre par le film Le Jour le plus long (alors que le confinement perdure, cette œuvre cinématographique prend, chaque jour, un peu plus de sens !). Rappelez-vous : c’est grâce à la musique de « piper Bill » que les troupes britanniques ont pu, regonflées, prendre le Pegasus Bridge. Tel était le nom de code du pont situé entre Bénouville et Ranville en Normandie. C’était le 6 juin 1944… et c’était une autre guerre.
Revenons au temps présent et à notre conclusion qui s’impose d’elle-même : « Merci Jean-Michel Pétréau ! »
Camille Gablo



