Guillaume Ruet : « La Ville fait face ! »

Guillaume Ruet, maire sortant de Chevigny-Saint-Sauveur, n’a pas profité des joies de son score sans appel (65,59%) au soir du premier tour des élections municipales le 15 mars dernier. Depuis, le premier magistrat multiplie, en effet, les initiatives afin que ses concitoyens puissent vivre au mieux la difficile période de confinement…

Dijon l’Hebdo : Quel bilan faites-vous de ces premières semaines de confinement sur votre commune ?

Guillaume Ruet : « Depuis le début de la période de confinement, la Ville de Chevigny-Saint-Sauveur fait face. En tant que maire, on est en première ligne. Nous avons fermé les portes des services publics et nous les avons mis, je dirais, en mode réduit. C’est à dire que nous avons fait un service d’astreinte pour que l’Etat civil, le Centre communal d’action sociale (CCAS), etc. soient renvoyés vers des agents sur leurs téléphones portables. En relation avec la Gendarmerie, nous faisons, avec la Police municipale, respecter les consignes de confinement, quitte à verbaliser. Dans l’ensemble, nous pouvons constater que les règles sont plutôt bien respectées. Il reste toujours un petit nombre qu’il faut rappeler à l’ordre mais la grande majorité des Chevignois a respecté le confinement ».

DLH : Comment avez-vous organisé le travail des 180 agents de la commune afin de faire front face au Covid-19 ?

G. R. : « Nous avons mis très rapidement nos chefs de service en mode télétravail. Ils passent de temps en temps à la mairie mais ils disposent de leur poste de travail à domicile. Ils œuvrent à distance et sont joignables en permanence. La Police municipale est également joignable… Il nous a été demandé – et c’était vital dans la situation – d’organiser l’accueil des enfants des personnels soignants. Cela concerne une vingtaine d’enfants sur Chevigny, y compris le week-end, pour lesquels nous avons mis à disposition le groupe scolaire Ez-Allouères. Il était nécessaire de nous adapter pour offrir évidemment ce service au personnel soignant ».

DLH : Vous avez également souhaité que le CCAS soit aux côtés des personnes âgées isolées…

G. R. : « Nous disposons d’un listing des personnes âgées afin de les appeler durant des périodes comme la canicule. Nous avons ainsi joint l’ensemble des personnes de plus de 65 ans dont nous avions le numéro afin de voir si elles allaient bien, si elles avaient des besoins particuliers. Dans l’ensemble, nous avons constaté que la solidarité familiale ou de voisinage fonctionnait à plein. Cependant, pour une quinzaine d’entre elles, nous avons missionné des bénévoles pour les ravitailler, pour aller leur chercher des médicaments. Ce sont surtout des élus qui les aident ».

DLH : Le Point information jeunesse est-il, lui aussi, en contact avec les nouvelles générations ?

G. R. : « Nos chefs de service animent à distance les réseaux sociaux. Le PIJ continue ainsi à alimenter ces canaux afin d’essayer de garder le lien avec notre jeunesse. Le confinement ne doit pas aboutir à une rupture de ce lien car, sinon, l’après-confinement sera très compliqué. Aussi poursuivons-nous notre communication auprès de ce public via les réseaux sociaux, les mails pour dire que la vie continue… »

DLH : Les Chevignois participent-ils activement aux manifestations de solidarité envers les professionnels de santé chaque soir à 20 heures ?

G. R. : « Nous avons des manifestations de gratitude vis-à-vis du personnel soignant, que ce soit des applaudissements à 20 h, des dessins aux fenêtres, des banderoles devant le collège… Je pense que cela fait chaud au cœur aux professionnels de santé. Cela montre également que la gravité de la crise est comprise. Le coronavirus n’est pas virtuel, il est concret et des personnes sont en première ligne. Il faudra après la crise leur adresser des remerciements à leur juste valeur ! »

DLH : Est-ce pour éviter la crise économique, corollaire de la crise sanitaire, que vous avez appelé à soutenir les commerces de proximité ?

G. R. : « Nous avons un petit centre-ville et nos commerces sont impactés. Ils prennent de plein fouet la crise. Si on ne joue pas le jeu du commerce de proximité, tous ne s’en remettront pas. Il faut vraiment les aider. Et ce, en faisant nos courses dans ceux qui sont restés ouverts pendant la crise mais aussi après… C’est réellement essentiel ! »

DLH : Sur un plan plus politique, comment jugez-vous la gestion de la crise par le gouvernement ?

G. R. : « Le contexte d’union sacrée doit prévaloir et je ne veux pas me lancer dans des polémiques politiciennes. Ce n’est pas le moment. Il faudra que le bilan soit fait mais celui-ci devra intervenir après la crise. Aujourd’hui, il faut se serrer les coudes et faire face. Nous devons aider les personnes en difficulté et c’est au gouvernement de gérer la crise sanitaire ».

DLH : Dans notre dernier numéro, le président de la métropole et maire de Dijon, François Rebsamen, a estimé que « les maires étaient les plus à mêmes pour estimer, en lien avec le préfet, les solutions en proximité à apporter » dans le cadre de cette crise également. Qu’en pensez-vous ?

G. R. : « Nous voyons bien le besoin de proximité. Lorsqu’il y a une crise, l’Etat s’appuie systématiquement sur les maires qui représentent l’échelon de proximité par excellence. Depuis les gilets jaunes et encore plus avec cette crise-là, on voit bien que les maires sont incontournables et qu’il faut renforcer leur rôle. C’est l’échelon de proximité qui a la confiance de nos concitoyens et il faut agir au plus près pour être efficace ».

DLH : Quel message souhaitez-vous adresser à vos concitoyens alors que la période de confinement s’allonge ?

G. R. : « Je veux leur dire de prendre soin d’eux, de leur famille. Restez chez vous, protégez vous… Le confinement, ce n’est pas une option, c’est une obligation. Soyez patient. Il est vrai que le confinement est long pour tout le monde mais il permet de sauver des vies. Il faut en passer par là ! »

Propos recueillis par Camille Gablo