Johannes Brahms

Le dimanche 22 décembre à 15 heures à l’Auditorium de Dijon, le Chœur de l’Opéra de Dijon quittera les salons et leurs délicates effluves pour la pleine nature et les parfums sublimes et nostalgiques d’une belle nuit romantique avec les œuvres de Brahms, Mendelssohn Schumann et Rheinberger.

Johannes Brahms est un compositeur qui se situe à la charnière entre le classicisme et le romantisme : il compose une musique romantique dans son expression, mais reste attaché aux grands maîtres préclassiques et classiques dans la structure solide de son écriture. Le père de Johannes Brahms, Johann Jakob (1806-1872), lui apprit à jouer de plusieurs instruments : flûte, cor, violon et contrebasse. En 1830, le jeune Johannes intègre une fanfare locale comme corniste. Il intervient également comme flûtiste et contrebassiste dans lorchestre de la Philharmonie association musicale d'amateurs ou de professionnels de Hambourg, destinée à donner des concerts. Les conditions de vie de la famille Brahms sont précaires mais celle-ci vit dans le quartier respectable de la classe moyenne. Le jeune homme reçoit dailleurs un solide enseignement. Il étudie lhistoire, les mathématiques, le français, langlais et le latin. En outre, cest un avide lecteur. Cet amour des livres ne quittera jamais Brahms dont la bibliothèque, à la fin de sa vie, contient plus de 800 volumes. Parallèlement à ses journées d’écolier, Johannes apprend les premiers rudiments de la musique avec son père puis il prend des leçons particulières de piano et de violoncelle. La famille dispose déjà dun piano et fait lacquisition dun violoncelle pour loccasion. Après quelques années, un professeur de renom laccepte comme élève. Johannes continue donc l’étude du piano, complétée par un apprentissage théorique de la musique. Dans cette classe, il découvre Johann Sebastian Bach (1685-1750) et les compositeurs classiques viennois Haydn (1732-1809), Mozart (1756-1791) et Beethoven (1770-1827)

Un caractère romantique passionné et réservé

La vigueur et la fougue dont fait preuve le jeune Brahms au piano répondent à son enthousiasme pour la poésie romantique allemande qui donne vie aux rêves mais laisse aussi s’épancher la nostalgie de l’être. Cest l’époque de la valorisation du folklore tant littéraire que musical, des contes et légendes germaniques et des danses et mélodies populaires.
1853 est une année charnière dans la vie de Johannes Brahms. Sa vingtième année est consacrée à une tournée de concerts en Allemagne. Il rencontre les grands compositeurs de son temps : Franz Liszt, Hector Berlioz, Robert et Clara Schumann. Fait remarquable, Robert Schumann, suite à cette rencontre, écrit dans son journal à la date du 30 septembre : « Brahms est venu me voir, un génie ».

Encouragé par son aîné, Brahms persévère dans la composition mais nen approfondit pas pour autant l’étude. Il apprend le contrepoint, explore le répertoire de la musique ancienne et compose pour lorchestre deux Sérénades (lop. 11 et lop. 16) et le Concerto pour piano n° 1 dont le deuxième mouvement (Adagio) serait un « portrait délicat » de Clara Schumann.

Pour gagner sa vie, il donne des concerts en tant que pianiste puis comme chef dorchestre. Sa renommée sur le continent traverse les frontières et même locéan puisque jusquaux États-Unis, le musicien allemand est admiré. Afin d’être libre de composer à sa guise, Brahms refuse des postes importants à la tête dinstitutions musicales. Toutefois, en 1862, il accepte le poste de directeur de lAcadémie de chant de Vienne puisque celui de la Philharmonie de Hambourg, quil brigue depuis un moment, lui échappe.

En 1872, il devient directeur des concerts de la Société des Amis de la Musique de Vienne et en rénove le fonctionnement. En effet, il remplace les musiciens amateurs de lorchestre par des professionnels et augmente le nombre dheures de répétition. Là-encore, il enrichit le répertoire de musique ancienne mais également de pièces de ses contemporains.

Cest dans la ville de Vienne quil fait la rencontre de Richard Wagner, compositeur dont il admire et défend la musique, bien que la réciproque ne soit pas vraie. En 1870, à Munich, il assista dailleurs aux premières de deux opéras de Wagner : LOr du Rhin et La Walkyrie.

L’imagination créatrice contenue

Brahms ne renouvelle pas les formes classiques de la musique, il compose selon les formations et les modèles existants. Mais ce moule formel classique est investi par son approfondissement du développement, sa faculté de faire durer la musique, comme le romancier qui ne se contente pas de quelques phrases pour raconter son histoire tel quinventé par Beethoven. Nombreuses sont ses œuvres lyriques, autrement dit : œuvres vocales et que l'on nomme lieder ou cantates par exemple composées daprès un texte littéraire. À celles-ci sajoutent les pièces instrumentales dont le thème est tiré dun lied.

À la fin de sa vie, Johannes Brahms se retire de la vie publique. Sa rencontre avec le clarinettiste Richard Mühlfeld revêt une importance particulière. En effet, cette amitié et la redécouverte dun instrument au timbre velouté, la clarinette, stimulent limagination du compositeur. Il écrit en hommage à cet ami plusieurs pièces de musique de chambre empreintes dune profonde mais sereine mélancolie. De cet esprit sont à rapprocher ses dernières pièces pour piano, miniatures qui signent elles aussi le testament musical de lAllemand du nord tombé amoureux de lItalie et de la lumière des Alpes autrichiennes.