Dijon en Ligue 1 pour les Travaux publics

L’ESTP Paris a accueilli sa première promotion d’élèves ingénieurs dans l’ancien bâtiment de la CPAM au cœur du quartier des Grésilles. En attendant, à la rentrée 2021, d’intégrer un campus particulièrement contemporain et innovant qu’elle partagera avec l’Ecole supérieure d’électronique de l’Ouest (ESEO). Retour sur le coup d’envoi de l’ESTP à Dijon… qui s’est apparenté à un grand moment sur le terrain local de l’enseignement supérieur.

Sil fallait un symbole de lattractivité ainsi que de l’évolution urbanistique de Dijon, ce pourrait être, sans conteste, celui-ci : à savoir louverture de lESTP Paris sur la place des Savoirs. Et pour cause : cette grande école formant en France le plus grand nombre de cadres dans le domaine de la construction et de laménagement urbain a, en effet, choisi la capitale régionale pour ouvrir son 2e campus en région (après Troyes). Et, en attendant le nouveau bâtiment quelle partagera, à la rentrée 2021 sur le campus avec une nouvelle école dingénieurs qui a, elle aussi, jeté son dévolu sur Dijon, ESEO (Ecole supérieure d’électronique de lOuest), elle sest implantée au cœur des Grésilles. Un quartier qui, après une rénovation urbaine denvergure, a considérablement évolué au cours des deux dernières décennies.

Lassistance nombreuse présente lors de cette inauguration dans les anciens locaux de la Caisse primaire dassurance maladie (elle a, quant à elle, rejoint le parc Valmy) a témoigné, si besoin était, de limportance de l’événement. François-Xavier Clédat, président du conseil dadministration de lESTP Paris, a ainsi expliqué que « c’était une étape importante pour la vie de l’école comme pour Dijon qui la accueillie à bras ouvert ». Non sans ajouter : « Cest la concrétisation de la mise en œuvre de notre projet stratégique qui répond à l’évolution des métiers de la construction ainsi quau besoin de recrutement de cadres ».

« Dijon capitale sportive ! »

A ses côtés, la directrice générale dESTP Paris, Florence Darmont, tout en détaillant la première promotion de 36 élèves de première année ainsi que 5 élèves de dernière année, sest félicitée davoir relever « le défi de cette implantation en moins de deux ans dans une métropole dynamique permettant de placer le numérique au cœur de lacte de construire ». Une option Smart City, en lien, bien évidemment, avec le projet de ville connectée On Dijon, est ainsi inscrite au cursus des étudiants optant pour lantenne dijonnaise, qui, dans les 5 ans, devrait compter 300 jeunes.

Une initiative qui ne pouvait quenthousiasmer le représentant du conseil régional, Denis Hameau, puisquil nest autre, au demeurant, que le Monsieur On Dijon de la métropole : « Nous avons là des projets davenir en lien avec la smart building. Notre territoire régional a la chance davoir des villes dynamiques et il y a un capitaine, cest Dijon métropole ! »

La notion de capitanat a certainement suscité des idées au maire de Dijon, François Rebsamen, qui, avec humour, a débuté son intervention par une référence footballistique à destination des Parisiens ayant fait le déplacement en force : « Dijon, cest la capitale économique, c’est la capitale sociale, la capitale écologique, la capitale culturelle. Mais Dijon, cest aussi la capitale sportive. Nous lavons montré récemment à nos amis du PSG (ndlr : victoire 2 à 1 du DFCO) ! » Lancien ministre du Travail na pas manqué de rappeler également : « Nous construisons 1000 logements chaque année à Dijon et nous allons continuer malgré les pétitions et les oiseaux de mauvais augure. Il faut construire parce quil faut loger les gens dans une ville qui se développe. Notre effort va se poursuivre avec la qualité des élèves de lESTP ». Des acteurs qui se destinent à bâtir les villes de demainCeux-ci seront formés à Dijon qui, en matière denseignement supérieur, évolue dorénavant en Ligue 1 pour les travaux publics !

Camille Gablo

Pierre Pribetich : « Mon plus beau projet, c’est le prochain ! »

Cest avec la formule du concepteur américain Frank Lloyd Wright, reconnu par ses pairs comme le plus grand architecte de lhistoire, que Pierre Pribetich a conclu la présentation du futur bâtiment de lESTP Paris sur le campus dijonnais : « Mon plus beau projet, cest le prochain ! »
Dans deux ans, en effet, lESTP occupera avec lautre nouvelle école dingénieurs ESEO un bâtiment de 10 309 m2 de surface de plancher s’élevant sur 4 niveaux. « Ce sera un futur bâtiment innovant et emblématique qui regroupera de nombreux espaces : les laboratoires de recherche, un amphithéâtre de 400 places, des salles mutualisées pour les étudiants et lenseignement, un show room pour présenter On Dijon qui se transformera progressivement en Fab Lab mais également des grandes terrasses accessibles ainsi que des parkings souterrains », a souligné le 1er vice-président de la Dijon métropole qui est, rappelons-le, président de la Splaad (Société publique locale daménagement de lagglomération dijonnaise). « Cest un processus innovant de conception et de concertation à la fois pour la Splaad, les services de la métropole et les deux écoles dingénieurs pour mener à bien le dialogue avec les entreprises. Cela a été très complexe de respecter les délais contraints. Ce travail collaboratif qui continuera jusqu’à la livraison nous a permis de sélectionner le meilleur projet. Lobjectif est de créer une réelle synergie pédagogique entre les deux écoles mais aussi de favoriser leur implication au sein de lUniversité », a-t-il développé, non sans souligner : « Ce bâtiment sera aussi démonstrateur sur le plan environnemental et écologique. Il vise en effet le label attribué aux bâtiments peu énergivores et dont la construction est aussi faiblement impactante en matière carbonée. Il permettra également, par la recherche et linnovation, damplifier tout ce qui concerne le projet On Dijon et le concept de Smart City mis en place dans la capitale régionale. Cette thématique de spécialisation en 5e année pour lESTP permettra daccueillir de nouveaux étudiants ». Pierre Pribetich a annoncé la livraison programmée de ce futur campus le 9 juillet 2021. Quant à linvestissement, il avoisinera les 25 millions deuros.