30% des habitants de l’Europe dite « riche » – les pays du Nord de l’UE, France comprise – sont prêts à payer plus cher pour acheter écolo. Et c’est aussi sur le terroir hexagonal politique que le bio prend racine dans l’optique des municipales. A croire que les états-majors se sont donné le mot : « Plus écolo que moi, tu meurs ! » Et ce, chez les militants de La République en Marche aux derniers Mohicans socialistes (et j’en passe). Le besoin de croire, inhérent à l’espèce humaine, vient de se fabriquer le culte du Veau Vert ! Il n’est que de considérer les rayons voués à l’alimentaire : les produits ont verdi tandis que leurs coûts sont passés au feu rouge cet été. Demandons-nous à qui profite ce changement téléguidé du comportement des consommateurs (1)
Le moindre petit-pois affiche son confiteor AB ou Ecovert, sans que rien ne soit véritablement démontré. A croire que pas un hectare agricole en France n’ait échappé en un tour de main aux officiants de l’Eco-responsabilité. Dans ce cas, pourquoi Elisabeth Borne, ministre des Transports et de l’Environnement, entend-t-elle faire adopter un texte de loi interdisant tout bâti, toute construction à moins de 5, voire 10 mètres des champs cultivés avec engrais et pesticides ? Nous rejoue-t-on une parodie « d’une souris verte qui courrait dans l’herbe, je l’attrape par la queue, je la montre à ces messieurs. Ces messieurs me disent : Trempez-la dans l’huile, trempez-la dans l’eau de cette vaste campagne d’intox ! » Ita missa est.
Si cette propagation de la foi bio continue, il ne se trouvera plus aucun impie pour refuser un catéchisme qui érige en Vierge Marie la petite Greta Thunberg. Ne se murmure-t-il pas que celle-ci aurait marché sur les eaux et non embarqué sur le bateau de la famille princière de Monaco pour se rendre dans les Amériques ? Si nous refusons de croire à un Adam et une Eve chassés de l’Eden pour avoir croqué dans une Royal Gala traitée, nous finirons en enfer. L’Inquisition verte est en route. Celle vaste orchestration infiltre insidieusement les sphères de la société…
Seule, une poignée d’esprits critiques, ou quelques trop rares survivants du courant philosophique cher à Socrate font de la résistance au bio culte en passe de devenir religion d’Etat… Mieux ! Il plaît à Dieu de nous voir snober la vache – actuellement frappée d’ostracisme chez de nombreux diététiciens – au profit de la chèvre ou de la brebis jugées bien plus bio- compatibles.
Vous gagnerez la vie éternelle, si vous êtes du genre à avoir installé un composte nauséabond sur le balcon. Et vous serez candidat à la béatification, si vous dressez un autel domestique aux deux/trois poules d’un poulailler citadin. Quel mécréant aura désormais l’audace de se taper un petit ballon rouge, s’il n’est pas issu de la bio-viticulture ? Qui osera prendre pour amant un vert-galant ? Allez-allez, pas touche au mâle plein de verdeur, à moins qu’il ne soit garanti sans phosphates ou hormones ! C’est bien compris ?
Cessons de nous prendre le chou… Et permettez de se montrer dubitatif devant ce pseudo souci de l’environnement prôné aujourd’hui par les Pères-fondateurs de la surconsommation d’hier et d’avant-hier. La société toute entière, à l’instar d’un fœtus, trouve refuge dans cette éco-matrice, oubliant toutes les matrices antérieures où il fut bienséant de se mouvoir : celle d’un Dieu justicier et vengeur, celle du marteau et de la faucille, celle des éléphants rose bonbon… Quand l’homme se donnera-t-il les moyens de s’évader de tous ces huis-clos sans se faire excommunier ou affubler d’un bonnet d’âne sur la tête par une intelligentsia médiatique ? Ne refile-t-on pas en 2019 aux ados ainsi qu’aux jeunes un « vert » à moitié vide ?
Marie France Poirier
(1) Bien entendu, il n’est pas question de nier les vertus d’un monde plus « propre », d’une agriculture raisonnée avec des circuits courts, voire authentiquement bio. Encore faut-il proposer une réelle certification et non se contenter d’un simple éco-emballage ou d’une simple proclamation de foi.





