La bonne note : Saison 2018-2019, Le souffle de la Liberté, cinq siècles d’opéra

 

« C’est la liberté qu’il faut que l’on aime, le bien suprême c’est la liberté ». Ces mots sont prononcés par la nymphe et repris par le chœur pas moins de 6 fois dans l’acte II des Boréadesde Rameau. Non seulement ils évoquent la liberté d’aimer, mais ils sonnent évidemment comme un défi au pouvoir autoritaire du roi par un artiste au sommet de sa gloire et qui n’a plus rien à prouver.

Abaris incarne la liberté politique d’un individu qui s’insurge contre les privilèges et l’arbitraire d’une classe et démontre que la noblesse est une question de vertu et non pas de sang et de naissance.

Tous les fondements sociaux et politiques de la monarchie sont attaqués de manière frontale dans ce dernier chef d’œuvre de Rameau. Par sa complexité, le nombre et les caractéristiques de ses rôles et de ses effectifs, Les Boréadessont une œuvre rarement montée et un véritable défi en termes de production, et qui sera la pierre angulaire de la saison 2018-2019 de l’Opéra de Dijon.

C’est pourtant un des opéras du compositeur, et de toute la période baroque, qui entre le plus en résonnance avec les problématiques de notre époque. Les Boréadesinterrogent tout à la fois les héritages persistants et contradictoires de l’Ancien Régime et des Lumières et notre façon actuelle d’y répondre et de les dépasser.

Le thème de la Liberté, extrêmement riche et présent dans toute l’histoire de l’opéra, accompagnera le programme 2018-2019 dans la (re)découverte des 6 œuvres lyriques présentées, qui couvriront 5 siècles de l’histoire du genre.

Liberté de la femme d’abord à travers le regard de trois compositeurs et le destin de trois héroïnes : Janáček (Jenufa) pour poursuivre le cycle entamé il y a deux saisons, Sacrati (La Finta Pazza) et Bizet (Carmen).

L’absence totale de liberté et l’emprisonnement à l’intérieur de son propre corps ensuite, avec Koma, opéra de Georg Friedrich Haas (2016), dont l’Opéra de Dijon présentera la création française.

Liberté politique évidemment, avec Nabuccode Verdi, symbole de l’unification italienne (le Risorgimento), dans le prolongement de ce cycle Verdi entamé avec Simon Boccanegra.

Liberté de création enfin, avec Les Boréades comme ultime liberté d’un compositeur au sommet de son art, avec des audaces harmoniques, rythmiques et orchestrales à nulles autres pareilles à cette époque.

La programmation 2018/2019 se poursuivra par :

- David Grimal et les Dissonances : Mahler/Titan, l’Oiseau de feu et Chostakovitch.

- Andreas Staier : trois dernières sonates de Schubert.

- Leonardo Garcia Alarcon et Capella Mediterranea : Messe en si de J.S. Bach et Il Diluvio Universalede Falvetti.

- Anima Eterna Brugge : Mahler/Brahms et dernières symphonies de Mozart.

- Orchestre Dijon Bourgogne : Le Songe d’une nuit d’étéet la Symphonie fantastique de Berlioz.

- Les Traversées Baroques d’Etienne Meyer : Vespro della beata Verginede Cavalli.

- Sandrine Piau : Haendel.

- Boris Berezovsky : virtuoses russes.

- Academy of Saint Martin in the Fields et Murray Perahia : Beethoven.

Et la danse …