Le fandango : une belle découverte à l’Auditorium

 

Le fandango est un style musical et une danse traditionnelle espagnole et portugaise de couple, d'origine andalouse accompagnée de castagnettes et de guitare qui peut être chantée. Les caractéristiques du fandango sont un rythme continu de castagnettes et une accélération constante du tempo.

Ses origines remontent au XVIIe, époque où son rythme était relativement plus lent. Le fandango s'est transformé ensuite dans un tempo assez rapide (allegretto).

L'étymologie arabe du terme semble douteuse, on lui préfère une origine africaine. On a aussi évoqué une origine latine, le mot fatum (« destin »), d'où viendrait aussi le mot fado.

La danse fut introduite en Europe par les Espagnols qui revenaient des Indes occidentales après avoir fréquenté les Noirs déportés de la Guinée. Un manuscrit pour guitare anonyme du XVIIIe siècle, conservé à la bibliothèque de Madrid est intitulé Fandango indiano. Un autre du même titre, pour clavier cette fois-ci, est attribué à Domenico Scarlatti. Cette similitude fait supposer une origine américaine, voire aztèque, ainsi que le suggère Rafael Puyana.

Le fandango est également une danse traditionnelle portugaise de la région du Ribatejo, pratiquée au Portugal et en Amérique. Le fandango est dansé de l'Andalousie et l'Estrémadure jusqu'aux Asturies et au Pays basque, en passant par les provinces du Levant.

Caractérisé par des mouvements vifs, le fandango se pratique en couple avec un accompagnement à la guitare et aux castagnettes. Les danseurs en marquent le mouvement avec des castagnettes et en frappant du talon. Ils ne se touchent pas. Les parties dansées alternent avec des « coplas » chantées sur des vers en partie improvisés.

Le fandango est en mode mineur, d'un mouvement à la fois animé et voluptueux, et sans finale marqué, ce qui permet de le recommencer autant de fois qu'on veut.

En l'absence de description précise de la danse dans les manuels espagnols, les historiens s'appuient sur les descriptions assez subjectives qu'en donnent les voyageurs.

Connu depuis le XVIIe siècle, le fandango fit l'admiration, lors de son passage à Madrid, de Casanova qui en appréciait les accents amoureux.

Cette danse, qui éveilla les sens de Casanova, hante les tripots et les bouges de la péninsule tout au long du XVIIIe siècle. Mais si la mode pour cette danse est bien née dans les classes les plus basses de la société, elle emporte bientôt avec elle tout le pays et jusqu’aux castes les plus nobles pour s'exporter partout en Europe, comme en témoignent les œuvres de Gluck ou Mozart. Rimski-Korsakov introduisit un « fandango asturiano » dans le Capriccio espagnol.

L’Europe entière n’y résistera pas, et aucun opera buffa digne de ce nom ne se privera d’en glisser quelques rythmes – pas même Les Noces de Figaro.

Mais l’Espagne n’avait-elle pas déjà donné à la musique la sarabande et enflammé les esprits ?

Vous découvrirez, à l’Auditorium de Dijon le vendredi 19 janvier 2018 à 20H, le jeune claveciniste Justin Taylor, premier Prix du Concours de Bruges en 2015 et Lauréat des Victoires de la musique en 2017.

Il interprètera des œuvres nées sous différentes latitudes européennes : espagnoles et italo-espaniques (l’extraordinaire Fandango de Soler et la Sonate K.30 de Scarlatti), françaises (Couperin, d’Anglebert et Duphly) et même hollandaises avec Sweelinck.