Diabète et dysfonction érectile : parlons-en !

« Diabétique depuis 15 ans, marié il y a 3 ans, aucun rapport possible depuis ! Il m’est difficile d’obtenir ou maintenir une érection. Je souffre et je fais souffrir mon épouse, difficile de partager une vie intime, difficile d’envisager des enfants. Suis-je condamné à ne pas vivre une vraie vie de couple à cause de mon diabète ?
Sept diabétiques sur dix ont une dysfonction érectile, c’est une complication fréquente du diabète, malheureusement souvent négligée. Sa prise en charge doit débuter par un dépistage systématique. Celui-ci se justifie par le fait que l'apparition de cette complication signe souvent l'apparition de la maladie vasculaire. De plus la dysfonction érectile est associée à une sérieuse altération de la qualité de vie des diabétiques et de leurs partenaires.
La première consultation est très importante. L’interrogatoire est essentiel, en étudiant les antécédents qui tiennent particulièrement compte des facteurs de risque vasculaire, et dont la présence renforcerait la suspicion de coronaropathie associée. Vient ensuite le temps de l’analyse des symptômes sexuels : Un début progressif, la constance des perturbations de l’érection plaident en faveur d'une origine organique. La présence d’une éjaculation rétrograde signerait une composante neuropathique au problème sexuel. L’examen clinique recherchera des signes susceptibles d'orienter vers l'un ou l'autre des principaux facteurs étiologiques potentiels.
Pour le traitement, il faut bien évaluer le risque cardiaque lié à la reprise des rapports, bien prendre en compte le niveau d'activité physique du patient et la notion d’une cardiopathie associée.
Première étape du traitement: Améliorer l'équilibre du diabète, bien que nécessaire, cette mesure suffit rarement à améliorer la fonction sexuelle, sauf si le diabète était totalement décompensé. Il faut s'employer à obtenir la suppression du tabac et de l'alcool, la réduction de l'excès de poids, la pratique d'un exercice physique régulier. Egalement à équilibrer une éventuelle hypertension artérielle, et une éventuelle hyperlipidémie.
Seconde étape : prescrire un traitement oral, essentiellement aujourd'hui un « IPDE5 ». Cette classe de médicaments est la plus utilisée en première intention. En cas d'échec des « IPDE5 », il faut revoir l'équilibre du diabète et traiter un éventuel hypogonadisme associé.
Troisième étape : les traitements locaux, ils peuvent induire des érections « fonctionnelles » dans plus de 2/3 des cas non améliorés par les mesures précédentes.
Il existe les pompes à vide ou « Vacuums » qui induisent l'érection et en dernier recours les traitements chirurgicaux.
Plus de 80 % des diabétiques souffrant de dysfonction érectile pourraient aujourd'hui bénéficier d'un traitement efficace de leurs problèmes d'érection. Encore faudrait-il que leur dysfonction érectile soit diagnostiquée. Chez le diabétique comme chez sa partenaire, la dysfonction érectile engendre une altération de la qualité de vie très sérieuse, dont il a bien été montré qu'elle était très améliorée par l'utilisation des traitements pharmacologiques actuellement disponibles.  
   
Docteur Dany Jawhari
Médecin sexologue à Dijon
Secrétaire Général Adjoint de la Société Francophone de Médecine Sexuelle
dany-jawhari@wanadoo.fr