« Conjuguer l’humain et l’urbain »… la municipalité de Chenôve a décidé d’illustrer ce slogan par deux opérations emblématiques voisines : la pose de la première pierre de la Cour Margot et un hommage à deux grands militants. Entretien avec le maire Thierry Falconnet…
Dijon l’Hebdo : Avec la pose de la première pierre de la Cour Margot, vous bâtissez l’avenir de Chenôve, tout en rappelant les fondations humaines du passé avec l’inauguration de la rue Maney et Jacques Pérignon. Est-ce un signe pour dire que Chenôve a été, est et restera une ville citoyenne ?
Thierry Falconnet : « Cela marque notre volonté de conjuguer l’humain et l’urbain ! Maney et Jacques Pérignon sont d’abord des militants de la famille, opposés au départ de la ZUP. Ils ont suivi jusque dans les années 80 le mouvement d’urbanisation. Et ce, toujours en rappelant que, dans cette ZUP, il y avait des familles, des femmes et des hommes, qu’il fallait au mieux accompagner. Ce sont des militants chrétiens de gauche, représentant une forte identité de Chenôve. Ainsi, tout en menant à bien le projet de centralité, nous tenions à évoquer le passé social de notre ville. Nous conjuguons l’humain et l’urbain mais nous conjuguons aussi le passé et le présent ainsi que le présent et l’avenir. Cela a une double, voire une triple portée symbolique ! »
Dijon l’Hebdo : Plusieurs années auront été nécessaires avant le premier acte des nouvelles résidences dans la centralité de Chenôve. Cela ne montre-t-il pas qu’il est plus compliqué d’aboutir et de commercialiser de nouveaux logements sur Chenôve plutôt qu’ailleurs ?
T. F. : « De toute manière, et là aussi c’est une référence au passé, changer une ville prend du temps et de l’énergie. C’est le fruit d’une vision et d’une volonté politique. Cela demande forcément des dossiers longs et complexes. Là, en plus, nous sommes sur un dossier qui a des incidences à la fois urbaines, sociologiques, économiques, commerciales et humaines. Nous sommes au cœur de la future centralité de Chenôve mais aussi du quartier politique de la ville d’intérêt national, avec les difficultés que chacun connaît. Nous les affrontons les unes après les autres mais aussi les unes en même temps que les autres. L’image d’une ville connotée prend du temps à être infléchie mais très peu de temps à être détruite. Nous remettons régulièrement l’ouvrage sur le métier, avec, à nos côtés, des acteurs essentiels que sont l’Etat, le Grand Dijon, la Splaad (1) et des investisseurs privés… »
Dijon l’Hebdo : Vous citez le Grand Dijon. Tous les observateurs s’accordent à dire que vous travaillez dorénavant main dans la main…
T. F. : « Bien entendu. Aujourd’hui, l’avenir de Chenôve passe par une relation paisible, une relation de confiance et une relation gagnant-gagnant entre notre ville et le Grand Dijon. Effectivement, il n’aura échappé à personne que Pierre Pribetich, adjoint à l’urbanisme de François Rebsamen et 1er vice-président du Grand Dijon, a, accompagné, comme président de la Splaad, de manière soutenue et remarquable notre projet. Le maire de Chenôve que je suis, 2e vice-président du Grand Dijon en charge du renouvellement urbain, n’a qu’à se féliciter des bonnes relations avec Pierre Pribetich mais aussi avec François Rebsamen ».
Dijon l’Hebdo : Vous venez de poser la première pierre de la Cour Margot. Quand sera-t-elle achevée ?
T. F. : « La fin des travaux est estimée courant 2018 avec, là aussi, une opération complexe puisque ce n’est pas une simple construction. Nous sommes sur un dossier à tiroirs. Je veux parler de la mutation des enseignes du centre commercial Saint-Exupéry vers la Cour Magot et la démolition, dans la foulée, de ce même centre commercial. Parallèlement, je souhaite –maintenant que le dossier est débloqué avec l’ilot A – que nous allions le plus rapidement possible avec les réflexions sur l’ilot B, qui sera contigu à la Cour Margot, et sur l’ilot E qui se trouvera en face sur le tènement actuel de la Poste ».
Dijon l’Hebdo : En matière de transformation d’envergure, vous avez également programmé la démolition de la tour n°12 Renan. Une date est-elle d’ores et déjà arrêtée ?
T. F. : « Si tout se passe bien, les opérations pourraient commencer au 1er trimestre 2017. Il faut que nous obtenions l’autorisation de l’ANRU et que nous réglions la question du relogement. Actuellement il reste encore quelques familles à reloger… »
Dijon l’Hebdo : Autre grand dossier pour Chenôve, l’avenir de l’ancien site Divia. Vous avez participé, courant juillet, a l’inauguration de L’Entrepôt, destiné à accueillir des acteurs culturels de l’agglomération. Le dossier des nouveaux logements sur cette zone avance-t-il aussi ?
T. F. : « Bien sûr puisque le concours d’idées a été lancé début octobre par le Grand Dijon pour ce projet de grande ampleur : je rappelle qu’il concerne 4,5 ha et entre 200 et 300 logements sur le site ex-Divia, les Vergers du Sud. Plusieurs dizaines de cabinet d’architectes, dont des cabinets renommés, ont manifesté leur intérêt. C’est un projet important pour l’avenir de Chenôve mais aussi pour l’entrée Sud de l’agglomération ».
Dijon l’Hebdo : C’est encore le signe d’une volonté partagée…
T. F. : « Evidemment. Aucun des dossiers structurants de Chenôve ne se fait sans l’appui du Grand Dijon. Nous travaillons également sur l’entrée Nord avec l’avenir du centre commercial Kennedy, du site de la clinique. Chenôve s’est remise en mouvement et c’est, en grande partie, grâce aux excellentes relations que nous entretenons avec le Grand Dijon. Mais ce n’est pas seulement une relation diplomatique, c’est aussi une vision partagée de ce que doit être l’agglomération et la future métropole de la grande région Bourgogne Franche-Comté ! »
Propos recueillis par Xavier Grizot
(1) Société publique locale d’aménagement de l’agglomération dijonnaise
Une rue pour deux grands militants
Les travaux de la nouvelle centralité ont généré une nouvelle voie située entre le boulevard Maréchal de Lattre-de-Tassigny et la rue Alfred Changenet. Et celle-ci porte dorénavant le nom de Maney et Jacques Pérignon, deux des grands militants cheneveliers qui ont dédié leur vie aux autres.
Maney Pérignon (1909-2011), mère de 7 enfants, a, été, entre autres, présidente nationale des associations d’aide familiale populaire et fondatrice de l’association syndicale des familles (ASF). Son mari Jacques (1920-1997) fut, quant, à lui président du GAM (Groupement d’action municipale) à Chenôve et secrétaire fédéral du PSU en Côte-d’Or.
La Cour Margot
L’assistance était nombreuse pour la récente pose de la première pierre de la Cour Margot, par le maire de Chenôve Thierry Falconnet, et son prédécesseur Jean Esmonin, le président de la Splaad, Pierre Pribetich, ainsi que Christian Thomas, promoteur gérant de la SCCV Les Pressoirs. Cette résidence s’implantera, à deux pas du Cèdre, le Centre culturel et de rencontres de Chenôve qu’il n’est pas besoin de présenter tellement ses racines s’étendent dorénavant sur la terre de l’agglomération.
Dans le cadre du PNRU (Programme national de renouvellement urbain), synonyme d’une subvention à hauteur de 400 000 €, le premier programme de construction de la nouvelle centralité de la cité des Bonbis est lancé. A proximité du terminus du tramway, celui-ci se traduira par une résidence de 44 logements allant du T2 au T4, avec, en rez-de-chaussée, des espaces commerciaux et des bureaux. Cet ilot A devrait en appeler d’autres (B et E) programmés également dans cette centralité de Chenôve qui n’a de cesse de se métamorphoser.





