Promenez-vous dans Dijon avec Jeanne Vernay

Montaigne… chez Bibovino !
Nous vous relations, dans notre avant-dernier numéro, la communication originale, signée Fabrice, le patron de l’Industrie rue des Godrans à Dijon. Jamais à court d’idée, celui-ci a, en effet, choisi d’inscrire sur le tableau noir devant sa brasserie, plutôt que le sempiternel menu, cette formule : « Personne n’a trouvé Pikachu ici… mais tout le monde y trouve de la bonne bière… mais pas que ! » Eh bien, ce détournement sympathique semble avoir fait des émules : quelques pas plus loin, c’est au tour de l’enseigne Bibovino, qui n’a pas son pareil pour proposer « des bons vins dans des beaux bibs », de faire sensation. Le propriétaire, Eric Mouton, a écrit, sur son tableau noir, une citation de Montaigne. Lisez plutôt (ou dégustez c’est selon) : « Versez-leur du bon vin. Ils vous feront de bonnes lois ! » Alors que la primaire bat son plein à droite, comme à gauche, et que les échéances présidentielle et législative arrivent à grand pas, cette communication politico-vineuse ne manque pas d’humour ! Et, pour l’anecdote historique, Montaigne n’était pas seulement l’auteur des célèbres Essais, il fut aussi maire… de Bordeaux. Comme un certain Alain Juppé. Le philosophe de la Renaissance n’aurait pas manqué de sourire en voyant que sa prose était utilisée pour une communication d’un magasin de vins dans la capitale de la Bourgogne !

La tête… et le ventre
Montaigne aurait là aussi apprécié ! Les hommes de lettres ne peuvent que s’enthousiasmer devant l’ouverture d’une nouvelle librairie. Au 5 de la place des Cordeliers, vient, en effet, de sortir de terre… La Fleur qui pousse à l’Intérieur. Enfin la métaphore n’est pas tout à fait adaptée puisque cette enseigne s’est installée dans les locaux jouxtant l’agence de voyages Nouvelles Frontières. Cette librairie, d’un nouveau genre, puisqu’elle est à la fois salon de thés et propose boissons et pâtisseries, « faites maison ». Une boutique pour la tête et… le ventre, serais-je tentée d’écrire, et non la tête… et les jambes, en paraphrasant le titre de l’un des premiers jeux télévisuels français. Mais ceci est est autre histoire ! Celle de la place des Cordeliers, qui vient de connaître un tournant important puisqu’elle est, comme sa consœur place Jean-Macé, dorénavant piétonnisée, évolue encore. Avec l’arrivée de cette nouvelle librairie. En attendant les arbres qui seront plantés à l’occasion de la Sainte-Catherine (six savonniers de Chine), c’est une nouvelle Fleur… littéraire que vous pouvez découvrir !

La tribu de D’Anna
Revenons un peu rue des Godrans, qui, il est vrai, n’est pas éloignée de nos bureaux… J’ai récupéré, dans mes gènes, ce que je qualifie du « syndrome des clefs de mon père ». Autrement dit, je n’ai pas mon pareil pour oublier mes clefs, mon portable et j’en passe. Parmi les choses que je perds régulièrement, il y a les tickets de pressing. Donc je tiens à remercier la patronne du Pressing D’Anna pour sa patience et sa gentillesse lorsqu’elle doit rechercher mes vestes ou robes dans tout son stock. C’est avec un bon mot qu’elle m’accueille alors que je suis victime de ce syndrome ! Et le job est toujours admirablement réalisé dans cette enseigne du 22 de la rue des Godrans, si bien que mes vêtements préférés ne prennent pas une ride. A la différence de moi ! Toutes ces raisons auraient suffi à ce que je prenne la plume – enfin que je tache d’encre cette page – pour vous en parler. Mais, en réalité, j’ai eu envie de vous faire partager mon goût pour ce pressing à cause de sa nouvelle devanture. Enfin, nouvelle n’est pas le terme, parce que c’est le vintage qui y règne en maître. La vitrine fait la part belle à des vieux barils de lessives, à des vieux fers à repasser : Lux, Omo, Mousse Paic, Ala… cela ne manquera pas de rappeler des souvenirs à certaines… et à certains (j’espère toujours que les hommes se mettent tous à la lessive). Excellente idée que je vous invite à découvrir… En paraphrasant le groupe Manau, devenez membre de la Tribu de D’Anna !

Au revoir Monsieur…
Je ne sais pas si le monde du 7e art, qui se réunira en nombre du 20 au 22 octobre à Dijon pour les désormais traditionnelles Rencontres du cinéma, lui déroulera le tapis rouge. Si j’avais une idée à suggérer à l’ARP (Société civile des Auteurs-réalisateurs-producteurs), qui organise, avec la Ville et le conseil régional de Bourgogne Franche-Comté, cet événement, ce serait celle-ci : que cette 11e édition dijonnaise rende hommage à Pierre Tchernia, le Monsieur Cinéma de la télévision française, qui a conduit, nombre d’entre nous, à devenir cinéphiles… en regardant le petit écran. De L’Ami public numéro 1 sur l’ORTF 1 jusqu’à ses chroniques sur le plateau d’Arthur, en passant par Mardi Cinéma sur Antenne 2, Pierre Tchernia a bercé notre jeunesse et notre enfance. Au revoir Monsieur… Cinéma !

La peinture… tout en « eau » !
Foin du Bourgogne ! Je suis allé prendre les eaux à … Evian. Et j’y ai éprouvé cette ivresse inouïe que procure la grande peinture, celle de la Belle Epoque, bref celle de Albert Besnard (1849-1934). Et là, de façon inattendue, je suis tombée en feuilletant le catalogue sur le nom de Chantal Beauvalot, une Dijonnaise, l’une des chevilles ouvrières de cette rétrospective qui est maintenant présentée jusqu’au 29 janvier 2017 au Petit Palais, à Paris. Albert Besnard (1849-1934) est de la race d’artistes, à demi oubliés aujourd’hui, qui ont participé au renouvellement de l’art du décor monumental. Des murs et des plafonds de la Sorbonne, de la Comédie Française… et justement du Petit Palais ! Je me suis promis de faire un bond à Paris, très désireuse de poser à nouveau mon regard sur la singularité de ce symboliste tardif, de ce poète de la femme 1900, de ce pastelliste sensuel, somptueux et foisonnant. A l’origine de cette magnifique initiative de réhabilitation, un trio dont – je viens de le dire – Chantal Beauvalot, co-commissaire de l’exposition, universitaire. Je vous incite à effectuer un aller-retour à Paris avant la fin janvier 2017 pour partager, vous aussi, ces émotions.

Pas de fumée blanche au Sultan
Sa fermeture avait été annoncée des mois à l’avance ; j’apprends par mes voisins de palier pour qui, il n’y a pas de fumée sans feu que, finalement, Le Sultan continue de fumer, au 27 rue des Forges. Les buralistes, M. et Mme Gilbertier, n’ont pas pu céder leur pas-de-porte contrairement à ce qu’ils avaient annoncé. Du coup, Le Sultan, une institution bien connue, a repris du service auprès de sa clientèle d’habitués, dès le 18 octobre. Pas de révolution de palais, mais un coup de théâtre que n’aurait pas daigné Rossini dans son Turc en Italie !

What’s your name ?
Avec ce titre – What’s your name ? –, je fais une infidélité à la prose de Montaigne ou de Voltaire. Mais la langue de Shakespeare est particulièrement adaptée à l’information qui suit : l’Ecole supérieure de commerce de Dijon change de nom. Exit l’ESC, place à la BSB, soit la Burgundy School of Business, une sémantique qu’elle utilisait déjà à l’international, afin de capitaliser sur le rayonnement de la Bourgogne… et du bourgogne. Un changement afin de réaliser des vendanges encore plus importantes dans le monde des étudiants étrangers. Il est vrai qu’entre les écoles de commerce la concurrence fait rage… et ce, bien plus qu’entre les domaines vineux de notre région ! C’est peu dire… Une évolution de son appellation qui intervient au moment où cette école, pardon cette School, investit 7,5 M€ de travaux pour rénover les locaux de son campus dijonnais. « To be or not to be ? » L’ESC a choisi… d’être Burgundy School of business !