Cette rentrée scolaire restera marquée d’une pierre blanche dans la mémoire de Pierre Laffitte, le directeur général de Saint-Bénigne. Dans le paisible quartier des Bourroches, se dresse désormais la nouvelle Maîtrise de Dijon qui a quitté le vieux-Dijon avec alacrité …Ses locaux jouxtent l’école et le collège Saint-Bénigne, permettant ainsi de mutualiser les moyens mis à la disposition des quelque trois cent cinquante élèves. A la découverte de leur parcours à la fois scolaire et artistique !
Le nouveau bâtiment de la Maîtrise sobre, élégant, ose un grand mur de béton travaillé à la manière du bronze. Quant à la façade et la chapelle donnant sur la rue de la Côte d’Or, Cédric Le Saulnier, l’architecte du cabinet Art et Fact, a su leur conférer une spiritualité tout en retenue. Cette nouvelle étape de la Maîtrise a été autofinancée. Les perspectives semblent prometteuses : les Bourroches sont en pleine expansion, et une forte demande d’inscriptions s’est fait jour. Il était d’ailleurs urgent d’assurer la survie et la pérennité d’une institution créée au 18ème siècle. Qui, depuis 1990 et grâce à Jack Lang – alors ministre de la culture – a rang d’Ecole Maîtrisienne Régionale!
Pour la première fois de son histoire, elle est dotée d’installations modernes, qui ont requis bien évidemment le concours d’un spécialiste de l’acoustique. Tant pour la conception du magnifique amphithéâtre dédié au chant choral, que pour celle du studio d’enregistrement ou des trois salles de technique vocale et de répétition. Les salles de classes proprement dites ont été aménagées de manière à faciliter les passerelles entre les activités scolaires et les activités artistiques. Les archives – certains documents remontent au 18ème – ont été numérisées et installées dans des locaux spécifiques : pour les scolaires, les chercheurs et les historiens de la musique, voilà une manne exceptionnelle !
Dès l’école primaire de la Maîtrise, l’activité chant devient régulière pour les enfants qui choisissent cette option. S’ajoutent également des cours de solfège et de technique vocale. En collège, le projet pédagogique pour atteindre le degré d’excellence du chant choral devient plus intensif : pas moins d’une dizaine d’heures hebdomadaires. Pierre Laffitte s’explique sur l’engagement profond demandé aux collégiens : « Il n’y a pas place pour le dilettantisme dans notre formation chorale ! La performance n’a rien d’inné: elle est le fruit d’un travail et d’un entraînement digne des compétiteurs sportifs de haut-niveau. Le but poursuivi – perfectible ensuite sur la base du volontariat dans le cadre de la Chorale des Fiori Musicali ou du Chœur d’Hommes – c’est d’offrir la possibilité aux élèves d’acquérir des aptitudes d’ordre professionnel, de les familiariser à une compréhension des musiques du monde entier, de développer le sens du beau… »
Précisément, il y a du funambule dans chaque choriste de la Maîtrise de Dijon. De la grâce, de l’envol par le chant, un mélange subtil de profondeur et de saut vers la liberté ainsi qu’un don de soi …
Marie-France Poirier
ETIENNE MEYER : PASSEUR
Compositeur, musicien complet, cofondateur des Traversées Baroques, Etienne Meyer est chef de chœur de la Maîtrise de Dijon. Comment voit-il sa mission de musicien, de pédagogue, et d’éducateur ? « C’est tout à la fois, et bien davantage : c’est être un révélateur de personne… C’est également être un passeur de relais, maillon parmi d’autres, entre ses prédécesseurs et ses successeurs».
MAITRISIEN UN JOUR, MAITRISIEN TOUJOURS !
Tous le disent : au gré des déplacements de la Maîtrise pour donner des concerts, il se crée une amitié, et une solidarité intergénérationnelles assez exceptionnelles.
Jacques Hosotte, Président des Anciens de La Maîtrise, pratique le chant choral depuis sa première année en CP. Enthousiaste, il a ces mots : « C’est une exigence, la recherche du beau et du sacré. C’est un saut dans l’âme ! Je voue à la Maitrise un engagement, une fidélité sans bornes. J’y ai entraîné ma famille, mes deux filles ».
Margaux, actuellement en 5ème au Collège Saint-B, consacre au moins une dizaine d’heures par semaine aux différentes activités de la Maîtrise, « sans oublier la participation aux offices qui nécessitent de me lever tôt, parfois … Mais, ça me permet de me construire, de découvrir d’autres musiques, d’autres liturgies. Chanter m’apaise, m’oblige à une certaine rigueur : j’accepte tout à fait de vivre différemment des autres enfants. L’exemple de ma sœur qui est au Lycée Saint-B et fait partie des Fiori Musicali a été très incitatif ».





