Le clitoris à l’école !

Non, chers amis lecteurs, je n’entends pas me substituer à Dany Jawhari, médecin sexologue à Dijon et chroniqueur régulier de votre lecture favorite. Sous ce titre se cache une réflexion plutôt singulière sur cet organe qu’on dit méconnu et que, dans leur infinie sagesse, de doctes penseurs ont jugé utile de porter à la connaissance émerveillée de nos rejetons, puisqu’ils veulent enseigner le clitoris à l’école ! Chaque rentrée scolaire nous réserve des surprises.
Sur ce qu’il est convenu d’appeler joliment un « bouton de rose », je pensais que tout avait déjà été dit, analysé, disséqué, décortiqué avec une minutie de savant ; on dit de ce corps érectile qu’il est doté de 8 000 terminaisons nerveuses (je plains celui qui les a comptées !), que son réseau complet mesurerait près de 10 centimètres, qu’il est si bien dissimulé sous son capuchon que nombre d’hommes pourraient passer leur vie entière sans jamais en apercevoir un seul, etc. L’esprit français étant ce qu’il est, de nombreuses plaisanteries existent à son sujet, du genre «90 % des hommes pensent qu’il s’agit d’un modèle de Toyota», ou encore «clitoris ? Jamais entendu parler de ce Pokemon ». Laissons la gaudriole de coté et revenons à notre sujet : l’enseignement du clitoris à l’école.
Un rapport du 13 juin dernier, émanant du Haut Conseil pour l’Égalité note qu’un quart des filles de 15 ans ignorent en posséder un et que 83% des collégiennes de 4e et de 3e n’en connaissent pas la fonction. Sans hésiter, Mme Odile Fillod, se présentant comme « une chercheuse indépendante en sociologie des sciences et de la vulgarisation scientifique, et spécialiste des questions de genre » a mis au point un nouveau clitoris en plastique que tous les enseignants en SVT pourront élaborer à partir d’une imprimante 3D avec un résultat d’une dizaine de centimètres pour qu’il soit appréhendé dans son intégralité. Grâce à la science et à la technologie, nos enfants vont enfin pouvoir toucher du doigt ce clitoris grandeur nature. Si vous voulez mon avis, sous prétexte d’éducation, on marche de plus en plus sur la tête…
Dans ce rapport du Haut Conseil pour l’Égalité, intitulé « Rapport relatif à l’éducation à la sexualité », long de 136 pages, on trouve cette phrase sans équivoque sur une des missions dévolues désormais à l’enseignement : « La réhabilitation du clitoris comme source du plaisir sexuel des femmes est porteuse d’enjeux considérables dans la remise en cause de l’injonction à l’hétérosexualité et la reformulation d’un vivre ensemble hétérosexuel qui intègre réellement la recherche du plaisir sexuel pour les femmes ». Mauvaise nouvelle pour celles qui abordent le plaisir sous d’autres angles, pour qui le plaisir sexuel est aussi lié à une charge émotionnelle vécue avec leur partenaire, la dictature du clitoris est en marche !
Le dit-rapport a été demandé par lettre de saisine à Mme Danielle Bousquet, Présidente du Haut Conseil à l’Égalité entre les hommes et les femmes en date du 24 juillet 2015, conjointement par Mme Najat-Valaud-Belkacem, ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, par Mme Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes et par Mme Pascale Boitard, secrétaire d’État chargée des Droits des femmes. Avaient-elles prévu qu’on en arriverait là ? On l’ignore. Toujours est-il que partant d’un emballage à visée « égalitaire » on passe d’une intention d’information, inscrite d’ailleurs dans la loi, à un enseignement basé sur l’anatomie et à l’usage d’une imprimante 3D pour démystifier le clitoris ! Très fort…
Ce même rapport rappelle ce qui est déjà prévu par la loi de 2001 : « D’une information sexuelle, on passe à une éducation à la sexualité : la définition de la sexualité dépasse ainsi une approche scientifique pour retenir une approche plus globale ; l’éducation à la sexualité devient une obligation légale, alors qu’elle n’était auparavant que règlementaire ; les séances d’éducation à la sexualité sont systématisées : auparavant centrées sur l’adolescence, elles doivent désormais bénéficier à tous les élèves de l’école au lycée ». Fichtre, vous avez bien lu ! Si vous aviez un doute, voici ce qu’en disaient le 25 septembre 2012 Vincent Peillon et Mme Najat-Valaud-Belkacem, à l’époque respectivement ministre de l’Éducation nationale et Ministre des Droits des femmes : « La loi qui prévoit des séances d’éducation à la sexualité de la maternelle à la terminale doit être rendue effective partout sur le territoire, dans toutes les écoles, tous les établissements ». On ne nous disait pas encore que l’étude du clitoris allait devenir obligatoire, c’est chose faite !
La loi en question et les circulaires d’application du 17 février 2003 et du 2 décembre 2011 ne précisent pas à partir de quel âge cette approche anatomique et quasi chirurgicale de la sexualité doit être enseignée à nos enfants, ni de quelle façon ; je souhaite bon courage aux enseignants concernés. Je terminerai ce Cactus en m’étonnant que sur ce délicat sujet nous n’ayons pas encore entendu les associations de parents d’élèves. Il est vrai que, depuis 1941, le ministère de l’Instruction publique a changé de nom et est devenu le ministère de l’Éducation nationale, ceci explique peut-être cela…

Jean-Pierre COLLARD