Bac 2016 : Comment franchir avec succès la ligne d’arrivée ?

Le bac 2016 avance à pas de loup. Top départ avec les premières épreuves, le 15 juin ! Cette année, on dénombre environ 700 000 candidats, soit un plus de 19 000 qu’en 2015. Est-ce à dire que l’entreprise du… bac ne connaît pas la crise ? Certains pointent du doigt un diplôme dévalorisé, d’autres affirment qu’au contraire les épreuves sont bien plus « trapues » qu’il y a une ou deux décennies. Dijon L’Hebdo pose LA QUESTION à Georges Bon, directeur-adjoint du Lycée Saint-Bénigne ainsi qu’à Michel Gey, proviseur du Lycée Carnot : l’un et l’autre se sont vus décerner les palmes du meilleur taux de réussite en Côte-d’Or, respectivement en 2014 et 2015. Etat des lieux du bac 2016 …

DIJON L’HEBDO : Le bac reste-il un passe-partout indispensable pour les jeunes générations? Quel modus operandi faut-il observer pour mettre toutes les chances de réussir, tant sur le plan pédagogique que psychique? Que faut-il changer dans ses habitudes de vie pour obtenir une meilleure concentration ?

Michel Gey : Le Lycée Carnot présente quelque 300 candidats au bac, à cette session. Tout de suite, une observation : les épreuves ne sont ni plus ni moins difficiles qu’il y a 10, 15 ou 20 ans. Le bac est installé dans une culture à un temps T. Aujourd’hui, cet examen tient compte d’un environnement pluriculturel, d’informations nouvelles et d’un apprentissage des langues étrangères tout autre. Le bac est plus proche des élèves que jadis, plus exhaustif aussi : il y offre davantage d’options et il implique une participation plus active, plus créatrive des élèves qui se voient offrir l’opportunité de proposer des projets. Voilà qui suppose évidemment de faire venir des jurys spéciaux et donc d’engager d’importants budgets. La République fait preuve, là, d’un bel effort financier. Ajoutons que si le diplôme n’a pas de valeur directe sur le marché de l’emploi, ne pas le décrocher constitue un sérieux handicap. Je considère que le bac est un sésame et possède une valeur prospective!

Georges Bon : Nous présentons plus de 300 candidats au lycée ST-Bénigne: 102 en enseignement général, 99 en section technologie et 104 pour le secteur professionnel. Je partage tout à fait le point de vue de Michel Gey sur la diversité des options ainsi que des spécialités. Cela montre la préoccupation de l’Education Nationale de cerner au plus près les besoins de la société, tout comme ceux des entreprises. Voilà qui est particulièrement patent dans les filières technologies tertiaires ou les filières hôtelières, que nous proposons à St-B ! Reste que l’obtention du bac est insuffisante en elle-même. Et appelle à une poursuite d’études, notamment en BTS (bac +2). La spécificité de notre groupe est d’offrir dans ce domaine, aux bacheliers des séries générales et technologiques ou professionnelles une formation soit initiale, soit en alternance dans notre centre «  Formation SB » à La Toison d’Or. Enseignants et professionnels y préparent avec rigueur les étudiants à une insertion progressive sur le marché du travail.

DIJON L’HEBDO : Quels conseils prodiguez-vous aux candidats pour être au top le jour J ?
Michel Gey : Dans mon petit guide des Dix Commandements que j’ai écrit à l’usage des élèves de Terminale et des étudiants en Prépa, je mets en règle N°1 : « Sois un homme prudent ». Comment ? En se connaissant bien soi-même et en reproduisant ce qui a bien marché dans telle ou telle circonstance. Cela implique de savoir positiver ses échecs et les envisager comme autant de défis à surmonter. Savoir également agir sans précipitation, ni au dernier moment. Enfin, savoir prévoir l’imprévisible … Reste à observer deux autres préceptes : développer un esprit de solidarité plus que de compétition et ne pas exécuter le travail donné par un professeur pendant un autre cours. Autre chose ! C’est salutaire de se soustraire au « Bruit et de la Fureur », aux stimuli de notre époque et d’Internet : le lycée dispose de salles de silence, indispensables pour une concentration mentale efficace. Je laisse à tous nos candidats au bac le soin de découvrir l’ensemble de mes « Dix Commandements », tout en dispensant un ultime conseil : celui d’exercer sa curiosité qu’il s’agisse de Molière, Chateaubriand, du foot ou de la téléréalité, des Rita Mitsouko ou de la valse à trois temps … Le savoir intelligent – construit pierre par pierre – est une pyramide. A chacune des étapes de la construction, les professeurs de Carnot ne cessent d’apporter la plus grande des attentions à leurs élèves. Ils ont à cœur de se montrer vigilants et d’épauler, en cas de doute ou de défaillance.

Georges Bon : C’est vrai qu’on ne se prépare pas bien au bac, à la dernière minute ! Assez vite après la rentrée scolaire, nous organisons des entraînements écrits, chaque semaine : ceux-ci ciblent plus spécialement les matières dominantes de la série de l’élève ! Cela permet de mesurer l’évolution des acquis, tout en familiarisant les élèves aux conditions de stress du jour J. Le contrôle continu en langues vivantes dans les séries générales et technologiques témoigne d’un renouveau du système, joue un rôle de plus en plus important. On le voit principalement pour les bacs professionnels : les élèves passent désormais une partie des épreuves dans leurs lycées d’attachement. Le bachotage est à exclure bien entendu ! En revanche, Saint-B offre dès la mi-mai à tout élève en Terminale la possibilité de prendre pension, et d’être plongé en immersion complète dans notre internat. A quelque temps du bac, c’est là une rupture souvent bénéfique pour des adolescents dont l’environnement se montre parfois peu propice à l’étude ! Les révisions ont lieu en petits groupes, dans un climat d’émulation collective. Dans cette dernière ligne droite avant l’examen, la solution de l’internat crée un cadre optimal, évitant « le » décrochage de dernière minute. Décrochage qui rendrait l’avenir bien plus problématique. D’ailleurs, ce diplôme a conservé toute sa charge symbolique dans l’opinion publique comme dans les familles. Voilà qui nous renvoie au fameux slogan : « Passe ton bac, d’abord ! »
Propos recueillis par Marie France POIRIER