De nouveaux traitements pour protéger nos vignes du mildiou

Dijonnaise depuis 2014, Yuko Krzyzaniak a 25 ans et est originaire de Kremlin-Bicêtre (94). Après avoir obtenu le diplôme d’ingénieur agronome, et pour parfaire son parcours scientifique globalement construit autour des sciences de la vie, elle est aujourd’hui doctorante en agro-écologie au Pôle Interactions Plantes-Microorganismes.
« Je m’intéresse particulièrement à la phytopathologie, c’est-à-dire à l’étude des maladies des plantes et plus particulièrement à la santé de la vigne. C’est une discipline transversale qui se trouve au carrefour de l’agriculture, la biologie des plantes et des microorganismes ».
Comme Marie-Aure Bourgeon, le domaine de recherche de Yuko vise à protéger les vignobles contre des maladies de la vigne (le Mildiou) qui conduisent généralement à utiliser des quantités massives de pesticides dangereux pour la santé et l’environnement.
Au départ, Yuko voulait devenir professeur ou dessinatrice pour des journaux satiriques puis, son adoration à regarder les choses en détails et à guetter les changements a pris le dessus. « Le métier de chercheur demande à être curieux, observateur et créatif parfois. C’est au cours de travaux pratiques et de stages que j’ai découvert ce monde scientifique auquel j’ai tout de suite adhéré ».
Savez-vous que les plantes ont, elles aussi, une sorte de système immunitaire et que, tout comme nous, elles peuvent tomber malades, mais aussi se défendre ? Il existe d’ailleurs certains extraits naturels capables d’activer l’arsenal de défenses chez les plantes saines, à la manière de vaccins. C’est en tous les cas ce que Yuko cherche à développer actuellement grâce à l’étude des éliciteurs et biostimulants. « Activer les défenses grâce à des éliciteurs permet d’assurer une protection contre le mildiou, mais les résultats sont parfois variables au vignoble. Mon objectif est donc d’améliorer l’efficacité de ces composés, via une amélioration de l’état physiologique des vignes au préalable. C’est là où l’utilisation des biostimulants en association devient intéressante, puisque ce sont quant à elles, des substances connues pour stimuler la croissance par une meilleure absorption des nutriments (à l’image des comprimés de vitamines ou de compléments alimentaires chez l’humain) ». A noter que son travail est réalisé dans le cadre d’un projet IRIS+, en collaboration industrielle avec les entreprises Goëmar-Arysta LifeSciences. Grâce à son doctorat Yuko espère légitimer sa place dans la communauté scientifique (surtout à l’étranger) et décrocher un poste d’ingénieur de recherches dans des projets de protection des cultures.
Le dessin, la peinture, le vélo et la musique font partie de ses passe-temps favoris. « Mes passions sont un peu comme mes traitements sur les vignes, ça dépend de la météo et de mon état physiologique… ».
C. C