Place des Cordeliers : Le Déclic…

Du XIIIe au XVIIIe siècle, le monastère des Cordeliers qui accueillaient les Franciscains, véritables apôtres de Saint François d’Assise, ont eu une influence considérable sur toute la société dijonnaise. C’est ainsi que la place toute proche s’appela tout naturellement – ou ecclésiastiquement parlant pourrait-on écrire en laissant de côté notre foi en l’orthographe – la place des Cordeliers. Aujourd’hui, même si l’Archevêché de Dijon est installé encore à quelques pas, rue du Petit-Potet plus précisément, les Franciscains ne sont plus qu’un très lointain souvenir…

Et c’est un nouveau temple qui rayonne sur la place des Cordeliers. Un temple beaucoup plus laïc. Et c’est un doux euphémisme puisqu’il appartient à l’univers des bars et brasseries dijonnais : Le Déclic. Nous sommes à des années lumière des rigueurs et de l’ascétisme monastiques, la chaleur étant l’une des caractéristiques de cet établissement. La décoration cosy y est pour beaucoup. Mais pas seulement ! Le sourire du personnel qui vous accueille ou qui vous régale à l’heure du déjeuner fait aussi énormément.

D’aucuns connaissent ainsi l’éternel serveur Vincent, qui a toujours un bon mot pour chacun, et son frère François qui œuvre au piano. C’est à ce dernier, qui a fait ses classes chez Billoux, qu’incombe la préparation de la cuisine « authentique et traditionnelle ». Les terrines, le persillé, le fois gras mais aussi le saumon fumé sont faits maison. Le plat du jour vous coûtera 11,80 € et, en fonction de votre appétence pour une entrée ou un dessert (ou les deux), vous devrez débourser 14,80 € ou 16,90 € pour les formules. Celles et ceux qui ont fait de la viande leur religion pourront se délecter, notamment, avec les différents hamburgers proposés. Mais que les adeptes du poisson (et du vendredi saint !) se rassurent, ils ne sont pas oubliés…

La clientèle, essentiellement constituée d’habitués, notamment à l’heure du café ou du déjeuner, ne s’y trompe pas. Et celle-ci a découvert, depuis le mois d’octobre dernier, un nouveau propriétaire, Michaël Olanda, qui a succédé à John Paysan, figure emblématique des lieux qui est parti sous d’autres cieux professionnels. Après 15 ans comme pompier, dont une dans les rangs des célèbres sapeurs pompiers de Paris et quatorze rue du Transvaal à Dijon – soit pas très loin ! –, Michaël a eu, lui aussi, envie de découvrir un autre métier et de posséder sa propre affaire, suivant par là-même les traces de son père qui œuvre dans le bâtiment. Et il a eu le déclic… pour Le Déclic.

Après avoir réalisé différents travaux, notamment au niveau du froid, dans la cuisine, il aspire à conforter ce temple des bistrots dijonnais mais aussi à le développer, notamment, dans son activité de bar à vins… Et ce, en attendant de pouvoir doubler sa terrasse, lorsque les travaux de la place seront achevés.

La place des Cordeliers, sans Le Déclic version XXIe siècle, ne serait plus tout à fait la place des Cordeliers. Une petite digression pour conclure : ne doutons pas que si le célèbre auteur de BD Milo Manara se rendait à Dijon, il pousserait les portes de cet établissement, puisqu’il a intitulé du même nom l’une de ses célèbres séries parues chez Albin Michel. Mais ne dites surtout pas aux descendants de Saint François d’Assise qu’il s’agit d’une BD érotique…

Xavier GRIZOT

Le Déclic, 2 place des Cordeliers, ouvert du lundi au samedi de 7 h 15 à 21/22 h