Président de la Semaad et de la SPLAAD, adjoint dijonnais en charge de l’urbanisme et du Grand Sud, Pierre Pribetich nous détaille les enjeux de l’habitat d’aujourd’hui et de demain.
La Cour Margot en pleine centralité de Chenôve représente-t-elle l’habitat de demain ?
Pierre Pribetich : « Ce projet qui s’inscrit dans un cadre de rénovation urbaine permet de promouvoir de l’accession abordable mais aussi de l’accession privée sur l’ensemble de la commune de Chenôve, en liaison avec le Programme local de l’habitat de la Communauté urbaine. D’un montant d’environ 2000 € du m2, c’est une offre alléchante dans l’agglomération. La Cour Margot, élément de l’opération Cœur et Centre-Ville du quartier du Mail, représente bien une opération structurante. Nous voulons gérer l’organisation autour de la place centrale et de la rue Armand-Thibaut avec l’accès aux mobilités, notamment le tramway, et l’articulation avec le vieux bourg. La diversification de l’offre de logements nous anime aussi en proposant des parcours résidentiels, de manière à introduire plus fortement la mixité sociale ».
La Cour Margot, tout comme le Cèdre, s’apparentera-t-elle véritablement à un élément d’attractivité pour Chenôve ?
P. P. : « Le Cèdre représente, en effet, un élément attracteur qui transforme l’image de la 2e commune de la Communauté urbaine. C’est une référence au niveau culturel sur l’ensemble de la capitale régionale Bourgogne Franche-Comté. A quelques pas, la Cour Margot imprimera aussi sa marque avec la haute qualité des logements. C ’est une stratégie souhaitée par les élus de Chenôve en lien avec la Communauté urbaine qui a, depuis le 1er janvier 2015, la responsabilité de l’urbanisme des 24 communes ».
Comment articulez-vous le projet Grand Sud qui va profondément modifier la physionomie de l’agglomération ?
P. P. : « Ce projet de taille comprend plusieurs sous-ensembles. En premier lieu, dans le cadre de la stratégie d’attractivité de la Communauté urbaine, se trouve la Cité internationale de la Gastronomie et du Vin. Aux côtés de la Cité elle-même, un quartier à haute performance verra le jour, fort de 600 logements. Ensuite, le quartier de l’Arsenal commence à se structurer. Celui-ci a été développé autour de deux équipements publics d’envergure : la Minoterie qui rassemble les outils pour le public jeune et le Jardin de l’Arsenal. 1500 logements sont programmés dans ce futur éco-quartier, ce qui représente tout de même la construction d’une ville de 3000 habitants dans la ville ».
Quand les premiers logements seront-ils livrés ?
P.P : « Ces logements vont être déclinés en différentes phases. La 1re phase comporte 750 logements dont la livraison débutera en 2018. 190 d’entre eux seront en accession libre, 180 en accession abordable, 200 en locatif à loyer modéré, 120 en résidences spécialisées, 60 en vente-investissement avec une tour en préfiguration. Sans omettre les 5000 m2 de bureaux, commerces, activités et services. L’opération Les Passages Jean-Jaurès représente aussi 350 logements le long du tramway. Il faut également ajouter pour le Grand Sud l’Écocité du Jardin des Maraîchers près de la Colombière… »
Après le tramway, l’habitat est ainsi le second levier pour la requalification de l’entrée Sud de Dijon…
P.P : « C’est, en effet, la nouvelle étape après l’avènement du tramway. Il s’agit d’un carré magique : d’un côté la mobilité ; de l’autre le caractère évolutif, c’est à dire concevoir des espaces publics, comme la place de la Libération, capables d’assurer plusieurs fonctions (concerts, lieux de rencontres, animations et loisirs…) ; 3e côté, le développement environnemental ; enfin l’organisation de l’espace mosaïque permettant à ce que toutes les pièces puissent s’articuler entre elles… La commune de Chenôve est aussi dans ce genre d’épure avec la centralité et le Cèdre ».
Que répondez-vous à ceux qui craignent que la concomitance de ces projets puisse nuire à leur commercialisation ? N’y aurait-il pas trop d’opérations à venir ?
P. P. : « Bien au contraire, il n’y a pas assez de logements ! Parce que, pour simplement maintenir la population à Dijon, il faut créer 600 logements en moyenne par an. Pour Chenôve, c’est à peu près 60. L’on peut penser que l’accumulation de logements pourrait être susceptible de créer un trop plein. Cependant, sur Dijon, l’on s’aperçoit que la construction de 10 000 logements, depuis 2001 nous a permis de faire croître la population afin de dépasser les 156 000 habitants. Dans le même temps, le taux de vacance, qui est d’environ 6%, a diminué. Il est bien plus faible que dans des villes comme Besançon, Mulhouse, Vesoul. L’on voit bien que la multiplicité des projets étalés sur le temps a une double vertu : combattre le desserrement, soit la baisse du nombre de personnes par logement (1,8 habitants par logement actuellement contre 3 dans les années 60 sur Dijon) et éviter que nos concitoyens souhaitant accéder à la propriété partent en 2e ou 3e couronne de l’agglomération ».
Le Dijon de demain se bâtit ainsi actuellement…
P. P. : « Aujourd’hui se construit en effet l’avenir avec un double effet. Nous offrons à nos concitoyens des parcours résidentiels et la possibilité de changer de statut. Dans le même temps, nous alimentons le développement économique avec une incidence non négligeable sur l’emploi et l’activité dans le bâtiment ! »
Propos recueillis par Xavier GRIZOT





