Emmanuel Bichot
Conseiller municipal UMP à Dijon
Conseiller communautaire au Grand Dijon
Vice-président du conseil général
N’avez-vous pas l’impression d’avoir été l’empêcheur de faire de la politique en rond pendant les dernières municipales à Dijon ?
Je suis venu sur Dijon parce que j’ai ressenti qu’il y avait un vide politique -à la suite du retrait de François Xavier Dugourd- par rapport aux échéances municipales qui approchaient. Avec le constat que la droite dijonnaise était dans une situation difficile, tel un champ de ruines. J’ai considéré que ma candidature à Dijon était un engagement de moyen et long terme pour participer à la reconstruction de ma famille politique. J’aurais souhaité que la désignation des candidats se passe autrement. Très tôt, j’avais proposé une primaire qui a été refusée. Très tôt, j’avais proposé un binôme avec Alain Houpert qui a été refusé. Hélas, trop de personnes étaient dans une logique de petits arrangements et ne souhaitaient pas véritablement créer les chances d’une alternance à Dijon dès 2014. Il a fallu faire avec cette réalité. Je siège maintenant dans l’opposition à Dijon et au Grand Dijon et je vais poursuivre mon action avec le même esprit.
Où en sont vos relations avec Alain Houpert. Sont-elles toujours aussi mauvaises ?
Je regrette qu’il y ait eu des moments de tension mais jamais de mon fait. Je n’ai à aucun moment varié dans mon comportement et dans mon attitude vis à vis d’Alain Houpert que je connais depuis longtemps. Précisément depuis 2001, l’année où j’ai intégré le conseil général. Il a toujours été un collègue que je respecte et avec qui je suis prêt à travailler.
Votre avenir politique est-il désormais dijonnais ?
Après 15 années d’investissement dans la région beaunoise où j’ai eu la satisfaction, avec Alain Suguenot, de construire une communauté d’agglomération très performante et tisser des liens étroits avec Nuits-Saint-Georges pour l’avenir, je m’engage maintenant, pour le long terme, à Dijon et dans son agglomération pour préparer les échéances à venir.
Quels sont les dossiers sur lesquels vous envisagez de vous investir tout particulièrement au sein du groupe d’opposition au conseil municipal de Dijon ?
J’ai choisi de m’impliquer dans la commission des finances. Avec la diminution de 11 milliards d’euros des dotations de l’Etat aux collectivités locales, les questions financières vont devenir majeures dans ce mandat. Nous serons, mes collègues et moi, extrêmement vigilants à chaque conseil municipal pour vérifier la bonne utilisation des fonds publics et identifier des économies possibles. On posera, par exemple prochainement, la question de l’opportunité de verser, dans les difficultés budgétaires que nous connaissons aujourd’hui, une subvention de 75 000 euros pour l’organisation de la fête du quartier des Grésilles.
Comptez-vous profiter de votre proximité avec Jean-François Copé, le président de l’UMP, pour vous imposer rapidement comme la prochaine tête de liste aux municipales à Dijon en 2020 ?
Je reste très fidèle à Jean-François Copé avec lequel j’entretiens des liens d’amitié de longue date. Dès 1996, je lui ai apporté mon concours à une époque où il était peu connu. Je l’avais invité à rencontrer un panel de chefs d’entreprises à Dijon. Je ferai tout, à mon niveau, pour l’aider à mener à bien sa mission à la tête de l’UMP. Je ne chercherai pas à en tirer d’avantages personnels.
En ce qui concerne Dijon, oui je souhaite jouer un rôle dans le futur.
Vous serez donc candidat, dès mars prochain, sur un canton dijonnais ?
J’ai fait part à différents responsables de ma formation politique et de la majorité départementale de mon souhait d’être candidat sur le nouveau canton de Dijon 2. C’est une possibilité sur laquelle je travaille déjà même si rien n’est encore définitivement arrêté.
Pensez-vous à d’autres élections comme les sénatoriales en septembre prochain ?
Je ne serai pas candidat aux prochaines élections sénatoriales. J’apporterai mon soutien aux candidats de la droite et du centre dans l’espoir de reprendre à la gauche un deuxième siège. En revanche, je regarderai de près les élections régionales de mars 2015.
En décidant de créer un groupe d’opposition au sein du Grand Dijon, vous avez « brisé » le consensus politique qui régnait jusqu’alors et vous avez déclenché l’agacement, voire la colère, de vos amis politiques…
Le Grand Dijon n’a plus rien à voir avec ce qu’il était autrefois. Aujourd’hui les élus du Grand Dijon sont désignés directement par les électeurs. C’est une instance qui est devenue politique, qui a des compétences très larges. Aussi je ne souhaite pas qu’elle continue à fonctionner sur le mode d’une chambre d’enregistrement dans laquelle les décisions sont prise en catimini, en coulisses, par quelques-uns.
Vous êtes vice-président du conseil général de la Côte-d’Or. Pourquoi avez-vous rendu votre délégation de rapporteur du budget ?
C’est une décision que j’ai prise dans un souci de cohérence. Nous sommes dans une situation d’overdose fiscale. Les collectivités ont une lourde responsabilité dans ce domaine. J’ai pris l’engagement de ne pas voter l’augmentation d’impôts quelque soit la collectivité. Je me réjouis d’ailleurs qu’après avoir été contraint de me démarquer sur des votes récents au conseil général, le président Sauvadet a pris l’engagement de ne plus augmenter les impôts en 2014 et 2015 en Côte-d’Or. Ceci dit, il faut resituer la problématique du conseil général dan son contexte : le gouvernement a pris la décision, en janvier 2013, d’augmenter le RSA de 10 % sans compensation pour les départements. J’ai récemment proposé que nous engagions un recours contentieux en indemnisation auprès du conseil d’état.
Propos recueillis par Jean-Louis PIERRE





