En toute liberté avec Catherine Vandriesse

Votre autoportrait en trois mots ?
- Tout d'abord, l'engagement. Que ce soit dans ma profession d'administrateur de biens et d'agent immobilier et dans la défense de ses intérêts, dans mes activités extra-professionnelles, associatives par exemple (Jeune chambre économique) ou encore strictement personnelles avec des causes humanitaires. Et engagée enfin, dans la vie politique locale et régionale.
- Deuxième mot : rigueur. Rigueur morale, du fait de mon éducation. Le respect des règles et des devoirs est une chose essentielle dans le quotidien.
- Troisième mot : la convivialité. J'aime partager, être en lien avec les autres, travailler en groupe.

Les meilleurs moments de votre vie en trois dates ?
- Les réunions de famille. Noël, par exemple, est toujours une date importante.
- 1992. Je quitte mes activités professionnelles pour rejoindre mes parents à la tête de l'entreprise familiale.
- 2013. Voyage, en septembre en Inde, après le décès de maman. Une destination difficile mais bénéfique.

Trois mots pour définir votre métier...
- Vocation de logement. On a la chance d'aider, d'accompagner un individu dans ce qui va être l'investissement le plus important de sa vie.
- Gestionnaire de patrimoine.
- Anticiper le lendemain. L'immobilier, c'est la meilleure manière de préparer l'avenir.

Si vous aviez du faire un autre métier...
Avocat. Avec une question de fond : peut-on défendre toutes les causes ?

Pourquoi faites-vous de la politique ?
Mon engagement associatif était tourné vers la cité. C'est lui qui m'a conduit vers la politique. J'étais de droite, pas encartée, et j'ai décidé un engagement militant au lendemain des municipales de 2001 à Dijon. J'ai rejoint le RPR à ce moment-là.
La politique me passionne depuis mon enfance.

Qu'et-ce qu'il y a de droite en vous ?
Le respect des règles et des valeurs. Une défense foncière de la liberté d'entreprise et de l'individu. C'est le coeur de mon engagement.

Pourquoi l'UMP et pas l'UDI ?
Cela aurait pu être l'UDI… l'UDF à l'époque. Mais j'avais beaucoup travaillé en 2001 avec les équipes du RPR et puis un grand-père gaulliste, un père qui a fait la guerre au sein de la Résistance et de la 1ere DFL, m'ont naturellement conduite vers le RPR.

L'UMP est le parti politique qui fait le moins de place aux femmes... Embêtant, non ?
Localement, non. La politique, c'est aussi des rencontres. Par exemple, celles de Jean-Marc Nudant et de François-Xavier Dugourd qui ont eu le souci de laisser une vraie place aux femmes. C'est peut-être parce qu'ils ont identifié en moi des choses qui résonnaient qu'ils m'ont donné une chance et, aujourd'hui, une place réelle. Maintenant, globalement, il est vrai que l'UMP ne laisse pas suffisamment de place aux femmes.

Une femme référente en politique ?
Nicole Fontaine. J'ai eu la chance de la rencontrer plusieurs fois. J'ai eu l'occasion de l'inviter, en 1986, quand elle était jeune députée européen à l'Ecole de commerce de Dijon dans le cadre d'un mouvement que l'on avait créé, les Jeunes citoyens européens. Je me souviens l'avoir transportée, depuis la gare, dans une R5 pourrie dont le plancher commençait à rendre l'âme. Le charisme de cette femme, sa sincérité, son honnêteté nous ont impactés. Je l'ai revue ensuite à Marseille quand elle était présidente du Parlement européen.

Vous êtes à nouveau candidate aux municipales à Dijon, aux côtés d'Alain Houpert ?
Oui. Je m'investis dans tout ce qui touche au rayonnement et au développement économiques, culturels et touristiques de Dijon. C'est cet axe du programme qui m'intéresse particulièrement parce que suis convaincue qu'il y a eu des rendez-vous manqués et il y en a plein à ne pas louper. C'est à dire positionner Dijon comme une vraie capitale régionale, voire européenne avec une identification forte. Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui des villes qui sont proches comme Metz avec son musée Pompidou (250 000 entrées prévues, 700 000 réalisées) et Lyon avec sa biennale d'art contemporain associée à une biennale de danse qui attirent pas loin du million de touristes. Et plus largement, il faut se battre pour ne pas que s'installe un désert bourguignon avec les impacts que l'on imagine sur les implantations culturelles.

Un engagement majeur envers les Dijonnais... Quel serait-il ?
La maîtrise des dépenses fiscales. Il faut que apprenions à faire mieux avec autant. Pas d'augmentation d'impôts conformément à l'engagement signé au niveau national avec Laurent Wauquiez. Il faut envisager également de faire des économies sur les négociations de contrats publics. Je pense notamment à celui de la Lyonnaise des Eaux dont le contrat a été renégocié jusqu'en 2028 dans des conditions qui ne me semblent pas être les meilleures.

Dans quelle ville aimeriez-vous vous faire de la politique ?
Bordeaux. Je l'ai visitée il y a deux ans en prenant un avion depuis l'aéroport de Dijon. Elle a réussi tous les paris qui n'ont pas été faits à Dijon. Paris architectural, de la défense patrimoniale, des investissements innovants -je pense aux quais-, culturel, économique. Et Alain Juppé est pour moi, un beau modèle de réussite et de persuasion.

L'actualité politique qui vous a le plus marqué ces dernières semaines ?
l'arbitrage, la position du gouvernement et du Président de la République sur les questions de société comme la PMA ou le mariage pour tous qui sont des points d'ancrage qui marqueront les décennies qui vont suivre. Je regrette que les questions soient mal et abruptement posées et qu'il n'y ait pas un débat dépassionné avec des avis d'experts.
J'aimerais une approche plus philosophique et plus sociologique de ce type de problématique qu'il faut incontestablement poser. L'opinion publique n'est pas suffisamment informée et préparée. Il faut un temps d'appropriation de ces sujets éminemment importants.

Votre endroit préféré à Dijon ?
Le jardin Darcy, les allées du lycée Carnot et le quartier autour de l'église Notre Dame.

Qu'est-ce que vous trouvez de bien dans Dijon Hebdo ?
Son côté décalé, ses rubriques, la non langue de bois qui devient rare par les temps qui courent. Je suis quelqu'un de spontané. je n'aime pas le politiquement correct que je ne retrouve pas dans Dijon l'Hebdo. Il faut que ça dure...