Le vote blanc : un baromètre nécessaire ?

Dans l'hebdomadaire « Valeurs actuelles » du 2 janvier François Sauvadet annonce : « ... Si la loi est promulguée, le vote blanc sera comptabilisé et distingué des votes nuls... » et, plus loin, « ...que si l'on intégrait les votes blancs et nuls dans ces suffrages exprimés, aucun candidat à la présidence de la République n'aurait été élu en 2012, car François Hollande n'aurait pas dépassé la barre des 50% » et, en substance, de dire que le vote blanc est un baromètre nécessaire pour mesurer la défiance des Français à l'égard de leurs représentants.
Soit ! Mais déjà le vote blanc n'est pas de même nature que le vote nul. Le vote blanc est un vote contre les nuls... en gros qu'entre des pas bons et des mauvais, il y a le joker, c'est à dire le vote blanc. Le bulletin blanc est un candidat virtuel. Le vote blanc est déjà un vote plus mature qu'il n'y paraît.
Celui qui s'est déplacé pour aller voter a fait un acte civique même en votant nul. Et pour celui qui a voté nul, cela ne veut pas dire non plus qu'il aurait voté blanc si le bulletin en papier blanc lui avait été proposé !
Qui, politiquement, est susceptible de voter blanc ? Implicitement François Sauvadet vise quelques électeurs de gauche déçus du socialisme mais surtout des électeurs exprimant leur ras le bol dans des votes dits marginaux ou dits extrêmes. A voir ! Si, par exemple, l'obligation de vote était décrétée comme cela se fait dans certains pays, les abstentions se transformeraient-elles en vote blanc ? A priori non !
Donc la chasse aux abstentionnistes et aux non inscrits parait plus efficace, en particulier pour une majorité sortante.
Au regard des dernières élections municipales à Dijon, les chiffres donnent :
Inscrits : 80 506
Votants : 49 938
Abstention : 30 568
Blancs/nuls : 1 213
Exprimés : 48 725
Les résultats pour Talant ou Beaune restent dans des pourcentages proches et ce pour des listes élues au premier tour en particulier pour les votes nuls, blancs ou les abstentions.
En admettant qu'il y ait un transfert relatif des abstentionnistes sur des bulletins blancs, que peut-on en penser intuitivement ?
1) Les déçus de la gauche ne voteront pas blanc. La gauche possède suffisamment de divisions militantes organisées dans une idéologie fourre-tout qui va du néo-stalinisme à une démocratie sociale agrémentée d'un reliquat écologiste et d'une gauche de la gauche. Et, malgré leurs divergences et leurs prises de paroles contradictoires, voire même leur "réserve" du pouvoir en place, ils voteront d'un seul homme pour la gauche avec un sentiment de SAMU politique. De plus, les ficelles sont aussi grosses que grossières, comme le fait du reste la droite, cela afin de négocier des postes au deuxième tour.
2) La droite, par contre elle, est susceptible de voter blanc voire voter pour la droite de la droite. Elle est de nature plus libérale (l 'U.D.I en particulier), plus individualiste et de fait moins lisible. A la différence de la gauche, la droite sur le terrain soutient beaucoup moins ses militants ou sympathisants.
Alors donnons une idée simple : l'obligation de voter ! Car trop de pays votent à 99% pour un candidat unique ou n'autorisent pas le droit de vote et ajoutons peut-être une dose de proportionnelle. Cela mériterait bien un texte de loi avec ses décrets.

François NEDELLEC