Les fonctionnaires sont comme les trains

Dijon et le Grand Dijon ont voté leurs budgets primitifs. Mais difficile de ne pas les associer sur le plan des prestations tant leurs missions paraissent complémentaires. C'est un peu comme un berlingot ! Quand on en prend un, on en prend deux, ça colle les doigts et les mains et puis on finit par tout manger. Bref un berlingot d'environ 370 millions d'euros, et dans ce berlingot, aux budgets de fonctionnement, sont incluses les masses salariales.
Pour le commun des mortels masse salariale = fonctionnaires ! Et paf, la cible du jeux de fléchettes reçoit les saignées, toutes tendances politiques confondues. Les fonctionnaires sont la cible préférée des néo-poujadistes, de la droite qui mesure mal à quoi ils servent mais qui les respecte et de la gauche qui, elle, veut des fonctionnaires à sa botte

Mettons un peu d'ordre dans tout cela ! Qu'est ce qu'un fonctionnaire sur le plan légal ?
Il y a trois sortes de fonctionnaire.
1) Les fonctionnaires d’État.
2) Les fonctionnaires des collectivités territoriales.
3) Les fonctionnaires de la fonction publique hospitalière... Point final.
Dans une décentralisation mal faite ou pas aboutie, les collectivités locales doivent faire preuve d'idées novatrices mais aussi de risques, et là, le fonctionnaire a toute sa place. L'élu n'a pas la science infuse, il possède l'objectif politique et c'est ce pourquoi il a été élu. Ici le fonctionnaire peut représenter une exigence de modernité si le politique le considère comme tel, s'il le considère comme un partenaire et non comme un larbin , s'il le considère comme un pouvoir de vie, s'il le considère comme le garant d'une certaine éthique... Ethique qui est aussi le sens de l’État sur le plan administratif.
Je sais cela peut faire sourire, mais en cas de crise politique grave, la fonction publique comme le nom l'indique fait fonctionner le système.
Les fonctionnaires sont comme les trains : on voit toujours ceux qui arrivent en retard mais jamais ceux qui arrivent à l'heure ! Je vous le concède, il y a de plus en plus de trains en retard... mais la vraie question est : qui est aux «  aiguillages » et à la logistique ? Tirer sur les fonctionnaires, la cible est facile et surtout lâche.
Aujourd'hui, comment définir un fonctionnaire dans le fourre-tout des employés, fourre-tout qui de surcroît possède « 36 » statuts différents ? Chargé de mission, détachement du privé et du public, vacataire et autres « OPNI » (Objet politique non identifié).
Finalement, il y a ceux qui ont fait un concours, qui sont titulaires de leurs postes et qui comme je viens de l' écrire sont les garants du système. A chaque élection, ils sont toujours à leur mission, par principe moral et civique. Il y a l'esprit de la collectivité qui demeure, je dirais grâce à eux.
Et puis il y a ceux qui ont fait un concours, eux aussi, mais de circonstance , je veux dire les chargés de missions et connexes. Leurs compétences, en règle générale, ne sont pas mises en cause. Simplement leur soumission au pouvoir en place en fait soit des «  œil de Moscou » soit des gardes prétoriennes avec le petit doigt sur la couture.Ils ont été recrutés pour cela. Encore une fois et simplement ils sont de nature fonctionnelle différente. Il faut le savoir et le faire savoir !
Qu'il faille moins de fonctionnaires mais mieux de fonctionnaires cela est une évidence. Que les fonctionnaires soient par définition indexés au pouvoir politique, certes ! Ils sont un service public pour le public. Les lois Sapin puis principalement Sauvadet ont permis de réduire le nombre de ces « contractuels-missionnés - OPNI » afin d'assainir la fonction publique.
Enfin que les délégations, souvent abusives et dites de services publiques ne remplacent pas de manières détournées les missions mêmes des fonctionnaires.
Une collectivité locale en matière de fonctionnaires, est un juste équilibre entre un libéralisme à tout crin et un néo-stalinisme doux à la française. A bon entendeur, salut !

François NEDELLEC