La success story des deux bouchers

Joao et Raoul forment un duo épatant. Leur registre n’est pas la musique. Mais côté boucherie/charcuterie, les deux compères font des merveilles. Et les premiers à s’en régaler sont les habitants du vieux village de Fontaine-lès-Dijon.

Les deux copains du CFA La Noue ont repris, en juin 2009, la boucherie Tourdias, une institution dans le canton de Fontaine ! Un vrai défi pour Joao De Sousa et Raoul Fontao, qu’ils transforment en beau succès. Ils ont réussi à convaincre des villageois sceptiques au départ et à s’attacher une clientèle qui va bien au-delà des vieilles pierres fontenoises.

Et cerise sur le gâteau (pardon sur le rôti !), les bouchers ont agrandi la boutique d’un petit rayon épicerie fine.« On a su faire notre place, doucement, avec du travail » explique Raoul, une petite pointe de fierté dans la voix. Leurs 20 ans de métier les aident aussi. L’un a fait ses armes chez des bouchers/charcutiers de renom, l’autre a suivi la voie de la grande distribution, un cumul d’expériences riche d’enseignement.

La viande, chez eux, a du goût ! Charolais et autres bêtes à quatre pattes de la région, exclusivement, garnissent un étalage bien appétissant. Certes c’est plus cher qu’en grandes surfaces. « Ici on garantit la qualité de la viande». Que du premier choix, pour une clientèle exigeante ! « On n’a pas le choix ! » commente Joao, « c’est pour cela qu’on arrive à tirer notre épingle du jeu », malgré deux supermarchés à moins d’un kilomètre.
Joao et Raoul sont aussi des sportifs avertis. Grands amateurs de foot, ils se détendent avec un ballon rond au bout des pieds. Mais dans leur laboratoire, leur terrain de jeu préféré, c’est le concours du meilleur jambon persillé de la Confrérie de Saint Antoine. Trois participations et trois récompenses : un prix d’honneur suivi par deux médailles d’argent. Une belle carte de visite pour les touristes amateurs de la délicieuse spécialité bourguignonne. Pour les bouchers du Vieux Fontaine, un seul but : remporter le premier prix. « Si on participe à un concours c’est bien pour être les premiers, donc on ne s’arrêtera pas avant » lâche Joao.
Derrière leur succès, il y a des heures de travail. « On ne les compte pas » concède Joao. « Fabriquer quelque chose de ses mains, c’est un vrai plaisir, et encore plus quand le client revient le lendemain nous dire que c’était très bon ». « On aime ce que l’on fait » renchérit Raoul.
Comme quoi former des intellos n’est pas la seule voie. D’ailleurs deux apprentis les ont rejoints. Joao et Raoul sont fiers de former des jeunes qui s’intéressent à leur métier. En philosophes, ils constatent qu’enfin certains parents cherchent à orienter leurs chérubins là où le travail ne manque pas !
La boucherie Tourdias, ils ont gardé le nom, a encore de beaux jours devant elle entre les mains de Joao De Sousa et Raoul Fontao. Preuve aussi que le commerce de proximité peut exister !