Culture papier

Tut, tut, tut ! Le Clairon, l'éditorial qui va vous réveiller l'info, est heureux de vous annoncer la naissance du journal gratuit "Dijon l'Hebdo". Le bébé se porte bien. Il sourit déjà... 28 pages, de jolies couleurs, maquette élégante et contemporaine, des infos originales concentrées sur Dijon et son agglomération.

Les historiens locaux, mais aussi la mémoire collective, ont besoin de dates-clés, capables de marquer le début d'un événement majeur. Alors, ils retiendront donc le 18 septembre 2013 qui marque l'apparition d'un nouveau venu dans le paysage médiatique. Alors, qu'est-ce qu'il a de plus que les autres ce "canard" aux plumes couleur cassis ? Eh bien tout simplement la vraie vie locale où seule fait sens l'épaisseur des choses. Celle qui est souvent sans gloire mais pas sans mérite avec des hommes et des femmes qui réagissent, créent, bougent, inventent.

culture-papierL'objectif de "Dijon l'Hebdo", c'est de pratiquer une presse qui ne sera ni d'actualités, ni d'investigation mais d'imagination en donnant de la "chair" aux papiers car il y a une vraie place pour une réflexion délivrée du cynisme, du mécontentement, de l'optimisme béat et de la mièvrerie. La ligne éditoriale se détournera des faits divers, les décisions des tribunaux (on les trouve dans le BP et c'est plutôt bien fait), n'affichera pas ce côté anxiogène qui caractérise l'essentiel de la presse d'aujourd'hui, ne publiera pas les programmes télé, les cinés, l'horoscope, la météo, les recettes de cuisine, les compte-rendus sportifs et la kyrielle de classements qui va avec... n'ira pas, non plus, à la rencontre de la boulangère de Ménétreux-le-Pitois, de la crémière de Malbuisson, de la crêpière de Chagny ou encore du pêcheur à la mouche de Diénay...

"Mais alors qu'est-ce qu'on va y trouver ?" m'a demandé ma concierge un brin affolée... Ça y est, vous commencez à saisir ? "Dijon l'Hebdo" n'est pas un rétroviseur de plus, reflétant, parfois sans trop réfléchir, les images de la veille ou de l'avant veille. C'est un hebdo de ville, un hebdo d'agglo, soucieux de vous offrir autre chose que ces emballements sans suite, ces commentaires éphémères, ces explications périssables et vite oubliées. [pullquote align="right"]Le pari d’informer avec une dose d’impertinence … [/pullquote]Or tout cela, qui passe, qui brûle, qui s'oublie -l'actualité, cette charrue à laquelle nous sommes attelés-, n'a autant d'intérêt au fond que ça. C'est la raison pour laquelle nous ferons le distinguo entre actualité et information. Nuance subtile, certes, mais l'actualité rime avec l'immédiateté. Et ce n'est pas le sens que l'on veut donner à ce journal qui affiche la prétention de poser les bonnes questions. Chaque semaine, quels que soient les registres, nous en poserons. Certaines agaceront. Tant pis et tant mieux. Ce sera une façon d'animer l'agora dijonnaise sans l'accaparer, d'aiguiser l'esprit critique de nos lecteurs et d'entretenir leur curiosité.

Des questions, souvent simples, qui nourriront votre réflexion. Avec constance et persévérance. Sans se laisser distraire par des babioles, des péripéties sans importance alimentées par les enragés de la curiosité malsaine et par les libertaires du net affublés de trois poils au menton qui franchissent allègrement la ligne rouge du déontologiquement correct. L'éthique journalistique n'exige-t-elle pas de ne tromper ni ses interlocuteurs ni ses lecteurs ?

Poursuivre le pari d'informer en créant le débat

Dijon l'Hebdo, lui, est fier et heureux de poursuivre le pari d'informer en créant le débat avec une dose d'impertinence, d'insolence ou un soupçon de provocation. Vous l'avez pour la première fois entre les mains, tournez les pages sans réserves même si l'encre est encore un peu fraiche, respirez le ton, égaillez vos papilles neuronales. Retrouvez-y l'homme de goût qu'est Jean-Jacques Boutaud toujours à l'affût de l'évolution du contenu de nos assiettes, les billets d'humeur poivre et sel de François Nédellec, l'érudition de Roger Loustaud, incollable, entre autre, sur notre histoire locale, le regard acéré et sans concession de Pascal Lardellier, sociologue dans l'âme, qui vous expliquera l'évolution de la vie dans la ville (et même de la ville dans la vie), le talent de Solainjeu pour dénicher des portraits de locaux peu ou pas connus mais dont l'activité mérite qu'on s'y arrête un peu plus qu'un instant...

Et puis, surtout, donnez votre avis. Le site internet de "Dijon l'Hebdo" est là pour ça en même temps qu'il recueillera les commentaires que vous inspireront nos articles. Car la force sublime de l'écrit, c'est cela. Le lecteur n'est jamais passif. Il choisit ce qu'il lit, prend le temps de relire, de réfléchir, de contredire. Il confronte son opinion, se donne le goût de la réaction. Alors ne vous gênez surtout pas.

Allez, encore un petit coup de clairon pour fêter la naissance d'un journal papier. C'est suffisamment rare. Tut ! Tut ! Tut !